Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

alzheimer

Assentiment

Publié le par Georges Lambert

Assentiment

Georges Lambert est un ancien praticien hospitalier en Soins de Longue Durée. 

Il est, entre autres écrits, l’auteur d’un ouvrage sur la maladie d’Alzheimer paru en 2006. 

Le texte ci-dessous est donc le fruit de l’expérience et de la volonté d’améliorer la condition des résidents et de tous les acteurs qui les entourent.

Extrait : 

"L’impossibilité du consentement est liée, en général, à l’altération des fonctions cognitives et exécutives, troubles du langage, du raisonnement, de l’anticipation … Reconnaitre que certains ne sont pas en mesure de le donner implique qu’ils ne pourront pas non plus donner leur assentiment. Pourtant persiste une certaine communication. Parmi les soignants de ces personnes, nul ne doute qu’elles conservent une idée de ce qu’elles sont et ce regard sur elles-mêmes n’est pas réfutable."

Texte complet en lien ci-dessous :

http://www.geriatrie-albi.com/Assentiment_2021.pdf

Partager cet article
Repost0

Naomi Feil s’est-elle trompée ?

Publié le par Bernard Pradines

Naomi Feil s’est-elle trompée ?

Extrait : 

"Voici ce qui me fâche : les émotions douloureuses et les comportements qui en découlent trouveraient d’abord leur origine dans des problématiques anciennes non résolues. Autrement dit, le stéréotype d’une vieillesse sereine succédant à une vie dont on aurait tiré les leçons serait la référence. Ceux qui présentent une démence et des troubles du comportement, régressifs ou non, n’auraient pas encore tiré les leçons de leur vie du fait d’éléments qui n’ont pas encore été portés à la conscience, écoutés et acceptés."

Texte complet :

Par ces temps de déboulonnage contesté des statues, j’avance à pas feutrés sur le chemin d’une grande dame dont le site Internet français qui s’en inspire nous explique à juste titre que sa parole planétaire a contribué à « maintenir la communication avec les grands vieillards désorientés afin de les accompagner dans une relation respectueuse de leur identité tout en reconnaissant dans leur comportement, la manifestation de leur besoin d’exister en tant qu’individu et d’être entendus.» [1]

L’objectif est noble et le cœur de la démarche ne peut être qu’approuvé par un ancien gériatre de soins de longue durée. Poursuivons : « Nul doute que la technique dite de la Validation est un grand progrès en homologuant, justement, la parole, les sentiments et les comportements de celles et de ceux qui sont devenus incompréhensibles au commun des mortels. De celles et de ceux qui nous sont devenus étrangers si nous n’avons pas coutume de les côtoyer et de les accompagner. »

Plus loin : « En accompagnant l’expression des émotions et peut-être la résolution d’anciens conflits de la personne âgée, l’aidant s’efforce de réduire les risques de contention physique ou chimique, de repli sur soi et d’évolution vers l’état végétatif, pour lui permettre de continuer à s’inscrire dans une vie qui a un sens. »

Nous voici au cœur de mes interrogations. Doit-on laisser entrevoir que le repli sur soi et l’évolution vers « l’état végétatif », tous deux consubstantiels des états démentiels, sont liés à l’absence de résolution d’anciens conflits ?

Dès la page 32 de son ouvrage le plus connu[2], Naomi Feil plaide pour une théorie de la « Résolution » en concluant l’observation d’une fin de vie peu enviable, celle d’Isidore Rose : « Alors ces grands vieillards essaient de renouer les fils perdus des émotions de toute une vie. Dans leur très grand âge, ils se trouvent face à des tâches qu’ils auraient dû affronter des années auparavant. »

Voici ce qui me fâche : les émotions douloureuses et les comportements qui en découlent trouveraient d’abord leur origine dans des problématiques anciennes non résolues. Autrement dit, le stéréotype d’une vieillesse sereine succédant à une vie dont on aurait tiré les leçons serait la référence. Ceux qui présentent une démence et des troubles du comportement, régressifs ou non, n’auraient pas encore tiré les leçons de leur vie du fait d’éléments qui n’ont pas encore été portés à la conscience, écoutés et acceptés. Une solution confondant l’écoute bienveillante et la psychanalyse ?

Une sorte de chemin entravé vers une comparution candide lors du Jugement Dernier.

Pour ma part je suis très réservé sur cet aspect de la théorie de Naomi Feil. Je pense qu’il faut la lire dans un autre sens. Nous sommes tous, à cet âge-là, à l’heure du bilan de notre vie. Celui-ci n’est jamais totalement glorieux ni honteux mais toujours ambivalent, d’intensité variable. Ce que permet la démence[3], c’est l’expression de cette problématique non résolue, toujours antagonique, parfois envahissante. Autrement dit, loin de donner du sens et des solutions ou résolutions à la démence en cherchant les problématiques personnelles non dénouées, il faudrait apercevoir ce que cette pathologie permet ou interdit en termes d’élaboration, de communication du bilan, voire de l’impossibilité de l’effectuer. Pour continuer à filer la métaphore religieuse, une sorte d’incapacité à formuler une confession digne d’absolution afin de partir en paix avec soi-même et avec autrui.

Loin de moi le procès d’intention. Qui pourrait penser que Naomi Feil propose une théorie et surtout une pratique qui pourraient être un tant soit peu défavorable aux personnes âgées vulnérables ?

Pourtant, le danger pointe son nez : le dément et en général celui qui vieillit mal est-il celui qui n’a pas réglé ses problèmes et qui aurait dû le faire ? Il aurait tout faux. Le non-dément serein, lui, représenterait une fois de plus celui qui nous rassure. Il est des nôtres. Et l’autre ?

 

Source :

https://www.amazon.fr/Validation-mode-demploi-%C3%A9l%C3%A9mentaires-communication/dp/2907516965/ref=sr_1_7?dchild=1&keywords=naomi+feil&qid=1594623958&sr=8-7

 

[2] Validation mode d'emploi: Techniques élémentaires de communication avec les personnes atteintes de démence sénile de type Alzheimer. (Français) Broché – 15 janvier 2005

 

[3] Démence : mot dont l’étymologie latine est mens,tis dont le premier sens est : « fonctions intellectuelles » (Gaffiot, 1934). La connotation péjorative de ce terme n’a pas permis d’en trouver un autre plus adapté. Par exemple, une maladie neuro-évolutive ne rend pas compte de la détérioration des fonctions intellectuelles qui peut en faire partie sans en être constitutive. Elle peut aussi être absente.

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>