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Docteur, prenez soin de vous !

Publié le par Louis Lacaze

Docteur, prenez soin de vous !
Docteur, prenez soin de vous !

Les cas de burnout dans la communauté médicale américaine ont toujours atteint un niveau préoccupant avec un chiffre d’environ 400 suicides tous les ans pour se retrouver brutalement au premier plan avec le décès du Dr Lorna M Breen, responsable du service des urgences d’un des plus grands hôpitaux de New-York. Le Dr Green, rescapée du covid-19, souffrait de se sentir impuissante devant l’afflux de malades et leur taux de mortalité élevé. Après avoir suivi un traitement psychiatrique, elle a refusé de courir le risque de voir sa carrière professionnelle porter les stigmates de ce traitement et décidé de mettre fin à ses jours.

Cette réticence du personnel soignant devant les ressources de la psychiatrie a conduit les spécialistes à créer des structures permettant aux différents personnels soignants de voir que leur cas est loin d’être isolé. Des programmes pouvant s’étaler sur huit semaines au rythme de deux heures hebdomadaires permettent des échanges sur internet, des exercices de respiration, de méditation, des conversations avec des confrères spécialistes bénévoles.

L’objectif est de diminuer l’effet de burnout, d’éliminer les pensées suicidaires, de convaincre les soignants que veiller sur la santé de leurs patients implique qu’ils doivent avant tout veiller sur eux-mêmes.  Trop souvent se glisse dans l’état dépressif un sentiment de culpabilité qui peut s’exprimer ainsi : « avec davantage d’exercice physique, un meilleur régime alimentaire, je n’en serais pas là ». Il est suggéré par une lectrice que si le personnel médical ne devait pas consacrer une grande partie de son temps à des tâches administratives, à remplir des formulaires et dossiers, une cause essentielle d’usure disparaitrait. Ce qui suppose une réforme administrative d’une ampleur certaine.

Commentaires de Bernard Pradines : intéressant de savoir que cette consœur s’est suicidée au moins en partie pour ne pas « courir le risque de voir sa carrière professionnelle porter les stigmates de ce traitement ». Ceci a le mérite de pointer le fréquent et incroyable déni des problématiques psychiques dans l’univers soignant. Autrement dit, c’est la réputation du soignant qui est en jeu ici alors qu’une fracture de jambe, même occasionnée par une prise de risque inconsidéré lors des loisirs, n’aura jamais cette connotation dévalorisante. D’où le refus de s’envisager comme ayant besoin d’aide alors que dans le cas de traumatisme physique évoqué ci-dessus, l’intervention d’une équipe chirurgicale et anesthésiste est évidente et incontestable.

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Sommes-nous fâchés avec l’écrit ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.directivesanticipees.org/comment-rediger-ses-directives-anticipees/

Image issue du site : https://www.directivesanticipees.org/comment-rediger-ses-directives-anticipees/

Selon l’étude réalisée par l’Ifop pour Alliance Vita et publiée en octobre 2017 sur « Les Français et les directives anticipées »[1], on observe la très faible notoriété et le caractère très sensible de cette pratique qui consiste à exprimer par écrit et à l’avance ses volontés sur les traitements médicaux dont on souhaite ou non bénéficier après un grave accident ou à l’occasion d’une maladie grave qui ne nous permettrait plus d’exprimer notre volonté en la matière. Ainsi, une majorité écrasante de Français (86%) déclare ne pas avoir rédigé des « directives anticipées ». On peut par ailleurs penser que parmi les 14% déclarant l’avoir fait, coexistent des personnes ayant effectivement rédigé un tel texte et d’autres l’ayant sérieusement envisagé sans être pour autant passé à l’acte. Toujours est-il que cette pratique s’avère être très marginale à ce jour en France.

Par ailleurs, seulement 12 % des Français ont déclaré avoir déjà écrit leur testament en 2018[2]. Les femmes étaient plus nombreuses dans ce cas que les hommes : 14 % contre 11 %. Mais cette bouderie n’interdit pas les mécanismes implicites de transmission des biens à défaut d’écrit testamentaire. Ce qui ne trouve pas son équivalent dans le témoignage des proches lors de l’incapacité de formuler une appréciation sur l’accompagnement médical lors de la fin de la vie.

Vouloir promouvoir à tout prix -ou pire imposer- les directives anticipées, pour éviter des débats éthiques indispensables, demande pour le moins un détour obligatoire pour comprendre la désaffection dont ce « cadeau législatif » est l’objet.

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