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Ambiguïté et traumatisme

Publié le par Papi

Ambiguïté et traumatisme

Dans son commentaire du texte « la main » le Dr Pradines signale que Papi est visiteur « de personnes âgées dépendantes ou malades ». Je vais donner, à mes risques et périls, une interprétation tout à fait personnelle de cette précision.

La situation est certes rare avec des résidentes âgées et malades mais j’ai eu l’occasion de la rencontrer : celle de l’ambiguïté liée au genre. Ainsi, j’ai pu maîtriser une situation avec humour en permettant à la résidente de sauver la face et de sourire à son tour. J’ai pourtant été frappé de voir que, dans une telle situation, une infirmière pouvait être gravement traumatisée. J’ai aussi été surpris de la réaction d’une visiteuse choquée qui refusait de revoir un résident qui s’était montré « entreprenant ».

Je n’ai pas la prétention de juger quiconque.

Je considère que ces situations méritent plus qu’une réaction instinctive mais une réflexion approfondie, plus sécurisante. Avoir conscience qu’on est devant une pathologie qui limite le discernement de la personne n’élimine donc pas le risque de traumatisme. Une formation du personnel soignant -et des visiteurs- visant à les préparer à faire face à de telles situations existe-t-elle ?

Publié dans sexualité, visite

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De quoi pourrai-je donc parler au cours de mes visites ?

Publié le par Papi

Après les considérations d’usage portant sur la météo et l’état de santé de la personne âgée, un visiteur peut être pris de court. S’il a souvent rencontré cette personne il peut avoir l’impression qu’il n’y a plus rien à dire. S’il s’agit d’une première visite, la hantise de rester muet n’est jamais très loin. Paula Scott, spécialiste américaine des relations avec les seniors, a inspiré bon nombre des réflexions qui suivent.

On doit éviter une question du genre « quel est le meilleur souvenir de votre enfance ? » qui ressemble à un interrogatoire et exige par ailleurs d’une personne qui peut être intellectuellement diminuée un effort de réflexion, On peut très bien demander « vous pourriez me parler de…». Ce n’est plus une question mais une proposition.

Une visite peut se préparer. On peut apporter une carte postale ancienne, le plan de la ville où la personne a vécu autrefois chargé sur Internet, de vieilles photos, un livre de recettes, un outil dont on se fera expliquer le fonctionnement…

Quelques pistes sont suggérées :

Parlez-moi de ce vêtement. Vous l’avez acheté ou on vous l’a offert ?

Parlez-moi des fleurs de votre jardin / de votre première voiture.

Parlez-moi de votre métier / de votre premier salaire / de vos compagnons de travail / de vos horaires.

On doit bien garder à l’esprit qu’il s’agit avant tout de briser la solitude du résident en l’écoutant, en n’hésitant pas à poser des questions supplémentaires. Fouiller le passé demande de la prudence. Certains sujets devront être abandonnés dès l’apparition d’une certaine gêne. D’autres risquent de faire remonter des souvenirs pénibles : ils peuvent donner au visiteur l’occasion de déculpabiliser le résident - parfois dépressif - en lui démontrant qu’il n’est pas responsable d’un évènement où la fatalité a joué un rôle majeur. Inversement beaucoup de sujets permettent au visiteur de valoriser une personne âgée en lui donnant l’occasion d’exposer et de partager ses compétences d’autrefois, en soulignant ce qu’elle a apporté à sa famille, ses proches et à l’ensemble de la société au cours de sa vie.

Publié dans visite

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