Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

alzheimer

Prévention de la démence

Publié le par Louis Lacaze

Prévention de la démence

La population française de plus de 50 ans va doubler d’ici 2060 avec son cortège de cas de démences qui suivra cette augmentation. L’échec retentissant des médicaments censés apporter une solution curative efficace, aux États-Unis comme en France, a conduit à se détourner de Big Pharma pour emboîter le pas à des chercheurs d’origines différentes, européenne en particulier, qui ont consacré leurs travaux à la prévention.

Le Docteur Kristine Yaffe, invitée de Geripal, cite huit facteurs de risque majeurs liés à la démence : le diabète, l’hypertension, des médicaments à risque (anticholinergiques, benzodiazépines), une activité physique insuffisante, la dépression, un sommeil de mauvaise qualité, la solitude, un traumatisme impliquant le cerveau. Pragmatique, elle n’ajoute pas le tabac, ceux qui fument toujours à 70 ans et plus n’étant pas susceptibles d’interrompre leur consommation. Et naturellement l’âge, risque majeur « non modifiable ». Une commission créée par The Lancet a allongé la liste avec l’alcool, la pollution de l’air, le déficit auditif qui altère les neurones, isole l’individu tout comme les troubles de la vision, entraînant la solitude.

Une équipe de chercheurs dirigée par Christine Yaffe a suivi un groupe témoin composé de personnes présentant au moins deux risques de démence qui a conservé son mode de vie et son suivi médical habituel et un second groupe qui a choisi diverses modifications de son mode de vie : exercice physique, stimulation cognitive, exercices de mémoire. Au terme de l’étude d’une durée de deux ans, les aptitudes de ce groupe étaient largement supérieures à celles du groupe témoin. Kristine Yaffe a pu noter que ceux qui sont actifs intellectuellement et physiquement présentent un déficit cognitif moins marqué que les inactifs présentant un taux identique de protéine béta-amyloïde dans leur cerveau.

Le mécanisme de cette suppression de risques reste mystérieux, Peut-on parler d’une mise en place d’un garde-fou protégeant de la démence ? Pour combien de temps ? Un traitement des risques majeurs qui ne conduirait qu’à un très faible pourcentage de résultats positifs représenterait, vu le nombre de cas, une énorme amélioration au niveau des individus, des familles et de l’économie du pays. Se retrouver dément à 90 ans au lieu de 80 représente une belle différence. A l’échelle mondiale de 80 à 90% des problèmes liés à la vision pourraient être supprimés par un diagnostic et un traitement précoces, d’où un certain nombre de cas de démence en moins.

On ne peut pas faire grand-chose contre le facteur d’hérédité et l’âge mais une éducation du public l’incitant à modifier son mode vie très tôt dans l’existence conduit déjà à des résultats non négligeables dans les pays riches. Si les cas de démence augmentent en chiffre absolu, leur incidence baisse de 13% tous les 10 ans depuis 25 ans. A tous les patients qui lui demandent comment se protéger le Dr Christine Yaffe répond « Soignez votre cœur, surveillez votre tension, votre diabète. Bougez, faites du vélo et n’oubliez pas votre casque ».

Commentaires de Bernard Pradines. Nous sommes bien ici dans le pragmatisme qui fait l’impasse sur un facteur difficile ou impossible à corriger, surtout au grand âge : la réserve cognitive liée essentiellement au niveau d’éducation acquis dès le début de la vie. Idem pour les niveaux socio-économiques qui jouent aussi leur rôle. Le risque lié à l’hérédité, cité en conclusion, a été longtemps sous-estimé car inconstant au niveau individuel.

Références :

Accès payant :

Partager cet article
Repost0

…

Susciter l’implication des familles dans le monde de la santé

Publié le par Louis Lacaze

Susciter l’implication des familles dans le monde de la santé

Il arrive que les gériatres hospitaliers jettent un coup d’œil envieux vers leurs confrères pédiatres qui établissent un contact régulier avec les familles. L’univers hospitalier est un monde à part, coupé du monde réel, où il est difficile de prendre des décisions en ignorant le vécu du patient tel qu’il est perçu par la famille.

« Voulez-vous qu’on contacte quelqu’un de votre famille ? » - « Oh non, ça va, laissons la famille en dehors de tout ça ». Sur un plan clinique un soignant ne peut pas se contenter de cette réponse. Informer la famille ne relève pas uniquement d’un acte de charité mais permettra d’acquérir des informations sur les valeurs du patient et l’amener éventuellement à modifier ses préférences.

Comment réagir devant un refus catégorique ? On peut explorer les raisons de ce refus, solliciter des détails. Le patient craint de déranger, d’effrayer ses proches. Ne seront-ils pas davantage contrariés si la situation s’aggrave ? Une occasion se présente si le patient âgé ne se croyait pas aussi atteint. Il peut alors tenir à ce que ses proches en soient informés.

Une rencontre avec les proches peut avoir lieu en présence directe à l’hôpital ou bien en visioconférence. La première réaction de la famille peut ressembler à ceci : « On ne voit pas pourquoi notre présence est indispensable. Nous étions occupés ailleurs ». Par contre, une fois informés, ils abordent des sujets jusque-là ignorés et qui impliquent des décisions à prendre soit en famille, soit sur le plan médical. Toutefois, un patient dément ou présentant un déficit cognitif avancé pourra toujours exprimer certaines craintes ou préférences qui rejoignent ou non celles de sa famille.

 Le médecin n’est plus enfermé dans la zone grise de l’univers hospitalier, il découvre la nature de la vie du patient en dehors de l’hôpital et peut alors la prendre en compte dans sa prise de décision. Le patient, la famille, le médecin se retrouvent tous gagnants, les décisions issues d’un travail commun ont toujours les plus fructueuses.

Commentaires de Bernard Pradines. Dans mon expérience professionnelle en soins de longue durée, la famille était la principale source de renseignements pour l’accompagnement soignant de son parent malade et dépendant. Les causes invoquées ci-dessus étaient largement contributives sans oublier la fréquence élevée des troubles cognitifs. L’intérêt principal des entretiens et questionnaires écrits aux familles réside dans la probabilité élevée de renouvellement d’un événement pathologique antérieur, organique ou psychique. La surprise n’est pas souvent au rendez-vous si l’on connait bien le patient sous ses multiples aspects. Ce n’est donc pas du temps perdu, au contraire.

Référence : 

Partager cet article
Repost0

…