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alzheimer

Une épreuve douloureuse guette une catégorie particulière de seniors

Publié le par Louis Lacaze

Une épreuve douloureuse guette une catégorie particulière de seniors
Une épreuve douloureuse guette une catégorie particulière de seniors

Si le déclin cognitif peut toucher n’importe groupe de seniors il sera particulièrement difficile à supporter pour tous ceux qui au cours de leur vie ont exercé des activités faisant appel à leurs capacités cérébrales, cherché à utiliser, à augmenter, à transmettre leurs connaissances. Lorsqu’il n’est plus possible d’accéder à la lecture ou aux ressources de l’audiovisuel à cause de la surdité, de la dégénérescence maculaire, du glaucome, les seniors se retrouveront progressivement coupés de leur monde tout en restant parallèlement conscients d’une éventuelle dégradation de leurs facultés intellectuelles. Ils pourront mesurer l’insidieuse détérioration de leurs capacités de mémoire, de raisonnement, de leur maîtrise de la langue. «Je vois mon cerveau pourrir de jour en jour » a pu dire une ancienne journaliste clouée dans son lit, avec des handicaps lui interdisant l’accès aux divers média.

 

Les membres de la famille doivent impérativement veiller à entretenir les capacités intellectuelles de leur aîné(e). Les ateliers mémoire proposent toute une série d’exercices. Les cas plus avancés peuvent bénéficier d’activités proches d’une rééducation en réveillant des connaissances enfouies dans le passé. On peut par exemple demander à un senior de citer pendant une minute autant de noms de pays, de fleuves, de capitales qui lui viennent en tête. Le même exercice avec des noms de films qui seront cités, racontés, commentés permettra de solliciter efficacement les facultés mémorielles et la fonction langagière. Ces activités auront naturellement leur place dans les établissements d’accueil, proposés aussi bien par les psychologues que par les visiteurs. 

 

Commentaires de Bernard Pradines : bien sûr le maintien des fonctions intellectuelles demande de procéder à une utilisation régulière de notre cerveau ; toutefois, il ne faut pas surestimer cette mesure dans son efficacité.

Nous savons à présent que la réserve cognitive constituée tout au long de la vie permet de mieux résister à la dégradation intellectuelle éventuelle. Le niveau socio-éducatif en atteste ; il joue donc un rôle prédominant. Lorsque l’on voudra, au grand âge, perpétuer voire améliorer les capacités cognitives, il faudra avoir en tête la priorité à la gratification de la personne, à un accompagnement positif et bienveillant. A l’opposé, mettre à l’épreuve, voire en concurrence  avec d’autres seniors sous prétexte d’entraînement, peut s’avérer très frustrant et aboutir à l’effet inverse de celui qui est recherché. Les « ateliers mémoire » sont particulièrement exposés à ce risque par la présence de plusieurs personnes qui veulent afficher une preuve de leurs possibilités résiduelles auprès d’eux-mêmes et d’autrui. Par contrecoup, certains refusent de participer à ces ateliers de peur d’étaler leurs insuffisances en public. Oui, une épreuve douloureuse peut guetter une catégorie particulière de seniors : celle de leur humiliation.

En somme, nous voudrions voir ceux que nous aimons toujours égaux à eux-mêmes, parce que nous n’acceptons pas qu’ils changent, qu’ils s’éloignent de nous. Nos bonnes intentions peuvent paver l’enfer.

 

Source :

 

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Vieux et seniors sont-ils synonymes ?

Publié le par Louis Lacaze

Vieux et seniors sont-ils synonymes ?

Le professeur Louise Aronson cite une expérience répétée régulièrement par un professeur de gériatrie auprès de ses étudiants et de ses amis : il leur donnait une minute pour écrire ce qui leur venait spontanément à l’esprit lorsqu’il écrivait sur un tableau le mot « vieux » (old). Ensuite il consacrait une deuxième minute à un exercice identique avec le mot « senior » (elder). Les réactions étaient constamment identiques, « old » déclenchait l’apparition des mots suivants : ridé, fragile, sans forces etc. Par contre à « elder » correspondaient les mots sagesse, puissance, aisance financière, importance dans la société. Dans un dictionnaire, les définitions de ces mots sont pourtant pratiquement identiques.

 

Nous voyons ici l’illustration de l’un des trois maux de notre société : racisme, sexisme âgisme. Ce dernier mal pourrait être issu de la révolution industrielle qui a placé au premier plan prestige, puissance, efficacité, rendement. Une fois l’individu jugé obsolète, il perd de son intérêt. Il est frappant de voir que les générations plus jeunes ne se voient pas vieillir à leur tour et qu’en se désintéressant du sort de leurs aînés, elles se désintéressent du sort qui les attend.

 

Le Dr Aronson regrette que la gériatrie s’intéresse avant tout aux personnes âgées les plus fragiles et pense qu’elle devrait offrir ses services à tous à partir de 60-70 ans pour permettre à une majorité de vieillir en bonne santé. Les pédiatres ont reçu une formation pour suivre les nouveau-nés, les bébés, les enfants plus grands, les adolescents. Les gériatres doivent pouvoir permettre à chacun de connaitre une vie en bonne santé aussi longue et heureuse que possible et cela pendant des dizaines d’années et pas seulement quand la fin se rapproche.

 

Commentaires de Bernard Pradines : je partage dans ses grandes lignes l’analyse de ma collègue de Californie  Louise Aronson. Le contexte français est globalement comparable.  Les gériatres sont pour l’instant confinés aux hôpitaux et à la recherche. La prévention est peu développée. Heureusement, la recherche française devient pluridisciplinaire et s’intéresse de plus en plus aux âges antérieurs à la vieillesse. Ainsi la nécessité de diagnostic précoce de personnes non malades qui, au milieu de la vie, présentent des indicateurs infracliniques laissant penser à un risque de développer une maladie d’Alzheimer. La suspicion est en effet forte d’une efficacité médicamenteuse avant la destruction progressive des neurones. A ce propos, voir le livre de Bruno Dubois cité après la référence.

 

Source

 

Eric Widera MD Alex Smith Geripal Elderhood: Podcast with Louise Aronson

In this week's podcast we talk with Louise Aronson MD, MFA, Professor of Geriatrics at UCSF about her new book Elderhood, available for purchase now for delivery on the release date June 11th.
This book is tremendously rich, covering a history of aging/geriatrics, Louise's own journey as a geriatrician facing burnout, aging and death of family of Louise's members, insightful stories of patients, and more.

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