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ethique

Faut-il leur foutre la paix ?

Publié le par Bernard Pradines

L’expression n’est pas élégante. Elle est pourtant souvent  employée à propos des pathologies et surtout des traitements des personnes âgées.

Leur foutre la paix, c’est, dit plus poliment, ne pas entreprendre des traitements que l’on aurait prescrit si le patient avait été plus jeune ou en meilleure santé. On croit ainsi avoir tout dit.

Or, s’abstenir est une décision qui est éventuellement évidente et bénéfique, parfois non. Au début de ma carrière, peu de médecins s’aventuraient à opérer une personne âgée de plus de 90 ans. Qu’en est-il à présent ? Des situations qui étaient alors considérées comme relevant d’une abstention raisonnable, où l’on « fichait la paix » au malade, sont désormais regardées comme une perte de chance, un abandon thérapeutique. A l’inverse, des traitements ont été délaissés car trop agressifs.

Les soins bénéfiques ne peuvent pas se résumer à une formule à l’emporte-pièce qui donne bonne conscience mais occasionne encore des retards préjudiciables de diagnostic et de traitement. On « foutra la paix » sur des arguments solides, au cas par cas.  Pas au pifomètre pour se rassurer ou se faire plaisir. 

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Fin de la vie : une étude internationale

Publié le par Bernard Pradines

Fin de la vie : une étude internationale

Voici quelques extraits significatifs, traduits par mes soins, des résultats d’une enquête internationale relative aux préoccupations en fin de vie dans quatre pays : USA, Italie, Japon et Brésil. En Amérique et au Japon, ne pas peser sur sa famille du fait des coûts liés aux soins est la première inquiétude, citée comme extrêmement importante par 54 % et 59 % des personnes interrogées respectivement. Les japonais s'inquiètent du coût de funérailles qui peuvent facilement atteindre 24 000 Euros. Un tiers des italiens souhaitent la présence de personnes aimées autour d'eux. Le Brésil est le seul pays où davantage de personnes déclarent qu'elles placent la prolongation de la vie avant la réduction de la douleur et du stress. La religion entre en jeu pour expliquer des différences dans les résultats obtenus. Il y a davantage de catholiques au Brésil que dans aucun autre pays. Bien des brésiliens ont vraisemblablement été influencés par la longue persévérance de leur église à prêcher que la vie devrait être prolongée autant que possible, même par des mesures héroïques. Quatre-vingt-trois pour cent de Brésiliens disent que la religion joue "un rôle majeur" dans leur opinion sur les soins en fin de vie, contre 50 % en Amérique et 46 % en Italie. Au Japon, seulement 13 % affirment que la religion joue un rôle majeur dans leur jugement.
En Amérique, en Italie et au Japon, les personnes diplômées pensent que l’on insiste trop sur la prolongation de la vie et pas assez sur le soulagement de la souffrance. Les gens instruits pensent que les patients et les familles devraient jouer un plus grand rôle dans les décisions de soins en fin de vie.
D’autres études ont constaté que les minorités aux USA sont davantage susceptibles de mourir à l'hôpital que les Américains blancs. Les américains plus riches meurent plus souvent à la maison ou dans un hospice (en France : soins palliatifs) que ceux ayant des revenus inférieurs.

Source : 

Publié dans éthique, fin de vie

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