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Je n’ai jamais vu de légume

Publié le par Bernard Pradines

Je n’ai jamais vu de légume

Interrogée par une station de radio d’information continue le 12 septembre 2022, une personne âgée clame sa peur de devenir un légume. Autrement dit, une chose que l’on arrose pour la faire pousser et pour la vendre ou la consommer soi-même.

Ayant quelques doutes, je consulte le dictionnaire Larousse (1) qui stipule qu’il s’agit d’une « plante cultivée dont on consomme, selon les espèces, les feuilles, les racines, les tubercules, les fruits, les graines ; partie consommée de cette plante."

Pourtant je n’ai jamais vu de légume en Soins de Longue Durée, pas davantage que de pot de fleurs dans un lit ou sur un fauteuil. De plus, je n’ai jamais su que l’on consommât quiconque dans ce service.

 Mais je comprends mieux avec la deuxième définition du même dictionnaire :

« Familier. Personne réduite à une existence végétative. »

 Je saisis enfin ce dont il s’agit. Il est alors intéressant de déchiffrer cette analogie aussi décalée qu'incroyable.  Elle repose sur des philosophies et donc des idéologies qui définissent l’humain à leur manière, en particulier dans ses rapports avec les objets.  Ici, la frontière n’existe plus. Le verrou moral a sauté, celui qui nous interdit de considérer autrui comme une chose dont on peut se débarrasser. Si un cageot de légumes vous encombre, vous pouvez aisément vous en séparer sans que quiconque vous en tienne rigueur.

Je pose simplement cette question. Si un être humain peut devenir un légume, où compte-t-on s’en débarrasser proprement, c’est-à-dire dans les limites de la loi actuelle ou future ?

1.

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Faut-il mourir debout ?

Publié le par Bernard Pradines

Il existe ici ou là des doxas qui méritent d’être visitées à l’aune de la réalité du terrain.

 

Ainsi en va-t-il de la station debout, érigée -sans jeu de mot- au rang de dignité de la personne. Euh, bien des personnes âgées dépendantes ne sont plus capables de marcher, parfois il est vrai par défaut de prévention. Mais c’est ainsi.

 

Les forcer à marcher à tout prix, même de s’asseoir trop longtemps sur un fauteuil où elles somnolent quand elles n’y sont pas hypotendues avec bas débit cérébral, cela ne doit pas nous satisfaire. Le déni de l’entourage est souvent puissant pour voir dans papa l’athlète supposé qu’il fut autrefois. Debout vous dis-je !

 

Comme une confusion avec une combattante dont une phrase est restée célèbre au point d’être gravée sur un monument à Glasgow. Saurez-vous deviner de qui il s’agit ? Je vous ai dissimulé la solution.

 

« Mieux vaut mourir debout, que de vivre à genoux ».

Faut-il mourir debout ?
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