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Ambivalence devant une décision thérapeutique

Publié le par Louis Lacaze

Ambivalence devant une décision thérapeutique

Un spécialiste en soins palliatifs constate : lorsqu’il aide ses patients à prendre des décisions ils ne sont pas prêts à la prendre dans 99% des cas. Tous les soignants professionnels ou familiaux peuvent rencontrer des situations identiques. Si la personne a des sentiments mitigés, est indécise et prend un engagement plus ou moins à contre-cœur, nous sommes devant une manifestation d’ambivalence. Nous sommes tous ambivalents lorsque nous ne pouvons tout simplement pas nous engager ou lorsque nous prenons une décision sans être totalement d’accord avec elle. Il en est de même lorsque nous demandons plusieurs choses incompatibles à la fois : le patient peut exiger de vivre sans limite et de conserver son membre inférieur gangrené ; de rentrer chez lui mais de garder l’éventail des soins disponibles à l’hôpital quand c’est impossible.  Il peut y avoir blocage : « dites-moi une bonne fois ce que je dois faire » ; « j’ai dit tout ce que j’avais à dire, maintenant prenez une décision et laissez-moi tranquille ».

La recherche a relevé différentes formes d’ambivalence qu’il est bon de connaitre si on veut avancer dans les prises de décisions tout en respectant l’autonomie de la personne :

  • La méconnaissance : je manque d’éléments pour effectuer un choix.
  • L’indécision : j’ai plusieurs options, je n’ai pas encore tranché.
  • L’hésitation : je vais, je viens entre différents choix.
  • L’anticonformisme : je contredis systématiquement mes interlocuteurs pour provoquer leur réaction, parce que je refuse ma situation en soi.
  • La politique de l’autruche : je ne suis pas intéressé, j’ai la tête ailleurs.
  • L’indifférence : j’ai bien réfléchi, je préfère autant l’option A que l’option B, je n’ai pas de véritable préférence.

Le médecin ne devra pas faire porter toute la responsabilité de l’ambivalence sur le patient. Il agira plutôt en « architecte décisionnel ». Il peut faire des recommandations. Il demandera au patient ce qui est le plus important pour lui. Il exposera les points positifs et négatifs. Après s’être assuré de l’information du patient, il restera à l’inviter à faire le saut, éventuellement avec le coup de pouce le plus délicat possible.

Référence :

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Vous avez dit « libre choix » ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.contrepoints.org/2015/08/07/217036-le-libre-choix-est-il-un-mythe

Image issue de : https://www.contrepoints.org/2015/08/07/217036-le-libre-choix-est-il-un-mythe

En France, le libre choix du médecin par le patient est un principe fondamental du système de santé. Ce droit est garanti par plusieurs textes législatifs et réglementaires, notamment le Code de la santé publique et le Code de déontologie médicale. Ceci justifie une conception libérale du système de santé.

Il ne s’agit pas du libre choix du patient par le médecin mais de l’inverse : celui du choix du médecin par le patient. Toutefois, un médecin a aussi le droit de refuser de prendre en charge un patient, hors urgence vitale, notamment s'il estime ne pas pouvoir lui apporter les soins nécessaires ou en cas de saturation de son cabinet.

Qu’en est-il vraiment en pratique ? Passons en revue diverses situations :

  • Vous voulez choisir votre médecin généraliste en ville. Bien. Encore faut-il que vous en trouviez un qui soit disponible pour vous accepter dans sa patientèle !
  • Vous entrez dans un hôpital ou une clinique. Vous aurez affaire à des équipes de soins dans lesquelles il vous sera difficile de choisir votre médecin. L’exemple des anesthésistes-réanimateurs est éloquent : vous en verrez probablement un en consultation préopératoire. Bien. Ce sera le plus souvent un autre qui pratiquera l’anesthésie locorégionale ou générale.
  • Vous habitez une ville de moyenne importance numérique. Une répartition des tâches est présente entre les divers établissements de santé. Des monopoles de fait ont été créés afin de ne pas éparpiller les tâches. Bien.  Vous n’aurez pas le choix du médecin, pas même celui de l’établissement.
  • Vous entrez en EHPAD : vous n’aurez pas le choix du médecin coordonnateur.

Au fond, pour le libre choix, je vous propose :

  • d’être parfaitement informé du réseau de santé autour de vous.
  • d’avoir des relations dans le monde médical.
  • surtout d’habiter une grande ville, d’avoir un généraliste qui vous convient et vous oriente vers des confrères spécialistes qui vous agréent.
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