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Les soins palliatifs. Pour qui ? Á quel moment ?

Publié le par Louis Lacaze

Les soins palliatifs. Pour qui ? Á quel moment ?

Kate Courtright, connue pour ses recherches en soins intensifs et en soins palliatifs cherche à appliquer les avancées en ce domaine à l’ensemble des patients, pas seulement aux effectifs sélectionnés sur lesquels travaillent les chercheurs. Autrement dit comment passer de l’efficacité dans l’étude à la performance sur le terrain ?

Des questions fondamentales sont abordées, la première étant de savoir qui doit recevoir des soins palliatifs. Comme les spécialistes dans ce domaine sont en nombre insuffisant, il ne sera pas possible de répondre à la demande. Doit-on proposer à tous les patients atteints d’affections graves l’ensemble de la large palette des soins palliatifs ?

Nombre de patients gravement atteints présentent des besoins psychosociaux, physiques et mentaux, comme en fin de vie.

Quand faire intervenir les soins palliatifs ? Très tôt, dès le diagnostic de pathologie chronique grave ? C’est au spécialiste en soins palliatifs d‘étudier le cas et de planifier son intervention.

Comment ne pas froisser les égos des cliniciens habituels qui ont une connaissance parfaite des patients ? Ils sont incontournables mais ils sont toujours pressés. Le spécialiste en soins palliatifs peut les aider à réfléchir au pronostic qui risque de suivre leur diagnostic.

Le handicap principal est le nombre insuffisant de spécialistes en soins palliatifs dans toute la chaine des soins.

Commentaires de Bernard Pradines. En France, comme ici aux USA, une tendance se fait jour de faire bénéficier des soins palliatifs des personnes qui sont loin de la veille de leur décès. Ceci se justifie par l’expérience acquise dont les spécialistes des soins palliatifs pensent à juste titre qu’elle pourrait aider des malades chroniques. Au plan théorique, cette option se justifie par le fait qu’est considéré comme palliatif un soin qui ne guérit pas le patient (soin curatif) ou qui ne supporte pas une fonction vitale tel que la nutrition artificielle, l’hémodialyse, la ventilation artificielle… (soins de substitution).  Un large éventail est ainsi ouvert qui fait venir un nouveau spécialiste sur le terrain des praticiens habituels, d’où « l’égo froissé ». Surtout, les mots font peur ; ainsi les soins palliatifs évoquent-t-ils la toute fin de vie. Voici comment la sémantique est un obstacle supplémentaire à l’amélioration des soins !

Source :

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Elisabeth II morte de vieillesse ?

Publié le par Bernard Pradines

Andrea Berzlanovich, image issue du site :  https://toolbox-opferschutz.at/BerzlanovichAndrea Berzlanovich, image issue du site :  https://toolbox-opferschutz.at/Berzlanovich

Andrea Berzlanovich, image issue du site : https://toolbox-opferschutz.at/Berzlanovich

Bon, vous allez penser que je sombre dans le complotisme ou que j’émets des théories fumeuses comme nous avons pu en inhaler au long de la crise sanitaire de la Covid-19.

J’ose pourtant vous communiquer ce que je lis sur le site de « Femme Actuelle » et qui est repris ici ou là à l’envi : la reine Elisabeth II est morte de vieillesse !

Je cite « Femme Actuelle » :

« Le certificat de décès d'Elizabeth II mentionne ainsi une mort naturelle : sans surprise, c'est de "vieillesse" que la reine a succombé. » 

Outre le fait que l’on peut s’interroger sur la divulgation du diagnostic de la cause de décès de quiconque, une question de fond se pose : est-il possible de mourir de vieillesse à 96 ans ?

Si l’on en croit Andrea Berzlanovich, c’est bien peu probable. Cette médecin légiste autrichienne nous fournit deux publications qui devraient rendre plus prudente toute affirmation dans ce domaine.

En 2003, cette auteure[1] examine 24 081 autopsies consécutives réalisées sur 10 ans (de 1989 à 1998) à l'Institut de médecine légale de Vienne dans le but de déterminer les causes de décès chez les personnes très âgées. Elle s’intéresse aux autopsies des personnes âgées de 85 ans ou plus décédées de façon inattendue à l'extérieur de l'hôpital. Autrement dit, sans cause identifiée du décès.

L'âge moyen des 1886 patients (561 hommes et 1325 femmes) au moment du décès était de 88 ± 3 ans (extrêmes, 85 à 108 ans). Trente et un pour cent (n = 588) des personnes décédées ont été décrites comme ayant été auparavant en bonne santé. Les maladies cardiovasculaires étaient la cause de décès la plus fréquente (n = 1465 [77 %]). Treize pour cent (n = 246) sont décédées de maladies respiratoires, 5 % (n = 94) de troubles gastro-intestinaux et 3 % (n = 53) de maladies du système nerveux central. Les maladies génito-urinaires et métaboliques étaient rares.

Et Berzlanovich de conclure : « bien que cet échantillon extra-hospitalier ne soit pas représentatif de l'ensemble de la population âgée, les examens post-mortem soulignent l'importance des maladies cardiovasculaires dans les décès inattendus chez les personnes âgées. »

Si mon calcul est exact, au moins 98% des autopsies pratiquées ont pu retrouver une pathologie à l’origine du décès.

Plus catégorique encore, la même auteure[2] étudie en 2005 les autopsies de 40 centenaires, il est vrai d’âge moyen de 102 ans, soit six ans de plus que la célèbre décédée. Nous en avons déjà fait état en 2014.

En résumé, tous les 40 centenaires sont décédés d’une maladie, dans deux cas sur trois d’une pathologie cardio-vasculaire.

Qu’en déduire sinon que la prévention et la surveillance des maladies cardio-vasculaires doivent intéresser toutes celles et ceux qui veulent vivre… vieux ?


[1] Berzlanovich AM, Keil W, Waldhoer T, Sim E, Fasching P, Fazeny-Dörner B. Do centenarians die healthy? An autopsy study. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2005 Jul;60(7):862-5.

[2] Berzlanovich AM, Missliwetz J, Sim E, Fazeny-Dörner B, Fasching P, Marosi C, Waldhoer T, Muhm M. Unexpected out-of-hospital deaths in persons aged 85 years or older: an autopsy study of 1886 patients. Am J Med. 2003 Apr 1;114(5):365-9.

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