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fin de vie

Une adaptation contrainte : le glissement de tâche

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.wingz.fr/glissement-de-taches-bd/

Image issue de : https://www.wingz.fr/glissement-de-taches-bd/

La continuité de l’analgésie est capitale chez les personnes accueillies en EHPAD, MAS et EAM, et plus particulièrement chez les personnes en fin de vie. Ainsi, l’absence d’infirmière et de médecin pendant la nuit amène-t-elle à des aménagements nouveaux avec glissements de tâche que je laisse à votre appréciation à la lecture du document en lien ci-dessous. Il émane de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Franche-Comté (France) en février 2023.

Légende :

EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

EAM : un Etablissement d’Accueil Médicalisé (EAM) accueille des adultes en situation de polyhandicap, inaptes à toute activité à caractère professionnel [1].

MAS : une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) accueille des adultes en situation de handicap qui n’ont pu acquérir un minimum d’autonomie et dont l’état de santé nécessite une surveillance médicale et des soins constants. Ils sont tous atteints de polyhandicap [2].

AS : aide-soignant(e).

AES : L’accompagnant éducatif et social (AES) réalise des interventions sociales au quotidien visant à accompagner la personne en situation de handicap ou touchée par un manque d’autonomie quelles qu’en soient l’origine ou la nature [3].

Téléchargeable à :

https://www.bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr/ehpad-mas-eam-protocole-de-prise-en-charge-de-la-douleur-des-personnes-en-fin-de-vie

ou bien à :

https://www.geriatrie-albi.com/Protocole_Administration_morphiniques_nuit_EHPAD_fevrier2023.pdf

 

Commentaire de Marie-Christine Montandon. Ce doit être une pratique basée sur la confiance. L'infirmière prépare le traitement à l'avance, l'AS administre. Certains traitements sont déjà administrés sous délégation à l'AS, puisque cela fait partie de son domaine de compétences. En revanche, des gouttes préparées à l'avance perdent de leur stabilité. Le traitement reste-t-il efficace et combien de temps ?

Par ailleurs, en fin de vie, la forme orale est souvent suspendue au profit d'une voie injectable. Alors, comment font ces établissements ? Certains font appel à l'HAD, à des infirmières libérales mais on peut s'interroger quant à la surveillance régulière.

Les glissements de tâches en Ehpad ont toujours existé mais cela s'était amélioré. Au vu des conditions actuelles, il est fort probable que cela s'aggrave. Dans le cadre du respect des résidents et pour assurer leur confort, nous soignants (mais également leurs familles) souhaitons  accompagner leur fin de vie dans leur cadre de vie, entourés de leurs proches et de soignants qui les connaissent bien, avec qui se sont contruites des relations de proximité. C'est pour nous, du non-abandon.

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L’engouement pour la mort assistée (32) : back to the past!

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.ebay.co.uk/str/backtothepastcollectibles

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A en croire le fort courant d’opinion dans le monde occidental en faveur d’une nouvelle loi de fin de vie autorisant la mort programmée, il s’agit d’une avancée historique, d’un progrès inéluctable de l’autonomie de l’individu. Une sorte de nouveau sens de l’Histoire, croyance prophétique dont notre civilisation a pourtant touché les limites de bienfaisance dans le passé. Et si ceci était un peu plus compliqué. Si les pulsions de mort pouvaient occuper nos sociétés depuis le début de l’humanité. Si la détermination de l’individu répondait à celle du groupe social dans lequel il vit, « la ballade de Narayama »[1] nous l’a illustrée.

Ainsi une auteure nous ouvre-t-elle les yeux sur une réalité que l’on ne voudrait pas connaitre. Dans son article de 2018 intitulé « Voyage en terres gérontocides : l’élimination des vieillards comme remède à la vieillesse ? »[2], Nadine Bernard, Maître de conférences en histoire grecque à l’Université Rouen-Normandie convoque de vieilles pratiques qui ne s’embarrassaient pas d’une nouvelle législation. Nous avons déjà évoqué ce texte précédemment dans « L’engouement pour la mort assistée (27) : le nomos de Céios ».

Par exemple, en Sardaigne, les fils frappaient à mort leurs pères âgés. Chacun donnait des coups de bâton. Puis l’infortuné était précipité dans une fosse qui venait d’être creusée. Quant aux Caspiens, habitants anciens éponymes de la mer, ils avaient coutume de tenir leurs parents enfermés, de les faire mourir de faim, passé l’âge de 70 ans.

« Nihil novi sub sole » nous dit l’Ecclésiaste il y a presque 3000 ans.

Certes notre société a évolué dans le sens de la décision individuelle et du perfectionnement des poisons. Jusqu’où l’injonction collective, silencieuse ou non, devient-elle adhésion individuelle ?

Réponse dans les prochaines années.

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