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ethique

Des soins palliatifs en Inde

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://muslimmirror.com/eng/understaffed-underserved-human-problems-of-indias-public-health-system/

Image issue de : https://muslimmirror.com/eng/understaffed-underserved-human-problems-of-indias-public-health-system/

Le cheminement de M. R. Rajagopal, médecin indien, d’abord anesthésiste puis spécialiste en soins palliatifs, mérite l’attention. Après avoir supprimé la douleur d’un patient par un geste thérapeutique et lui avoir dit qu’il n’avait pas à le revoir, il apprit que celui-ci s’était suicidé le soir même car il avait compris que sa maladie était incurable. Le Dr Rajagopal réalisa qu’il ne s’était intéressé qu’à une partie de la souffrance et n’avait pas vraiment accueilli le patient. Sa carrière prit alors un tournant.

L’état des lieux dressé par le médecin fut implacable. Dans le monde, celles et ceux qui souffrent sont discrets, en arrière-plan, invisibles. Ils ne se plaignent pas, ils souffrent trop. Ils n’ont pas d’importance, ils ne votent pas. Ce sont les oubliés de la médecine moderne qui grâce aux avancées impressionnantes de la science et des technologies a pu progresser à pas de géant dans la lutte contre la maladie en négligeant le patient. La lutte contre la souffrance s’est retrouvée au second plan, soigner une maladie est tellement plus facile que de soigner la souffrance et se révèle demande bien moins chronophage.

Le Dr Rajagopal a-t-il été poussé vers les soins palliatifs par générosité, compassion ? Il s’en défend. Simplement, il adore son travail qui donne un sens à sa vie. Des gens qui souffraient retrouvent le sourire.  D’autres qui exigeaient d’être euthanasiés retrouvent goût à la vie. Certains trouvent leur plaisir en achetant des grosses voitures, des grandes maisons. Le médecin trouve son plaisir dans son travail et les rencontres de personnes exceptionnelles qu’il a l’occasion de faire dans le monde des soins palliatifs. Après avoir créé une première association apportant gratuitement un accès aux soins palliatifs en Inde, il en a fondé une seconde où des volontaires visitent les mourants et accompagnent leurs derniers moments.

Commentaires de Bernard Pradines. Intéressant aveu de culpabilité à l’origine de la motivation de mon confrère indien pour l’exercice des soins palliatifs. Comme en écho à toutes celles et tous ceux, nombreux aussi en France, qui ont ressenti cette impérieuse nécessité d’aller au-delà d’une démarche technique dans l’approche de l’individu souffrant. Un noble idéal qui ne nous fera pas oublier nos limites dont celles imposées par un système de santé en grande difficulté.

Chanson demandée par le Dr Rajagopal Interprétée par le Dr Alan Smith

https://www.youtube.com/watch?v=K9yKK_3FZQE

Paroles :

To walk with the weary

To take away pain

To wipe away tears

Bring light through the rain

May we have the heart,

To hold out a hand,

To those beyond reach

Across the land

May we have the grace,

To calm their fears

Stay beside them

For hours or years

May we have the vision,

To not look away

May we open our hearts

To what they say

When the night is dark

And they walk alone

Let us carry the light

And walk them home…

Source :

Dr Tom McNally spécialisé en pédiatrie et soins palliatifs,  Dr. Rajagopal spécialisé en soins palliatifs, invités de Geripal animé par Alan Smith MD et Eric Widera MD   Palliative Care in India: M.R. Rajagopal

In today’s podcast we talk with Dr. Rajagopal (goes by “Raj”), one of the pioneers of palliative care in India…  He is also author of the book, “Walk with the Weary: Lessons in Humanity in Health Care”…  Raj is the founder of Pallium, an organization dedicated to improving palliative care throughout India. 

Publié dans soins palliatifs, éthique

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La mort, l’amour et la psychologue

Publié le par Christiane Réal

Image extraite de : https://www.youtube.com/watch?v=x4_mueDwKro

Image extraite de : https://www.youtube.com/watch?v=x4_mueDwKro

Christiane Réal, ancienne psychologue en établissement, témoigne.

La question de la mort est loin de s’exprimer spontanément chez les personnes âgées en établissement. Elle surgit davantage dans leurs familles. Ainsi, j’ai pu constater à quel point l’attachement parental peut dominer tout autre sentiment. Les désirs de la personne âgée, hélas, ne sont pas autant recherchés, écoutés et considérés.

En tant que psychologue, je me situais au plus proche des personnes âgées.

La mort, j'en parlais assez librement. Les personnes âgées étaient contentes que le sujet puisse être abordé. Pas forcément celle qui les concernait directement. Étaient évoqués les décès d'autres résidents, prévisibles ou à venir, voire souhaités. J'utilisais aussi très souvent la lecture de poèmes sur la maladie, la souffrance ou la mort... Le support de la lecture facilitait l’expression et les échanges à ce propos.

M’ont également frappée les confidences, souvent des hommes, ayant une soif d'amour orientée vers des femmes, qu’elles soient résidentes ou faisant partie du personnel. Ceci devait rester secret, car les vieux ont le sentiment que leurs enfants ne tolèreraient pas que ce sujet soit évoqué. J'étais une confidente, ce qui normal quand on est clinicienne.

Au-delà, il eut fallu parler plus librement des directives anticipées, mais c’était bien difficile car le dossier d'accueil de l’EHPAD était axé sur le "nouveau lieu de vie", thème qui rend ardu voire impossible d'aborder l'éventualité du décès.

Commentaires de Bernard Pradines. Très beau témoignage en éloge au travail des psychologues en établissement. Sur la problématique des directives anticipées, j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ce blog. En tout cas, il me semble souhaitable que ce sujet soit abordé lorsque les relations interpersonnelles et la confiance se sont établies entre résident·e et professionnel·le. Je suis perplexe devant le maintien du caractère exclusif du contrefeu intitulé « lieu de vie », comme pour conjurer le fait qu’il s’agit aussi d’un lieu de soins où un quart des français vient terminer sa vie.

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