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Nutrition et dénutrition

Publié le par Bernard Pradines

Image empruntée au site : https://www.logement-seniors.com/actualites/comment-faire-face-a-la-denutrition-chez-les-personnes-agees-575.html

Image empruntée au site : https://www.logement-seniors.com/actualites/comment-faire-face-a-la-denutrition-chez-les-personnes-agees-575.html

Les plus grands progrès en gériatrie ne sont-ils pas d’abord conceptuels ? Ainsi, il n’est plus admis qu’une personne âgée puisse perdre du poids involontairement sans que l’on s’interroge sur cette situation jugée désormais anormale.

Friande d’outils d’évaluation, de préférence à dimension internationale en langue de Shakespeare, notre pratique moderne est censée utiliser des grilles, des notations, pour dépister et apprécier cette situation préoccupante. Ainsi en est-il du Mini Nutritional Assessment . Pourtant, le compte n’y est pas encore, à domicile et en établissement.[1]

Des articles volumineux et nombreux ont été rédigés sur ce thème. Ainsi, le terme « dénutrition » est-il présent à ce jour dans 116 articles de la seule revue NPG[2]. Des journées scientifiques lui sont à juste titre consacrées.

La dénutrition est la conséquence de situations dont elle est elle-même un facteur aggravant dans une interaction nuisible, souvent très rapide : états infectieux et inflammatoires, affections aigues ou décompensations d’une pathologie chronique, syndromes démentiels et troubles psychiatriques, pathologies digestives ou ORL, chutes, polymédications…

Pis, la dénutrition n’est pas la seule préoccupation dans ce domaine : la malnutrition peut aussi être présente ou la compléter chez la personne âgée.

Dans cette immensité, je souhaiterais insister sur les points suivants.

Bien sûr les recommandations récentes concernant la prévention primaire doivent être connues[3]. En gardant toutefois à l’esprit que les bénéfices et les désavantages de la qualité nutritionnelle sont des acquis à long terme. Ainsi, c’est tout au long de notre vie que nos attitudes alimentaires et notre hygiène de vie nous engagent vers le vieillissement souhaité. Même s’il ne semble jamais trop tard pour bien faire, les préconisations seront variables selon les situations rencontrées. Les régimes drastiques d’autrefois, générateurs fréquents de dénutrition, ont cédé la place à des attitudes plus nuancées, davantage personnalisées et mieux adaptées aux pathologies, en particulier dans les domaines traditionnels, qu’ils soient métaboliques ou cardiovasculaires.

Des personnes âgées isolées, pauvres, éprouvant éventuellement des difficultés à se déplacer, peuvent « simplifier » leurs menus à l’extrême. La nécessaire vigilance des intervenants est désormais bien acquise : contenu du frigidaire, dépassement des dates limites de consommation, etc.

Si l’obésité du début et du milieu de la vie doit faire l’objet de toutes les attentions, il faudra penser autrement, plus tard dans notre parcours de vie. Dans nos établissements en mal de personnel, un patient « lourd » est légitimement redouté ; pourtant, contraindre un vieillard obèse à davantage de retenue est d’abord une maltraitance. Elle est aussi une gageure dangereuse, au péril de la perte de poids à nette prédominance musculaire[4]

A la toute fin de la vie, combien de fausses routes pour « éviter que maman ne meure de faim » ? Une confusion persistante entre la faim et la fin[5]. Ici doit se situer l’alimentation dite plaisir ou confort qui consiste à entretenir sans contrainte une bouche propre et indolore sans poursuivre un objectif nutritionnel inaccessible.

Chère lectrice, cher lecteur, vous n’avez sans doute rien appris ci-dessus ; mais qu’avez-vous transmis à celles et ceux qui n’en savent rien ?


[1] C. Clerc, C. Suna-Enache, T. Vogel, P.-O. Lang. Modalités de dépistage de la dénutrition chez les patients âgés : étude auprès de 100 médecins généralistes de l’Eurométropole de Strasbourg - 20/09/17 Vol 17 - N° 101 P. 318-324 - octobre 2017

[4] La perte musculaire en jargon médical hérité de la langue d’Hippocrate : la sarcopénie.

Publié dans EHPAD, SLD, alimentation, prévention

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Dr Wu : Le Grand Bond En Avant

Publié le par Louis Lacaze

Dr Wu : Le Grand Bond En Avant
Dr Wu : Le Grand Bond En Avant

En 1910, une épidémie de peste a fait son apparition en Mandchourie, tuant des dizaines de milliers de personnes. Le gouvernement chinois fit appel au Dr Wu, médecin des armées, de réputation mondiale, qui a reconnu Yersinia pestis, et identifié son mode de propagation respiratoire. Le praticien, appuyé par les autorités, a rendu le port du masque obligatoire, instauré un confinement strict ; quatre mois plus tard l’épidémie était terminée.

Alors qu’actuellement certains pays peinent à convaincre les populations d’adopter les mesures de protection recommandées, des experts cherchent à découvrir les raisons du succès du Dr Wu pour s’en inspirer face à la covid-19 et aux éventuelles épidémies à venir. Ils ont d’abord noté que la compétence et le prestige du Dr Wu étaient reconnus dans tout le pays à la fois par le milieu médical, les politiques et la population. Récemment, les chercheurs des pays occidentaux n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une personnalité médicale de prestige équivalent. Les spécialistes présents sur les media se sont retrouvés desservis par les cascades d’informations parfois contradictoires qu’ils pouvaient diffuser. Un autre facteur important fut l’élaboration par le Dr Wu de masques efficaces bon marché mis rapidement à la disposition de l’ensemble de la population.

Chercher à transposer point par point l’expérience du Dr Wu au contexte de la covid-19 et de notre société peut paraitre irréaliste. Par contre on peut s’en inspirer pour déclencher un processus de réflexion et l’utiliser comme catalyseur pour provoquer un changement.

Source :

Publié dans Covid-19, prévention

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