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Fractures

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Fractures

Une étude récente dirigée par le Dr Carter de l’université de Cardiff révèle que les somnifères augmentent nettement le risque de fracture de la hanche chez les personnes âgées. La recherche porte sur une population variant de 500 à plus de 100 000 personnes de plus de 65 ans.

Le risque le plus élevé se manifeste au cours des deux semaines qui suivent le début de la prise de somnifères. Les nouvelles spécialités – Ambien[1], Sonata[2], Lunesta[3] – présentent les mêmes risques que les benzodiazépines classiques. Toutes augmentent fortement le risque de chutes à la suite de leur prescription.

 

Les nouveaux utilisateurs ont un risque de fracture multiplié par 2,5  par rapport aux personnes qui ne consomment pas ces médicaments. Le risque s’atténue par la suite mais ne disparaît pas totalement. Si le risque de fracture de la hanche s’élève à 53% pendant les 15 à 30 premiers jours il est toujours de 20% par la suite. Le taux de mortalité peut varier de 20 à 50% et un nombre élevé de survivants restera handicapé.

 

D’autres chercheurs regrettent que trop de médecins se précipitent sur les somnifères alors que des alternatives existent : un peu d’exercice physique avant le coucher, pas de caféine à partir de 3 h de l’après-midi, peu ou pas de consommation d’alcool et une bonne hygiène de sommeil. Avant de prescrire un somnifère il est impératif vérifier que la patient évolue dans un environnement sécurisé.

 

A noter toutefois que les médecins, s'ils sont bien décisionnaires car prescripteurs, sont soumis à une intense pression des patients et de leurs entourages lorsque les insomnies sont mal vécues par les uns ou par les autres. Il s’agit donc, au sens premier de ces termes, d'un vrai problème d'éducation thérapeutique.

 

Source :

Sleeping Pills Boost Danger of Falls, Fractures in Older Users

https://medlineplus.gov/news/fullstory_165143.html


[1] Zolpidem commercialisé aussi en France sous le nom de STILNOX

[2] Zaleplon non commercialisé en France

[3] Ezoplicone non commercialisé en France

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Prescription d’antipsychotiques dans les cas de démence ?

Publié le par Louis Lacaze

Après avoir noté que les antipsychotiques, souvent prescrits aux patients atteints de démence, ne réussissaient que très imparfaitement à supprimer les problèmes de comportement et pouvaient avoir des effets secondaires graves, le Dr Jennifer Tjia de l’école de médecine de l’université du Massachussetts a publié une étude sur le sujet.

Le Dr Tjia part du principe que lorsque les bébés pleurent, on cherche à découvrir quels besoins ils expriment. Par contre lorsqu’un dément, qui est dans l’incapacité de communiquer, se comporte de façon jugée inacceptable, on lui prescrit un antipsychotique. L'auteure écrit que les résidents doivent être considérés comme des êtres humains, pas comme des patients à problèmes. Elle a donc cherché à former des soignants dans près de cent établissements pour leur permettre d’accepter l’idée qu’un comportement hors normes est en fait le signe d’une exigence insatisfaite et que le recours à des antipsychotiques devrait être écarté.

A la suite d’une formation étalée sur trois mois, les résultats obtenus par les établissements où elle avait été dispensée ont été comparés à ceux qui n’avaient pas suivi le programme. Les prescriptions d’antipsychotiques avaient baissé de 22,3% au bout de neuf mois dans les premiers, à comparer avec une baisse relative de 17,2% dans les établissements qui n'avaient pas suivi le programme. Toutefois, ce bénéfice devait s'estomper à long terme, nécessitant en principe un effort soutenu dans le temps.

 

Commentaires de Bernard Pradines : l'objectif qualificatif de baisse ou d'arrêt des antipsychotiques est louable, ne serait-ce que du fait des effets adverses nombreux dont un risque accru de mortalité. L'étude décrite ci-dessus montre une efficacité temporaire et limitée d'un programme de formation des intervenants. Il convient alors de s'interroger sur la persistance de telles prescriptions au même niveau sur le long terme.

Parmi les questions posées, en voici quelques unes :

Efficacité des antipsychotiques, au moins dans certaines situations ?

Formation insuffisante, qualitative et quantitative, des intervenants ?

Personnels trop peu nombreux pour accompagner les résidents lors de soins confortables et dans des activités de distraction ?

Nécessité d'un soutien des équipes soignantes ? Ambiance de soins ?

Locaux inadaptés ?

Sources:

 

 

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