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Les excès de générosité peuvent-ils inquiéter ?

Publié le par Louis Lacaze

Les excès de générosité peuvent-ils inquiéter ?

En 2017 GérontoLiberté publiait l’article « Une corrélation entre les séniors victimes d’escroqueries et leur cerveau ? » qui signalait un certain nombre de corrélations intéressantes entre la vulnérabilité des seniors face aux tentatives d’escroquerie et la modification du volume de diverses zones du cerveau.

Des chercheurs universitaires se sont intéressés à un domaine plus particulier, celui des seniors sujets à des accès de générosité ne correspondant pas obligatoirement à leurs capacités financières. Il est à noter que les spécialistes des sciences sociales pensent que l’altruisme, la générosité sont des valeurs innées, automatiques de la nature humaine, contrôlées par une démarche de réflexion, démarche que les publicistes cherchent à neutraliser en insistant pour que la lecture d’une publicité soit immédiatement suivie de la signature du bon de commande.

Une équipe de chercheurs universitaires californiens a cherché à découvrir une éventuelle corrélation entre les tendances des seniors à être généreux et leur condition neuropsychologique.

67 adultes d’au moins 50 ans (âge moyen 69 ans) de bon niveau éducatif, ne présentant aucun signe de déficit cognitif, ont suivi des batteries de tests neuropsychologiques puis ont été appariés à un partenaire anonyme sur internet. Ils ont reçu 10$ qu’ils étaient libres de donner en partie ou totalement ou de conserver en pleine propriété après avoir écouté leur partenaire. Leur degré de générosité a été mesuré à partir du montant de la somme versée.

Les résultats ont montré une nette corrélation entre le niveau de générosité des participants et les premiers signes indicateurs de la maladie d’Alzheimer. Ils correspondent aux résultats obtenus par des études précédentes mais demandent à être confirmés par des études portant sur des cohortes plus importantes, de milieux d’éducation variés. Les familles peuvent être incitées à se montrer vigilantes sans que les médecins entrent dans les détails de cette recommandation.

Commentaires de Bernard Pradines. Cette publication, bien que peu étayée, méthodologiquement discutable et demandant à être confirmée, pourrait évoquer un certain degré d’altération cognitive mal explorée par les tests actuels, si, comme affirmé, les critères d’inclusion comprenaient des personnes « ne présentant aucun signe de déficit cognitif ». Cette altération pourrait s’accompagner d’une augmentation de la composante affective venue compenser le déficit cognitif. Enfin, un processus de désinhibition pourrait être à l’œuvre, comme observé chez des patients souffrant d’une maladie diagnostiquée.​​​​​​​

Sources

Publié dans Alzheimer, Bilan, évaluation

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Comment j’ai aidé mon mari atteint de la maladie d’Alzheimer

Publié le par Christiane Vanhoudt 

Mandala de mon mari

Mandala de mon mari

Mon mari ayant toujours eu un bureau, je lui en ai acheté un dès qu’il est entré en maison de repos et de soins[1]. Comme passe-temps, mon mari aimait peindre. Je lui ai fourni des mandalas en remplacement. Il a pris beaucoup de plaisir à les colorier sur son nouveau bureau. Il avait aussi deux porte-crayons où s’étalaient toutes les nuances de couleur.

Evidemment, au fil du temps, j’ai dû acheter des mandalas plus simples puis finalement des dessins à colorier pour enfants. Néanmoins, nous avons eu beaucoup de bonheur à partager les coloriages, lui à un bout et moi à l’autre. Notre connivence était totale.

Nous étions heureux quand nous chantions ensemble. J’ai donc copié les paroles de chansons « de son temps ». Au début, il lisait, mais après, il sautait un mot, une phrase. Finalement, cela s’est terminé par mon mari qui chantait à tue-tête sur des onomatopées. Mais il chantait ! Et moi, aussi souvent que possible, je lui chantais une comptine, toujours la même, me doutant qu’un jour, ce serait mon moyen de reconnaissance. Et, puisque les chansons étaient copiées, il les recopiait parfois en guise de passe-temps. Nous tenions aussi un cahier où nous notions et collions des images de ses journées en maison de repos et de soins.

Le confinement dû au covid a stoppé mes efforts pour le garder le plus longtemps possible éveillé au monde. Alors, je lui ai écrit 47 lettres. Quand il hésitait sur sa lecture, il demandait au personnel de lire sa lettre oralement. Il a été photographié à ce moment-là et j’étais payée de ma peine au centuple.

Dans cette maladie, n’ayant plus de repères intellectuels, il est devenu très tactile. Alors, c’était des câlins, des mains sur l’épaule, le cou. Faire un petit pas de danse à deux. Se promener bras dessus, bras dessous. Tout ce qui pouvait nous faire sentir très proches physiquement.

Pour maintenir des contacts amicaux avec d’autres personnes, j’ai organisé son anniversaire dans sa chambre. Quelques personnes invitées nous ont rejoints. Nous avons bu une boisson pétillante destinée aux enfants, et nous avons mangé un délicieux gâteau d’anniversaire après en avoir soufflé les bougies. Maintenir les coutumes traditionnelles, c’est primordial.

Sa fin de vie s’est faite à l’hôpital, mais il m’a reconnue grâce à la comptine habituelle que j’ai chantée plusieurs fois. D’abord, il s’est montré intéressé. Ensuite, il m’a fixée intensément et enfin il m’a fait son plus beau sourire. Il m’a reconnue jusqu’à son dernier jour.

Maintenant, j’ai gardé ses mandalas, les cahiers de bord de ses journées, ses chansons, ses écrits copies de textes, même ses dessins croqués à main levée tel ce chariot de nettoyage dessiné sur une serviette en papier. 

Je vous souhaite à toutes et tous de faire votre possible pour maintenir le contact le plus longtemps possible avec votre malade. De le maintenir ouvert au monde et attentif, encore, à ce qu’il y a autour de lui.


[1] Equivalent belge des EHPAD en France

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