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L’engouement pour la mort assistée (1) : pronostics incertains et vies programmées

Publié le par Bernard Pradines

Dr Scott Murray, image issue du site : https://hospicecare.com/news/10/03/board.html

Dr Scott Murray, image issue du site : https://hospicecare.com/news/10/03/board.html

Le décès du cinéaste Jean-Luc Godard, fatigué de vivre à 91 ans, ayant demandé et obtenu une assistance au suicide en Suisse,  pose de nombreux problèmes. Paresse de l’esprit, il est loisible de faire silence, de laisser sa part au mystère, à la décision individuelle, au respect de la volonté du défunt. Sauf que cette mort survient au moment de l’annonce d’une « convention citoyenne » française sur la fin de vie dont on sait qu’elle débouchera sur une modification de la loi du 2 février 2016. Celle-ci est présentée comme une évolution législative positive, la nécessité d’aller plus loin, de moderniser notre pays. Pour d’autres, ce serait une régression.

Je me propose d’analyser les causes de cette évolution sous plusieurs angles. Aujourd’hui, j’aborde la coexistence de la difficulté pronostique et de la programmation de nos vies.  

S’il est encore possible de fixer des pronostics vitaux en termes temporels dans certaines maladies ou situations, la prévalence croissante du grand âge, des polypathologies et des états démentiels  rend de plus en plus incertaine toute prévision du moment du décès. Ce ne fut pas le cas autrefois, au temps des fréquentes maladies létales à domicile. L’amélioration de la prévention et des soins apporte aussi sa contribution en prévenant mieux les morts subites et, plus généralement, en générant davantage de décès après une période d’affaiblissement progressif (1,2).

Dans le même temps, nous sommes de plus en plus pressés, optimisés comme nos emplois. La programmation de nos vies est devenue intense, mouvante. Elle fait désormais partie de nos agendas électroniques. Aussi, la mort, comme la vie, ne saurait se faire attendre sans précision. Et surtout survenir au moment inopportun. Que faire si j’habite à Strasbourg avec une profession comportant de nombreux rendez-vous, que mon parent est parvenu à la fin de sa vie sans échéance connue à Albi ? Car les familles sont souvent  dispersées géographiquement. Dois-je me déplacer pour assister à ses derniers moments car ma présence revêt un caractère sacré, car je ne peux pas raisonnablement rater sa mort ? Ou bien attendre le tout dernier moment ?

Pouvoir dire adieu autour du mourant est-il un argument pour la mort programmée ?

Références : 

1.      Lunney JR, Lynn J, Foley DJ, Lipson S, Guralnik JM. Patterns of functional decline at the end of life. JAMA. 2003 May 14;289(18):2387-92.

2. Murray SA, Kendall M, Boyd K, Sheikh A. Illness trajectories and palliative care. BMJ. 2005 Apr 30;330(7498):1007-11. 

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Le refus du dialogue : un poison pour les soins

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.cliniqueveterinairesaintjust.com/fiche/soins-durgence-en-cas-d-empoisonnement/

Image issue du site : https://www.cliniqueveterinairesaintjust.com/fiche/soins-durgence-en-cas-d-empoisonnement/

Notre époque n’est pas dépourvue de progrès. Un exemple : la conscience a considérablement progressé que des soins de qualité exigent d’exercer de concert avec d’autres disciplines soignantes. Finie la médecine de papa tout seul dans son coin.

Ainsi verrons-nous vanter les mérites de la pluridisciplinarité, de l’interdisciplinarité, du travail en équipe. La pénurie actuelle  de médecins  rend plus urgente la coopération entre professions soignantes ainsi que la reconnaissance du travail paramédical et de celui des psychologues, pour ne citer que ces disciplines.

A contrario, le refus de communication, de dialogue entre professionnels est devenu hautement toxique. Entre professionnels, refuser de parler avec tel ou tel soignant, quelle qu’en soit la raison, comporte des risques pour la personne soignée. Rares mais malheureusement réels, ils constituent une perte de chance pour les patients et les  résidents de nos établissements de soins et médicosociaux.

Plus rare encore mais éprouvé par votre serviteur, le refus non motivé par l’entourage familial de communiquer avec le médecin. Au risque de « laisser passer » une pathologie ne figurant pas dans les documents toujours  incomplets qui sont disponibles à l’entrée d’une personne malade en établissement.

Un ancien président de la république française aimait à dire : « l’important est toujours simple ».

Ne rompons jamais le lien soignant !

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