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Covid-19 : les grands-parents aident un enfant qui a perdu un parent

Publié le par Louis Lacaze

Covid-19 : les grands-parents aident un enfant qui a perdu un parent

Plus d’un million d’enfants dans le monde ont perdu au moins un parent d’après The Lancet[1], sans parler de tous ceux qui se sont retrouvés longtemps séparés de membres de leur famille hospitalisés pour cause de covid-19. Jusqu’à maintenant peu d’études ont été consacrées aux blessures psychologiques subies par ces enfants et à l’aide que les membres toujours présents de la famille, dont les grands parents, pouvaient leur apporter.

Il est facile de se représenter le traumatisme entrainé par le spectacle d’un parent pouvant souffrir de dyspnée aiguë et de douleurs constantes pendant un mois avant de décéder, de savoir que l’épidémie n’a pas de fin prévisible et est à même de frapper à nouveau dans la famille. Un enfant peut se sentir coupable d’avoir introduit le virus chez lui à partir du contact avec un camarade. Si d’après une étude[2] de 2011 le chagrin d’un enfant diminue d’intensité au bout d’une année dans 50% des cas, ce délai peut atteindre 31 mois pour 33% d’entre eux et presque trois ans pour 10%.

Les enfants ne peuvent pas gérer leur chagrin sans une aide extérieure apportée par un adulte dont il se sent proche, en qui il a une totale confiance. Les grands parents se retrouvent avec un rôle crucial à jouer, d’abord en expliquant que ressentir du chagrin est une réaction normale et que chacun peut réagir différemment, avec des manifestations visibles ou discrètes. La mort devra être dédramatisée en évitant les grandes théories mais par de petites conversations parsemant la vie quotidienne. Ils pourront accompagner l’enfant tout au long des cinq étapes suggérées par le psychologue J. William Worden[3]: sortir de l’étape du déni et accepter le caractère définitif de la perte, accepter de ressentir du chagrin, s’adapter à un nouvel environnement où le parent décédé n’est plus là, bâtir une connexion durable avec lui en réfléchissant éventuellement à tout ce qu’elle a pu vous apporter. Si cette dernière étape peut être longue et délicate, seule elle permettra d’allier au souvenir de la personne disparue la possibilité d’envisager de nouveaux projets dans une vie nouvelle.


[1] Hillis SD, Unwin HJT, Chen Y, Cluver L, Sherr L, Goldman PS, Ratmann O, Donnelly CA, Bhatt S, Villaveces A, Butchart A, Bachman G, Rawlings L, Green P, Nelson CA 3rd, Flaxman S. Global minimum estimates of children affected by COVID-19-associated orphanhood and deaths of caregivers: a modelling study. Lancet. 2021 Jul 31;398(10298):391-402.

[2] Melhem NM, Porta G, Shamseddeen W, Walker Payne M, Brent DA. Grief in children and adolescents bereaved by sudden parental death. Arch Gen Psychiatry. 2011 Sep;68(9):911-9. doi: 10.1001/archgenpsychiatry.2011.101. Erratum in: JAMA Psychiatry. 2019 Dec 1;76(12):1319.

Publié dans Covid-19

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Se sentir seul n’est pas systématiquement corrélé à l’isolement social

Publié le par Louis Lacaze

Se sentir seul n’est pas systématiquement corrélé à l’isolement social

On peut souffrir de solitude en n’étant jamais seul dans un univers limité. C’est le cas lorsqu’on aimerait avoir davantage de contacts avec le monde extérieur que ceux dont on dispose. Le sentiment est donc totalement subjectif, ce qui explique la disparité des chiffres publiés dans des études qui peuvent varier de 43% à moins de 5% de personnes âgées concernées. Une étude anglaise a relevé que, au cours des 4 dernières années de leur vie, 70% de personnes âgées se sentaient parfois seules et 25% souvent seules.

Les médecins n’abordent pas toujours le problème de la solitude au cours d’une consultation.

De son côté, le patient s’attend à recevoir une aide de son médecin qui, avant de rédiger son ordonnance, doit prendre le temps de lui demander pourquoi il se sent seul et attacher autant d’importance à sa description des symptômes qu’à celle qui sont décrites dans les pathologies classiques suspectées. Les travailleurs sociaux et les aidants peuvent créer de bonnes bases visant à établir un réseau de relations. Par exemple, des commerçants souffrant de ne plus avoir de contacts avec la clientèle ont pu rejoindre des structures d’aide aux démunis par exemple.

Il n’est pas interdit de penser qu’en élargissant son intervention au domaine de la dépendance avec le cinquième risque, la Sécurité sociale française apporterait une contribution essentielle à la lutte contre la solitude.

Commentaires de Bernard Pradines :

Nous avons souligné ici à plusieurs reprises la confusion entre isolement et solitude. Combien de solitudes dans la promiscuité ? Combien de personnes souhaitant demeurer dans un isolement qu’elles vivent comme protecteur ? La quête de déculpabilisation de l’entourage des personnes intéressées et de la société toute entière consiste à rompre l’isolément à tout prix, car il est ressenti comme un abandon des personnes âgées.

Se préoccuper de la volonté des principaux concernés est une idée neuve. Il faudra beaucoup de temps encore avant qu’elle se généralise.

Source :

Publié dans solitude, éthique

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