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ethique

Soins palliatifs : quels risques ? Des avertissements venus d’Allemagne.

Publié le par Bernard Pradines

1) Le risque que les soins palliatifs puissent dégénérer en un service commercial dans le but de maximiser des profits. Si la concurrence peut animer le marché de l’économie, elle ne doit pas aboutir en matière de santé à la qualité minimale possible des soins.

2) Le danger que la médecine palliative soit conçue comme un nouveau champ de bataille sur lequel les parties prenantes interagissent entre elles à l’intérieur de disciplines concurrentes telles que l’anesthésiologie, la médecine interne, l’oncologie, la neurologie et les thérapies de la douleur qui tenteraient de capter les ressources financières pour leur propre compte afin de s’en procurer la plus grande part.

Comme lors de chaque nouveau développement institutionnel, ici la médecine palliative, le risque est celui du combat pour la répartition des ressources disponibles pouvant aboutir à une véritable guerre de tranchée faisant oublier le but initial.

3) Le risque de tendre vers des soins palliatifs standardisés, possédant un rapport coût-efficacité meilleur que celui de la médecine curative, une "alternative" donc, en particulier chez les patients âgés.

Commentaire de Bernard Pradines :

Le troisième risque évoqué ci-dessus me semble le plus préoccupant. Il est intéressant de constater que les partisans français de la légalisation de l’euthanasie oublient systématiquement cette dimension.

Source :

Bauer A. Die Palliativmedizin im Spagat zwischen Fürsorge und Sterbehilfe – Chancen und Gefahren der Etablierung einer neuen akademischen Disziplin. Vortrag beim Symposium Begegnungen mit Sterben und Tod im Großen Sitzungssaal des Landratsamts Aalen am 30. März 2011

http://www.cdl-rlp.de/Download/Palliativmedizin_Bauer_2011.pdf

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L’idéologie cachée de la formation des soignants

Publié le par Bernard Pradines

 Idéologie : selon Wikipedia, une idéologie est un système prédéfini d'idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique et religieux.

Les thèmes et intervenants de la formation continue des soignants sont d’abord décidés par leur encadrement ou leur direction. Heureusement, les principaux intéressés sont parfois consultés. Toutefois, ceci reste souvent formel, les préoccupations des décideurs demeurant prioritaires. Ainsi, la formation peut inciter à assister à des sessions sur commande, selon le bon vouloir de ceux qui les ont choisies. Il faut savoir que ce secteur est un véritable marché où l’on vend au moindre prix après appel d’offre.

Le but implicite de la formation consiste le plus souvent à permettre aux soignants de s’adapter au mieux à des situations insatisfaisantes dans le domaine des moyens humains et matériels attribués ; des thèmes et des intervenants à même de culpabiliser inconsciemment le soignant en lui faisant accepter les insuffisances du lieu. Ainsi, toute revendication collective est évacuée ou minimisée au profit de la responsabilité individuelle du soignant.

Exemple : les ratios de personnels peuvent être sous-entendus comme une fatalité inamovible. Pour donner un autre exemple précis, je suis frappé par la demande générale d’obtenir des formations qui vous donnent de « trucs », du « pratico-pratique », des « protocoles » qui disent « ce qu’il faut faire concrètement ». Une formation-minute qui n’incite pas à la réflexion individuelle mais à l’obéissance.

A l'inverse, une formation qui développera l'esprit critique le « penser par soi-même » sans attendre constamment des ordres, prendra une autre dimension. Elle n'en pointera pas moins les insuffisances multiples. Mais elle saura situer les responsabilités. Il faudra tenter de placer les participants (je n’emploie pas le mot dévalorisant de « stagiaire ») sur la voie de « ce qu'il faut comprendre. » Sans quoi, on demeure un exécutant qui applique « ce qu’il faut faire », qui ne pense pas par lui-même. La démotivation n’est pas loin.

Les troubles du comportement en sont une illustration : si vous cherchez ce qu'il faut faire avant d'avoir compris quoi que ce soit, vous avez une chance infime d’améliorer la situation du patient, de sa famille et des soignants qui l’entourent.

 

 

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