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gerontologie

L’intelligence artificielle, antidote des pannes d’empathie

Publié le par Louis Lacaze

L’intelligence artificielle, antidote des pannes d’empathie

Lorsque le vice-président du service «recherche» de Microsoft qui participe à l’évolution de ChatGPT a constaté que les médecins se précipitaient sur le chatbot[1] avec des objectifs les plus variés, il s’interrogea. Si la recherche de documentation, la rédaction de résumés, la diminution du temps consacré au travail administratif avait été envisagée, utiliser ChatGPT comme raccourci dans la recherche d’un diagnostic pouvait inquiéter. 

L’étonnement des concepteurs fut total quand ils s’aperçurent qu’une forte demande provenait de médecins qui recherchaient une aide leur permettant de mieux communiquer avec leurs patients et leurs familles.

La consultation d’études antérieures a fortement atténué l’effet de surprise. Quatre-vingt-cinq pour cent des patients pensent que la compassion du médecin importe plus que le temps d’attente qui précède la consultation. Trois-quarts des patients ont rencontré des médecins manquant de compassion. Une analyse des conversations de médecins avec les familles a révélé que beaucoup manquaient d’empathie.

Une explication a été suggérée : au cours de la consultation, le médecin doit faire face à une multitude de problèmes, il doit rechercher des solutions. L’aspect de l’accompagnement émotionnel a tendance à passer au second plan.

Un médecin chef de service a demandé à Open AI comment aider les patients alcooliques quand les approches classiques ont échoué. La question a été posée en langage médical. Le chatbot a répondu avec le même type de langage, ce qui a dérouté des membres de l’équipe soignante. Un changement du niveau de langue a été demandé et le chatbot a proposé un document correspondant à un niveau d'utilisateur élémentaire.

 Il peut arriver qu’un médecin désire montrer de l’empathie mais que les mots lui manquent. OpenAI peut suggérer comment annoncer une mauvaise nouvelle avec la touche de compassion souhaitée. Un médecin déclare avoir été stupéfait par la qualité de la réponse apportée à sa question concernant un patient atteint d’un cancer en phase terminale.

 L’empathie a certes son importance, toutefois elle doit arriver en complément d’un niveau élevé de compétence médicale. On peut noter que le sujet est suffisamment vaste et préoccupant pour que The New England Journal of Medicine (JAMA) envisage d’ouvrir l’an prochain une nouvelle section sur le sujet.   

Commentaire de Bernard Pradines. L’intelligence artificielle est un apport et un piège. Par exemple, dans le domaine de la publication médicale scientifique, on pourra utilement se reporter à l’article paru en juin 2023 dans la revue NPG :

Maeker E,  Maeker-Poquet B. : ChatGPT : une solution pour rédiger des revues de littérature en médecine ? Vol 23 - N° 135 P. 137-143 

 Source :


[1] Chatbot : robot conversationnel

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Comment différencier le burnout d’un état dépressif ?

Publié le par Louis Lacaze

Comment différencier le burnout d’un état dépressif ?

Burnout et état dépressif ont une manifestation commune : une impression continue d’épuisement, un sentiment d’inefficacité dans son travail, divers symptômes physiques. L’OMS ne classe pas le burnout parmi les maladies mais le considère comme un « phénomène occupationnel ». L’état s’améliore dès qu’il est possible de sortir de son cadre d’activité, soit professionnel soit du suivi épuisant d’une personne malade. La dépression par contre fait l’objet d’un diagnostic clinique. Le dépressif ne s’intéresse plus à ses centres d’intérêt habituels, s’isole des contacts sociaux, la plus légère activité l’épuise. Elle ne disparaitra pas avec le temps, un suivi médical s’impose. Il sera conseillé au patient de se fixer des objectifs modestes, 5 minutes de marche par exemple, il se sentira valorisé s’il peut prolonger l’exercice quelques minutes de plus.

Le burnout ayant pour origine une surcharge d’ordre occupationnel l’attention doit se porter sur les modifications possibles dans ce domaine. Changer d’emploi ou de métier pourrait apporter une solution radicale mais n’est pas toujours possible. Se rabattre sur des parades moins catégoriques peut s’envisager : modifier ses conditions de travail, se ménager des moments de détente, répertorier les difficultés rencontrées qui sont autant de cailloux dans la chaussure et en éliminer certaines. Interrompre temporairement son activité n’aura qu’un effet temporaire, il est suggéré de rechercher des activités agréables à pratiquer tous les jours, ne serait-ce que brièvement.

Dans un monde économique qui valorise le dynamisme, le rendement et l’efficacité il est tentant d’occulter les signes de burnout qui ne pourront que s’aggraver. Une intervention médicale pour analyser les causes du burnout et suggérer des parades peut naturellement s’envisager.

Commentaires de Bernard Pradines. Terrible constat de contrainte sur les individus sans possibilité constante de leur venir efficacement en aide. La parenté entre burn-out et dépression me semble plus proche que ce texte ne le laisse supposer. Ainsi, un burn-out persistant est-il à même de conduire à la dépression caractérisée. Chez la personne âgée, les critères de dépression retenus chez l’adulte ne sont pas toujours pertinents (voir HAS 2017 et DSM 5). Des formes cliniques trompeuses peuvent de rencontrer : aspect pseudo-démentiel avec troubles mnésiques, note psychotique dont délirante possible, douleurs diffuses, anxiété prédominante…

Sources

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