GérontoLiberté s’achemine vers son douzième anniversaire. Merci à nos fidèles lecteurs.
Nous avons perçu une difficulté à la lecture de nos textes qui semblent pessimistes car s’appesantissant davantage sur la vieillesse dépendante et malade, voire en fin de vie, que sur celle, espérée, faite de joie de vivre en famille, de rencontres et de voyages. Ainsi, il demeure difficile de prendre soin des personnes en EHPAD, en partie car la perspective d’entrée dans ces structures est redoutée par une écrasante majorité de nos concitoyens.
De fait, nous sommes tous tiraillés entre deux pôles de la même réalité. D'une part la vieillesse sage au risque de la dominance (sénat romain…), d'autre part celle des vieilles sorcières du Moyen-Âge. Actuellement c’est d’une part celle qui est adulée pour les services rendus à la famille, voire courtisée pour ses possibilités de consommation, d’autre part la vieillesse souffrante, ou pire maltraitée. Ces ambivalences ne s'arrêtent pas là et peuvent tourner autour des pulsions de vie et de mort individuelles et collectives.
Toute la difficulté, en effet, est de savoir rendre compte de ces contradictions sans verser exclusivement dans l’un ou l’autre des constats. Notre interrogation première pourrait se résumer ainsi : quelle image, quelle représentation de la vieillesse est dominante dans notre société actuelle ? En quoi un des versants est-il volontiers oublié, en tout cas sous-estimé ? Au fond, que voulons-nous voir et quand détournons-nous notre regard ? Si le courage, comme le disait Jean Jaurès, c'est de chercher la vérité et de la dire, une conduite nous est dictée qui repose sur l’écoute, la connaissance, et non sur la seule croyance qui peut nous satisfaire.
Tout un programme sans fin.
Alors, nous ne nous tairons pas en 2025, poursuivant modestement l’œuvre des prédécesseurs dont le docteur Lucien Mias, mort le 13 mai 2024 à l'âge de 93 ans, et le docteur Christophe Trivalle le 20 décembre 2024 à l’âge de 63 ans. Des exemples à suivre jusqu’à la fin de nos capacités.