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Le mieux est parfois l’ennemi du bien

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Le mieux est parfois l’ennemi du bien

Diabète sucré (chiffre durablement et anormalement élevé du glucose sanguin) et hypertension artérielle (chiffres anormalement élevés de la pression artérielle) sont des facteurs de risque vasculaire bien connus dont la fréquence (prévalence et incidence) augmente avec l’âge.

Chacune de ces pathologies requiert un traitement. Ainsi, il est intéressant de savoir si les traitements de ces deux affections ne peuvent pas à leur tour être dangereux chez les personnes âgées. En effet, il est fréquent que les substances médicamenteuses incriminées dépassent leur objectif en faisant courir les risques redoutables respectifs l’hypoglycémie et de l’hypotension.

Une étude menée par une équipe de Michigan (USA) tente de répondre à cette question. Les résultats sont publiés par Sussman (Sussman et al, 2015) portant sur 211 667 patients diabétiques âgés de plus de 70 ans recevant un traitement actif [1] au cours de l’année 2012. Une pression artérielle [2] « très basse » était définie par des chiffres inférieurs à 120/62 mm Hg. La pression artérielle était qualifiée de « modérément basse » si la systolique [3] était comprise entre 120 et 129 mm Hg et la diastolique inférieure à 65 mm Hg.

Pour le glucose, les auteurs ont décidé que le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) [4] devait être considéré comme « très bas » pour des valeurs inférieures à 6 %. Il était qualifié de modérément bas pour des valeurs de 6 % à 6,4 %.

Les résultats révèlent que plus de la moitié des participants présentaient des niveaux « modérément bas » ou « très bas » de la pression artérielle.

Un peu plus de 20 % des patients traités pour diabète présentaient des taux anormalement bas d’HbA1c (inférieurs à 6,5 %).

Seulement 18,8 % de ceux qui avaient une tension « très basse » (moins de 120/65 mm Hg) avaient vu leur traitement antihypertenseur réduit.

Côté diabète, 27% seulement parmi ceux qui avaient un taux d’hémoglobine glyquée très bas (HbA1c < 6%) avaient vu apporter une réduction à leur traitement antidiabétique.

Source :

Sussman JB, Kerr EA, Saini SD, Holleman RG, Klamerus ML, Min LC, Vijan S, Hofer TP. Rates of Deintensification of Blood Pressure and Glycemic Medication Treatment Based on Levels of Control and Life Expectancy in Older Patients With Diabetes Mellitus. JAMA Intern Med. 2015 Dec 1;175(12):1942-9.


[1] Précision pour les professionnels de la santé : les traitements actifs considérés ici excluent les IEC et les ARA2 ainsi que la metformine

[2] Pression artérielle : dans le grand public, on parle de « tension artérielle »

[3] On parle de systolique pour le chiffre le plus haut parmi les deux qui sont habituellement rapportés. Le chiffre de la diastolique est le plus bas. Par exemple, si la pression artérielle est de 130/80 mm Hg, la systolique est égale à 130 mm Hg et la diastolique à 80 mm Hg.

[4] L’hémoglobine glyquée (HbA1c) permet d'évaluer l’équilibre glycémique sur une plus longue période (environ 2 à 3 mois) que la seule glycémie qui est un examen reflétant l’état instantané de la glycémie sanguine. L’HbA1c représente la fraction d’hémoglobine liée au glucose ; c’est pourquoi elle est exprimée en pourcentage.

Publié dans prévention, médicaments

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Entretenir son cerveau ?

Publié le par Louis Lacaze

Entretenir son cerveau ?

Dans la quasi-totalité de la population, à partir de 55 ans, la masse de l’hippocampe, zone très importante pour les facultés mémorielles, diminue de 1 à 2 % par an.

Toute une industrie exploite ce fait avec une publicité agressive pour des produits censés améliorer la mémoire et les capacités de concentration des seniors en particulier. Si la performance peut s’améliorer pour un exercice précis, un jeu mathématique par exemple, les tests mesurant l’ensemble des capacités cognitives ne révèlent aucun progrès mesurable. On a pu toutefois noter pour les sujets âgés de plus de 60 ans que certains exercices pouvaient sensiblement améliorer les fonctions cognitives.

Si les résultats d’une gymnastique mentale n’aboutissent qu’à des résultats décevants, l’exercice physique semble plus prometteur. On avait pu noter que des souris qui tournaient dans une roue pendant 45 jours avaient un hippocampe plus riche en neurones que celui de leurs compagnes sédentaires. Des travaux récents publiés dans le Journal of American Geriatry Society ont révélé que des femmes qui faisaient de l’exercice deux fois par semaine perdaient moins de neurones que celles qui ne s’entrainaient qu’une seule fois. L’exercice favoriserait la production d’une protéine (Brain-derived neurotrophic factor : BDNF) qui favoriserait la formation et la croissance de nouveaux neurones.

Une autre équipe de chercheurs a publié dans le journal Neurology une étude portant sur le régime alimentaire de 574 séniors d’un âge moyen de 80 ans. Le volume de ceux qui suivaient un régime dit méditerranéen, essentiellement à base de légumes et de poisson, était supérieur à celui du groupe témoin. La différence correspondait à un vieillissement de cinq ans. 

Il a aussi été noté que les personnes socialement bien intégrées voyaient leurs facultés cognitives baisser deux fois moins vite que celles des personnes solitaires. La conclusion parait évidente : pour bien vieillir il est préférable d’oublier les produits miracles, de manger davantage de poisson que de viande, de se mettre en tenue de sport et d’aller courir ou faire de la culture physique en compagnie de ses amis.

Sources

Richard A. Friedman Can You Get Smarter?

http://www.nytimes.com/2015/10/25/opinion/sunday/can-you-get-smarter.html?emc=edit_tnt_20151023&nlid=67268624&tntemail0=y

Kirk I. Erickson et al The Aging Hippocampus: Interactions between Exercise, Depression, and BDNF

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3575139/

Bolandzadeh N et al Resistance Training and White Matter Lesion Progression in Older Women: Exploratory Analysis of a 12-Month Randomized Controlled Trial.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26456233

Karen A. Ertel et al Effects of Social Integration on Preserving Memory Function in a Nationally Representative US Elderly Population

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2424091/

Yian Gu et al Mediterranean Diet May Keep Your Mind Healthier in Old Age

https://www.nlm.nih.gov/medlineplus/news/fullstory_155266.html

 

Publié dans prévention

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