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EHPAD : l’ambivalence

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://ehpaddecote.wordpress.com/2017/04/20/solitudes-en-ehpad/

Image issue du site : https://ehpaddecote.wordpress.com/2017/04/20/solitudes-en-ehpad/

Le double discours peut désorienter. On entend tout et son contraire à propos des EHPAD. Les appréciations des familles sont souvent déroutantes par leur entièreté : satisfaction ou rejet, parfois les deux. La crise de la Covid-19 n'a fait qu'amplifier ce phénomène.

Des pôles opposés donc.

D’une part ce que les défenseurs de ces établissements qualifient "d’EHPAD bashing"[1] qui consiste à les peindre  en noir en ne retenant que leurs insuffisances parfois criantes. Parmi les reproches : maltraitance, usines à vieillards, mouroirs. Entre autres amabilités : pompes à fric.

D’autre part, un discours, en particulier celui de professionnels, dirigeants ou non,  devant leurs organismes de tutelles tels que l’ARS ou les Conseils Départementaux, qui peut tout voir en rose : évaluation généralisée de la douleur, imprégnation par la démarche de soins palliatifs, lieu de vie, accompagnement bienveillant des résidents, etc.

Comment s’y retrouver ?

Ne voir que du négatif ?

Mais alors, il faudrait oublier le dévouement de centaines de milliers de professionnels, au risque de leur santé, pour accompagner les dernières années de nos concitoyens. Désormais, ce sont environ 150 000 français qui finissent leur vie en EHPAD en France chaque année[2].

Ne voir que du positif ? Mais alors, il faudra jeter aux orties les rapports Fiat-Iborra (mars 2018)[3] et Liebault (mars 2019)[4]. Il sera nécessaire de faire fi du rapport de 2013 sur les soins palliatifs en EHPAD[5]. Il conviendra de mépriser les mouvements sociaux de 2018 et 2019 ainsi que le refus d’y travailler pour nombre d’aides-soignantes, amenant à la pénurie.

Ne nous y trompons pas. On râle à l’office, on pleure et on craque. Devant les autorités, on peut être tenu d'afficher une bonne mine afin de préserver son poste et vanter ses capacités. Ambivalence et duplicité. Situation aggravée chez certains cadres ou médecins : tout va bien chez moi. Parfois, je n’en crois pas mes oreilles !


 

Publié dans EHPAD, aidants, dignité

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Des lendemains qui chantent

Publié le par R.

Des lendemains qui chantent

Aujourd'hui j'ai interviewé une bénévole d'association qui est intervenue dans des EHPAD. Je lui ai posé la question de la peur rencontrée dans ces institutions.

  • Les personnes âgées  ont peur des mauvais traitements et elles ont raison,
  • Les familles ont peur des représailles sur leurs proches, ou parents
  • Les personnels ont peur de perdre leur emploi, parfois ont peur que leur contrat ne soit pas prolongé.

J’ai aussi établi le contact avec un démarcheur d'investisseurs en "résidences senior".

Il possède un argument bien rodé : vous lui confiez environ 170 à 180 000 euros, avec une garantie de rendement de 4,5 %

La somme sert à construire une partie d'une résidence senior, lieu de vie dit de qualité qui n'est pas adapté à la dépendance.

L'engagement porte sur neuf années. Si, au terme de ces années, vous souhaitez maintenir votre placement, votre taux d'intérêt sera augmenté, passant de 4,5 à 5 %.

Cerise sur le gâteau : si vous récupérez votre placement, la personne qui prendrait votre suite bénéficiera d'un rendement meilleur.

Si par contre vous maintenez votre placement au-delà des neuf années, le rendement sera encore plus élevé.

Arrangement suprême : si vous êtes propriétaire, on vous conseille de vendre votre bien et de placer la somme dans de l'investissement de résidences seniors... qui disposera non seulement de quoi financer de nouvelles constructions, mais pourra vous loger et récupérera également votre argent par les loyers qui vous auront été concédés.

Bénéfice de la déduction fiscale sur le rendement de votre capital : n'est-ce pas une superbe niche fiscale ?

Sans oublier les lendemains qui chantent.[1] Extrait : « Avec un vieillissement accéléré de la population, lié à la génération des baby-boomers de l’après-guerre, le nombre de personnes de plus de 85 ans, l’âge moyen d’entrée en maison de retraite, va passer, en France, de 2,1 millions en 2019 à 5,9 millions en 2060. »

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