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soins palliatifs

Inégalité d’accès aux soins palliatifs dans le monde

Publié le par Louis Lacaze

La revue médicale The Lancet a créé une commission visant à généraliser les soins palliatifs et à lutter contre la douleur à l’échelle mondiale. Ses constatations ont de quoi révolter.

Seuls 2% des patients des pays pauvres ont  accès aux soins palliatifs. Si plus de 298 tonnes d’opiacés et dérivés sont consommés annuellement dans le monde, seulement  500 kg atteignent le dernier décile des pays les plus pauvres. Un patient ne recevra que 10 mg d’équivalent-morphine par an dans un pays pauvre alors que les pays riches en consomment 47 000 mg annuellement par patient, bien plus que nécessaire d’après les auteurs de la publication des données collectées par  la commission (Knaul et al, 2017).

 

Ce désintérêt pour la lutte contre la douleur peut certes s’expliquer par des causes financières mais aussi par une méfiance injustifiée envers les opiacés, la crainte que les patients soient  contaminants ou le manque de motivation chez le personnel soignant. Le cas des enfants est particulièrement préoccupant. Dans les pays riches, seulement 1% des enfants qui souffrent chaque année n’ont pas accès aux antalgiques.  Cette proportion s’élève à 30% dans les pays pauvres.

 

La commission a composé un kit d’urgence de soins palliatifs visant à soulager la souffrance à un moindre coût. Il comprend des médicaments bon marché et un matériel basique qui ne représente que 2% du budget de la santé de la majorité des pays pauvres. A l’échelle mondiale ce coût est extrêmement faible et tout à fait à la portée d’organisations telles que la Banque Mondiale, l’OMS et l’UNICEF.

 

Sources :

Knaul FM, Farmer PE, Krakauer EL, De Lima L, Bhadelia A, Jiang Kwete X, Arreola-Ornelas H, Gómez-Dantés O, Rodriguez NM, Alleyne GAO, Connor SR, Hunter DJ, Lohman D, Radbruch L, Del Rocío Sáenz Madrigal M, Atun R, Foley KM, Frenk J,  Jamison DT, Rajagopal MR; Lancet Commission on Palliative Care and Pain Relief Study Group. Alleviating the access abyss in palliative care and pain relief-an imperative of universal health coverage: the Lancet Commission report. Lancet. 2017 Oct 11.

 

The Lancet commissions http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(17)32513-8.pdf

Poor people in all parts of the world live and die with little or no palliative care or pain relief. Staring into this access abyss, one sees the depth of extreme suffering in the cruel face of poverty and inequity.

 

 

Et des présentations :

Profile : Felicia Marie Knaul: advocate for better pain relief and palliative care

http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(17)32663-6.pdf   

The time before her father died of stomach cancer in 1984 had a lasting impact on Felicia Knaul. “Each day brought new and ever-more challenging horrors—bone metastases popping up throughout his body...lungs filling with fluid and agonising, rattling breathing for which for several days I could do little other than keep his head elevated to stop him from drowning”

 

 

http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lanres/PIIS2213-2600(17)30384-3.pdf

Universal coverage for palliative care in respiratory disease and critical care

Too many people live and die with serious health-related suffering. The Lancet

Commission on palliative care and pain relief is a powerful reminder of the global need to address this issue. The authors estimate that worldwide, 25·5 million people die with suffering and more than 6 billion days are lived with suffering each year.

 

Pourquoi ne pas balayer devant notre porte :

 

Pr Serge Perrot, spécialiste de la douleur à l’hôpital Cochin - Hôtel Dieu à Paris.

Près de 40% des malades du cancer devraient bénéficier d'un traitement antidouleur

http://www.francetvinfo.fr/sante/soigner/pres-de-40-des-malades-du-cancer-devraient-beneficier-d-un-traitement-antidouleur_2424111.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20171019-[lesimages/image3]

http://www.allodocteurs.fr/j-ai-mal/pres-de-40-des-malades-du-cancer-devraient-beneficier-d-un-traitement-antidouleur_23446.html

 

Douze millions de Français souffrent de douleurs chroniques. Pourtant, 70% d'entre eux ne reçoivent pas un traitement approprié. Les explications du président de la SFETD, le Pr Serge Perrot, spécialiste de la douleur à l’hôpital Cochin - Hôtel Dieu à Paris.

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Droit de mourir et aide à mourir

Publié le par Bernard Pradines

Photo AFP

Photo AFP

Madame Marie Imbert, la mère de Vincent Imbert, est décédée dans la nuit du 4 au 5 août 2018 des suites d'une longue maladie à l’âge de 63 ans. A l‘écoute des chaines continues télévisées d’information le jour même, qu’elles soient publiques ou privées, j’entendis de manière répétitive que cette personne avait « aidé à mourir » son fils en 2003. Puis il est rapporté qu’elle s’est engagée pour le « droit de mourir » éventuellement assorti de dignité.

Il n’est pas question pour moi de dénigrer une personne qui, avec grande sincérité, a défendu des opinions partagées par nombre de citoyens dans le monde entier. Surtout à l’heure où elle ne peut plus me répondre.

Non. Il est simplement intéressant de reprendre les termes qui furent employés par les médias sans précautions et sans guillemets.

Il est aisé de constater que tout le monde a le « droit de mourir », ne serait-ce que par l’évidence de la nécessité biologique en ce sens. Ceci signifie rarement qu’une personne souhaite qu’il soit mis fin à ses jours. Ne souhaitons pas le temps où ce droit deviendrait un devoir pour alléger le poids de la solidarité pesant sur l’économie libérale.

Pour moi, « l’aide à mourir », c’est soigner, aider et accompagner une personne dans la dernière partie de sa vie. Les soins palliatifs en sont l’illustration la plus prégnante. Ce n’est que rarement qu’il est mis volontairement fin à la vie de quelqu’un, à sa demande ou non : euthanasie, suicide assisté, meurtre, assassinat. N’ambitionnons pas le jour où, sans en préciser la méthode, il serait de bon ton d’aider tout un chacun à mourir.

Ces qualificatifs ont pourtant une signification, consciente ou non, dans l’esprit de ceux qui les prononcent. Ils ne prennent pas la mesure du risque d’institution de politiques expéditives lors de la fin de la vie. Toujours bien sûr sous couvert de la sacro-sainte liberté de l’individu.

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