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soignants

La loi de Murphy chez les personnes âgées

Publié le par Louis Lacaze

La loi de Murphy chez les personnes âgéesLa loi de Murphy chez les personnes âgées

« Si quelque chose est susceptible de mal tourner, alors ça tournera nécessairement mal ». À un moment ou à un autre nous avons tous fait l’amère expérience de l’exactitude de cette loi. Une médecin urgentiste américaine en a relevé toute une série d’exemples dans le domaine de la santé. En voici quelques-uns, organisés en deux chapitres susceptibles d’éclairer les personnes âgées dans leur quotidien.

 

Soins médicaux aux urgences ou en consultation

- Ce sont les patients présentant les affections les moins graves qui insistent pour passer en priorité. Les patients les plus atteints sont beaucoup plus discrets.

- On vous demandera un échantillon d’urine quand vous venez de sortir des toilettes.

- La dame en blouse blanche devant vous est une infirmière. Le monsieur en blouse blanche est un médecin.

- Les patients qu’il est urgent d’hospitaliser le refusent parce qu’ils ne peuvent pas abandonner le chien ou le chat à la maison. La réciproque est vraie : les patients qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés ont des familles qui ne veulent pas s’occuper d’eux.

- Il existe une corrélation inverse entre ceux qui peuvent s’acheter des cigarettes et ceux qui peuvent s’offrir des soins dentaires ou changer de lunettes.

- Contrôle de l’audition : le patient a oublié chez lui son appareil de correction auditive. S’il a pensé à l’apporter, les piles sont mortes.

- Le patient arrive toujours en consultation sans apporter sa liste de médicaments.

 

Chez soi

- Une douleur chronique dorso-lombaire s’accompagne du besoin obsessionnel de déplacer le mobilier.

- Le petit-fils de 3 ans ne sait pas avaler un comprimé mais, s’il aperçoit le médicament de Mamie à sa portée, il avalera toute la boite.

- Acheter l’eau de Javel en berlingots permet de faire des économies. Les transvaser dans une bouteille de jus de fruits rangée sous l’évier va exacerber les talents exploratoires du même petit-fils.

- Si Mamie entend sa petite-fille déclarer qu’il est possible de se retrouver enceinte en s’installant sur le siège des toilettes ou en nageant dans une piscine, elle peut s’inquiéter.

 

Sources :

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Administrateurs, demandez donc à vos infirmières si elles ne sont pas en plein burn-out

Publié le par Louis Lacaze

Administrateurs, demandez donc à vos infirmières si elles ne sont pas en plein burn-out

Emily Weston, infirmière américaine avec 10 ans d’ancienneté laisse libre cours à sa révolte.

 

Si à mes débuts j’étais timide et naïve maintenant j’ai tout vu, plus rien ne m’étonne. Je suis devenue stoïque, j’ai compris qu’il y avait un temps pour vivre et un temps pour mourir. Permettre à un patient de mourir paisiblement est pour moi aussi gratifiant que de sauver une vie.

 

Il arrive que les moments insupportables que nous traversons face à la souffrance de nos patients nous empêchent de trouver le sommeil le soir, nous laissent frissonnantes et en larmes. Personne ne reconnaît notre désespoir lorsque nous devons gérer une tragédie. Nous sommes censées distribuer les médicaments, bavarder avec les patients, afficher de l’entrain, de l’empathie, de l’optimisme. Notre souffrance doit rester invisible. A la suite de ces épreuves, on ne nous accorde jamais un jour de récupération, pas même une heure de pause pour prendre un café. Par contre, on nous donne davantage de formulaires à renseigner, davantage de travail à faire dans un emploi du temps déjà bien rempli.

 

Quel est le résultat ? Le burn-out. Certaines changent de métier. Les réserves de compassion de celles qui restent sont à sec, nous devenons désabusées, aigries, démotivées. Les administrateurs devraient s’interroger : leurs infirmières ne seraient-elles pas en situation de burn-out ? Seraient-ils capables de côtoyer la mort tous les jours en restant sains d’esprit ? Des changements s’imposent, la souffrance des infirmières qui perdent un patient doit être reconnue, elles doivent disposer d’un espace de paix pour faire leur deuil.

 

Commentaire de Bernard Pradines. Ce texte pourrait être aisément transposé dans notre pays. Toutefois, j’aurai un diagnostic plus nuancé sur les administrateurs. Ils obéissent à deux logiques principales liées entre elles : l’une d’elles est l’obéissance à une politique de santé qu’ils n’ont pas eux-mêmes définie. Ils s’inscrivent aussi dans une logique de rentabilité qui a contaminé le secteur public. En cela, les administrateurs sont les esclaves inavoués d’un système politique et économique donné dans un moment précis de l’histoire de l’humanité. Il serait vain et contreproductif de leur faire porter toute la responsabilité de la situation actuelle. Ils ne font que représenter la société en bonne santé face au défi des dépenses de santé mal honorées. Ce serait comme reprocher à un guichetier les règles en vigueur dans son entreprise.

Publié dans fin de vie, soignants

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