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Vieillir dans un monde en mutation

Publié le par Louis Lacaze

Vieillir dans un monde en mutation

Permettre aux seniors de vieillir sans quitter leur domicile est actuellement une priorité pour des raisons financières autant qu’humaines. Ils pourront ainsi conserver une certaine indépendance et rester socialement intégrés dans un milieu qui leur est familier.

En fait, vieillir chez soi ne supprime pas le risque d’exclusion sociale. Des chercheurs ont relevé divers facteurs susceptibles de désorienter une population âgée dans un monde en constante évolution. Alors que des générations plus jeunes s’adaptent plus facilement, un senior aura tendance à passer plus de temps à son domicile, cherchera à conserver davantage de liens affectifs avec un environnement qu’il ne reconnait plus.

 

Le village est devenu un gros bourg. Les générations plus anciennes peuvent se sentir marginalisées avec l’arrivée d’une population nouvelle. Dorénavant, on ferme sa porte à clé, on n’entre plus en conversation avec son voisin, chacun s’isole dans son univers personnel. Cette population inconnue inquiète ; dans les zones urbaines, les seniors peuvent avoir peur de la délinquance et éviter de sortir la nuit tombée.

 

A partir d’un certain âge l’environnement physique peut devenir hostile. Les ornières, les voitures garées sur les trottoirs sont devenues gênantes. Les transports en commun deviennent indispensables mais leur fréquence, les itinéraires desservis, le manque d’amabilité des conducteurs sont souvent évoqués.

 

Si, à une certaine époque, le maire était armé pour apporter des solutions à ces problèmes d’environnement, l’apparition de l’intercommunalité et de divers organismes de gestion locale et régionale a rendu plus complexe la prise de décisions et introduit une compétition entre les différentes communautés. Les seniors se sentent peu représentés par les élus locaux et se considèrent comme exclus socialement.

 

L’exclusion sociale des seniors met en jeu divers éléments complexes qui n’ont pas suffisamment retenu l’attention des décideurs. Les évolutions du milieu et le ressenti d’une indifférence des élus exigent une évolution des mentalités aussi bien qu’une nouvelle pratique de la gestion du quotidien de la communauté. L’importance de l’intégration des seniors à leur environnement doit retenir l’attention de l’ensemble de la société.

 

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A noter : 7500 pas quotidiens maintiennent les seniors en forme aussi efficacement que 10 000 pas

Publié le par Louis Lacaze  

A noter : 7500 pas quotidiens maintiennent les seniors en forme aussi efficacement que 10 000 pas

Il est communément admis que pour se maintenir en forme et préserver sa santé, on doit effectuer un minimum de 10 000 pas tous les jours. Bien que recommandé par l’OMS ce nombre ne repose sur aucune base solide. Pire, il aurait pour origine le nom d’un podomètre japonais fabriqué dans les années soixante, le « 10 000 pas ».

 

Pour combler cette lacune, une cohorte de 17 708 femmes américaines a accepté de s’équiper de 2011 à 2015 d’un podomètre qui a enregistré le nombre de pas, l’intensité de la marche et divers paramètres pendant 7 jours. Parmi elles, 16 741 satisfaisaient aux critères d’inclusion dans l’étude. Leur âge moyen était de 72 ans, Le nombre quotidien moyen de pas était de 5499. L’interprétation des données a montré un taux de mortalité de celles qui faisaient 4400 pas qui était inférieur de 41% par rapport à celles du dernier quartile qui se contentaient de 2700 pas. Le nombre de pas semble avoir plus d’importance que la somme de l’énergie dépensée après élimination des facteurs de confusion. Si la baisse du taux de mortalité continue de baisser jusqu’à 7500 pas, elle se stabilise au-delà pour des valeurs supérieures.

Les résultats de ces travaux fragilisent l’exigence classique de 10 000 pas qui pouvait rebuter un certain nombre de personnes. Le gain maximal obtenu à partir de 7500 pas représente environ 6 km parcourus en 75 minutes au rythme de 100 pas à la minute. Ils n’ont pas à être parcourus d’une seule traite, les tâches du ménage ou les activités professionnelles peuvent en représenter une part conséquente. Pourquoi ne pas faire son petit bilan personnel en utilisant un podomètre ou une application mobile qui transforme un smartphone en podomètre ?

 

Commentaires de Bernard Pradines : je reste toujours perplexe devant les résultats de telles études. En effet, les critères d’inclusion retiennent des femmes- pas des hommes- volontaires qui sont de surcroît les plus « compliantes » au port d’un podomètre pendant plus de 10 heures par jour et au moins pendant 4 jours sur les 7 prévus. Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle femme ; un tel dispositif nécessite une motivation et des fonctions cognitives correctes. De plus, les objectifs en termes de marche ne sont accessibles que pour des personnes bénéficiant de fonctions locomotrices de qualité minimale.

Ainsi, une fois encore, le biais de sélection pointe son nez. Sans parler de la « causalité inverse » toujours à l'affût : ce sont les personnes qui vivront le plus longtemps qui sont aptes à marcher plus longtemps. Plus intéressante est la notion de seuil maximal de bénéfice. Cette notion n’est pas nouvelle ; outre le fait que ce sont ceux qui ont le plus besoin d’activité physique qui en pratiquent peu ou pas, un effort trop important n’est pas bénéfique. Il reste à s’interroger sur son effet délétère.

 

Source :

Lee IM, Shiroma EJ, Kamada M, Bassett DR, Matthews CE, Buring JE. Association of Step Volume and Intensity With All-Cause Mortality in Older Women. JAMA Intern Med. 2019 May 29.

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