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Vaccination anti Covid-19 : qui désigner comme volontaires ?

Publié le par Louis Lacaze

Vaccination anti Covid-19 : qui désigner comme volontaires ?

Emily Bazelon, journaliste américaine, a interrogé cinq professionnels de la santé de son pays faisant autorité dans leurs domaines respectifs.

Face à une épidémie particulièrement meurtrière et à une insuffisance de la quantité de vaccin, une première décision vise à protéger les personnes les plus vulnérables : les résidents des EHPAD. Cette protection doit impérativement englober tout le personnel qui se trouve en contact plus ou moins direct avec les personnes à risque.

On peut aussi prendre en considération le nombre d’années susceptibles d’être perdues. Une personne de 90 ans court 8 fois plus de risques d’être tuée par le virus qu’un malade de 70 ans. L’espérance de vie de la première est d’environ quatre ans et demi, celle du second s’élève à 15 ans (chiffres USA). Laquelle, lequel doit être prioritaire ?

On peut aussi s’interroger sur la qualité de vie des patients. Un médecin peut hésiter à traiter un patient présentant une pneumonie, atteint de démence avancée, et penser que le moment est venu pour lui de « trouver la paix ». Il peut avoir la même attitude devant un cas de covid-19.

Une deuxième catégorie de personnes à protéger peut comprendre tous les travailleurs de première ligne : les commerçants, les chauffeurs livreurs, les facteurs. Les enseignants font partie de ce groupe, les parents qui ont dû garder les enfants au domicile n’ont pas pu aller travailler ; l’impact économique a été énorme. Priver les enfants d’école a eu des effets désastreux, particulièrement pour les milieux les plus modestes. Une corrélation a été établie entre retard scolaire au niveau de l’école élémentaire et espérance de vie.

Une campagne de vaccination bien menée exige une organisation rigoureuse. La production et la distribution de réfrigérateurs, de seringues, d’aiguilles, de gants, de moyens de distribution doit être sans failles ; l’inorganisation du début de la pandémie incite à la méfiance.

Une autre inquiétude se profile à l’horizon : actuellement un fort pourcentage de la population refuse de se faire vacciner, échaudée par les nombreuses communications gouvernementales contradictoires du passé et la maladresse de la stratégie de vaccination choisie : exiger le consentement de la personne équivaut à chercher à se dégager d’éventuels risques. Une vaccination massive des médecins devrait créer un climat de confiance dans leur patientèle. Il n’y a que le premier pas qui compte.

Commentaire de Bernard Pradines : bien que cette mesure ne soit pas envisagée en France, une désaffection trop importante dans le pays le plus vaccin-bashing pourrait la rendre nécessaire.

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Directives anticipées : l’obsession de la toute fin de la vie

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.broadgategp.co.uk/travel-clinic-london/travel-vaccines-for-south-africa/

Image issue du site : https://www.broadgategp.co.uk/travel-clinic-london/travel-vaccines-for-south-africa/

La difficulté actuelle du consentement éclairé à la vaccination va se poser à un degré et avec une intensité sans précédent. La crainte qu’une vaccination peu acceptée mette en danger les résidents, les soignants et leurs familles respectives devient palpable. Pour y remédier, il est conseillé de recourir[1] à la personne de confiance, à défaut à la famille ou aux proches.

Selon le JIM[2], il faudra s’assurer que l’assentiment sera « libre et éclairé »[3] conformément à l’article L. 1111-4 du Code de la Santé Publique (CSP). Pour les personnes qui ne seraient pas en état d’exprimer leur volonté, les équipes pourront se retourner soit vers la personne de confiance qu’elle aura désignée, soit vers sa famille ou un de ses proches (articles L. 1111-6 et 1111-4 alinéa 4 du CSP[4]).

Cette situation met en lumière un défaut de notre législation et des possibilités qu’elle offre.

La démarche est aisée dans son principe pour une personne en capacité de comprendre et de s’exprimer sur la proposition qui lui est présentée. Il n’en est pas  ainsi en cas de troubles cognitifs sévères et sensoriels rencontrés fréquemment en établissements pour personnes âgées, en particulier en EHPAD et en Soins de Longue Durée.

Obsédé par la toute fin de vie et le supposé fréquent acharnement thérapeutique, le législateur n'a pas vu venir des problèmes comme celui du consentement à la vaccination. Il aurait pourtant pu figurer en bonne place dans les directives anticipées du fait de la saisonnalité régulière de la grippe. Mais cette proposition n’est jamais citée dans les formulaires proposés pour la rédaction des directives anticipées, et pour cause : ceci ne concerne pas la fin de la vie dans le sens restrictif du terme.

Il n’est pas trop tard pour bien faire.


[1] Le terme recourir est imprécis car la loi prévoit de « consulter » les tiers désignés dont d’abord la personne de confiance.

[3] En fait, il s’agit du consentement : « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. »

[4] En fait, il s’agit de l’alinéa 5 de cet article

 

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