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ethique

L’engouement pour la mort assistée (12) : demain, il ne doit plus être là !

Publié le par Bernard Pradines

L’engouement pour la mort assistée (12) : demain, il ne doit plus être là !

La retraite est un temps de bilan sur sa vie professionnelle et personnelle.

Ce peut être un temps de fierté mais aussi de regrets. Elle a le mérite de la fréquente libération de la parole soignante. Des souffrances inavouées peuvent surgir à nouveau et s'exprimer enfin douloureusement.

Ainsi en va-t-il de l’infirmière rencontrée récemment. Travaillant la nuit, elle fut parfois, rarement, chargée de poser la perfusion définitive alors que la loi l’interdisait. L’indication en était : « je ne veux plus le voir demain matin ». J’eus aussi connaissance de cette pratique par un infirmier dans un autre service.

C’est aussi le conseil que me donna un confrère à propos d’une situation qui se prolongeait.

Tout au plus serais-je indulgent pour le temps où les soins palliatifs ne connaissaient aucun développement. Nous avons alors tenté d’apaiser nos patients en phase ultime avec les connaissances qui étaient les nôtres.

Mais maintenant ? Comment justifier de telles attitudes ?

Par le manque de soignants ? De leur disponibilité ? De lits d’hôpitaux ? De cherté de la fin de la vie ? D’emplois du temps surchargés ? D’impossibilité de se rendre à l’étranger ?

Je laisse la réponse aux lecteurs.

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L’engouement pour la mort assistée (11) : j’avoue que j’ai vécu

Publié le par Bernard Pradines

L’engouement pour la mort assistée (11) : j’avoue que j’ai vécu

J’ai 72 ans. Si je reprends ce titre, "j'avoue que j'ai vécu", d’un grand écrivain et poète chilien[1], c’est pour témoigner d’une carrière médicale confrontée à de nombreux décès en SAMU, réanimation puis en unité de soins de longue durée jusqu’en 2010.

Au début de mon parcours professionnel, comme anesthésiste-réanimateur, j’ai été parfois sollicité pour adoucir la fin de la vie de malades qui ne pouvaient pas bénéficier, alors, des soins palliatifs que nous connaissons à présent. Je faisais alors ce que je savais faire : sédater ou endormir des personnes en grande souffrance. Nous qualifierions ceci différemment aujourd’hui.

Ce sont les progrès de l’accompagnement médical de la fin de vie qui m’ont progressivement conduit à des attitudes plus nuancées, mieux codifiées, mieux encadrées par les nouvelles lois de 2002 et 2005. J’ai anticipé la loi du 2 février 2016 à bien des reprises.

Au cours de ma carrière, j’ai eu à connaitre des pratiques discutables, par exemple dans des conditions de décès à domicile de patients qui ne voulaient pas rejoindre un établissement de soins et réclamaient d’en finir chez eux. Même en établissement, j’ai constaté des attitudes que je n’approuve pas dans ce domaine.

Ces expériences ont contribué à forger mon opinion : une législation qui autoriserait la mort sur prescription me semble dangereuse en donnant le feu vert à l’impatience au lieu de l’accompagnement de qualité ; une sorte de constat d’échec sanctionné par une attitude radicale et définitive.


[1] https://livre.fnac.com/a217706/Pablo-Neruda-J-avoue-que-j-ai-vecu

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