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Une page du quotidien d’Amy Getty, infirmière.

Publié le par Papi

Hier, j’ai passé un coup de fil au domicile d’une de mes patientes pour demander si je pouvais faire une petite visite comme j’étais dans le coin. « Oh bien sûr, ce serait formidable », m’a dit son mari. En entrant j’ai entendu gémir ma patiente en fin de vie, incontinente, pratiquement inconsciente, agitée, légèrement agressive. Je lui ai expliqué très calmement que nous allions faire sa toilette, j’ai cru l’entendre murmurer un oui. Avec son mari et sa sœur qui venait d’arriver nous l’avons nettoyée, installée dans son lit plus confortablement. En repartant j’ai entendu le mari déclarer à sa sœur : « Comment a-t-elle fait pour deviner ? » La sœur a tenu à m’embrasser en me disant : « Vous êtes une fée pour arriver juste au moment où nous avions besoin de vous ».

Une infirmière est amenée à partager avec les familles ces moments difficiles qui accompagnent la fin de vie de personnes qui tiennent à terminer leur vie paisiblement, dans le calme de leur domicile. Je n’ai rien fait d’extraordinaire. Je suis arrivée, j’ai fait preuve de compassion. Je sais comment déplacer une patiente dans son lit, je sais humecter ses lèvres si elle est incapable d’utiliser une paille. Je sais prendre une main dans la mienne et chuchoter quelques mots de réconfort à une personne qui ne fait pas partie de mes proches mais qui est un être humain tout comme moi, et qui va progressivement perdre toutes ses capacités pour devenir totalement dépendante jusqu’à son dernier jour.

Nous devons soulager de notre mieux les souffrances de ceux qui s’acheminent vers la mort. Etre présent, s’impliquer c’est tout simplement montrer de la compassion. Mère Theresa a dit : « Nous ne pouvons pas tous faire de grandes choses mais nous pouvons tous faire de petites choses avec beaucoup d’amour ».

Source

The art of being a hospice genie: experience, presence, and caring

http://www.geripal.org/2015/03/the-art-of-being-hospice-genie.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Geripal+%28GeriPal%29

Une page du quotidien d’Amy Getty, infirmière.
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Une observation à lire : introduction à la complexité

Publié le par Bernard Pradines

Maltraitance : lu au premier degré, le texte en lien ci-dessus nous pousserait à une révolte sans nuance. Une colère justifiée par les défauts d’une prise en charge qui laissait pour le moins à désirer. On retrouve les plaies (sans jeu de mot) de la gériatrie : manque de considération pour les plaintes douloureuses des personnes âgées, absence de diagnostic précoce d’une affection douloureuse traitée de manière inadéquate, manque de personnel pour prévenir les plaies de pression, « filière » dont la fluidité peut être questionnée.

Pourtant, on peut demeurer sur sa faim devant une telle description.

Quelques questions parmi d’autres. Qui a écrit ce texte ? Je veux dire : quel est le degré de parenté avec la personne concernée ? Ceci peut colorer grandement la tonalité affective et même descriptive d’une telle appréciation. Nous n’avons ici qu’un seul son de cloche.

Quels étaient les diagnostics des affections chroniques préalables ? « Il avait quatre-vingt-neuf ans et était désorienté et confus depuis quelques temps ». Pourquoi ? Quels diagnostics pour l’état confusionnel persistant ? L’auteure du texte nous décrit un « choc sur une colonne fragilisée par l'arthrose ». Voici un diagnostic étiologique flou mais intéressant. En a-t-il été fait état auprès des soignants ?

Au moins, nous pouvons heureusement constater que l’âge ne suffit plus, dans ce texte comme ailleurs, à expliquer toutes les misères de la vieillesse. Vaste défi qui départage les maladies (on peut faire quelque chose) et la vieillesse (on n’y peut rien). Pour les proches, la frontière peut être fine entre un vécu d’acharnement thérapeutique et celui d’abandon thérapeutique.

Enfin, l’emploi du mot « maltraitance » se retrouve une nouvelle fois ubiquitaire, signe d’un temps où tout serait violence, au risque de ne plus savoir qualifier celle-ci quand elle aura lieu.

Publié dans maltraitance, douleurs

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