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295 résultats pour “patient idéal

Les personnes âgées reçoivent-elles les analgésiques avec retard aux Urgences ?

Publié le par Bernard Pradines

C'est la question que s’est posée une équipe canadienne (Daoust et al, 2013) qui s'est intéressée aux patients présentant des douleurs modérées à sévères cotées au-dessus de 4 sur une échelle numérique allant de 0 à 10. L'étude a été menée de mars 2008 à décembre 2012.

Des patients adultes de plus de 18 ans et ceux qui avaient plus de 65 ans ont été comparés. Au total, les données concernant 34 213 patients avec une douleur d'intensité 7,6 (± 1,8) ont été envisagées. Résultats : des analgésiques ont été administrés à 20 486 patients dans un temps médian de 2,3 heures. Pour les plus âgés, le temps médian était de 3,2 heures à mettre en perspective avec celui des moins de 65 ans : 2,1 heures.

Les plus de 65 ans attendaient 12 minutes de plus pour être évalués par un médecin, 20 minutes de plus pour la prescription analgésique et 35 minutes de plus pour l'administration du médicament.

Cette étude fait écho à celle de Cinar (Cinar et al, 2012) aux USA qui concluait à une temps d'attente supérieur de 10 minutes pour l'obtention de la dose initiale d'analgésique chez les patients âgés.

Remarque de l'auteur de ce site : un délai supérieur à 2 heures entre l'admission et l'administration d’analgésique semble déjà long. Car il faut compter aussi avec le délai d'action de ces substances. Que penser alors de 3,2 heures ? Certes, la méthodologie peut toujours être critiquée. Mais à propos d'un échantillon de 34 213 patients, comment ne pas s'interroger ?

Par ces temps d'évaluation tous azimuts quant à la gestion parcimonieuse de la santé de nos anciens, quand lirons-nous les résultats d'une étude comparable en France ?

Sources :

Daoust R, Paquet J, Lavigne G, Sanogo K, Chauny JM. Senior patients with moderate to severe pain wait longer for analgesic medication in EDs. Am J Emerg Med. 2013 Dec 14.

Cinar O, Ernst R, Fosnocht D, Carey J, Rogers L, Carey A, Horne B, Madsen T. Geriatric patients may not experience increased risk of oligoanalgesia in the emergency department. Ann Emerg Med. 2012 Aug;60(2):207-11.

Publié dans douleurs

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Que regardez-vous, le patient devant vous ou l’écran de votre ordinateur ?

Publié le par Louis Lacaze

Que regardez-vous, le patient devant vous ou l’écran de votre ordinateur ?

Le Dr Milton Parker, professeur de médecine, cardiologue de renommée internationale consulte une consœur, spécialiste réputée.

Elle entre, se présente, s’installe devant son ordinateur et me pose une série de questions. A aucun moment son regard ne se pose sur moi. Elle m’annonce qu’elle va me prescrire quelques examens. Lorsque je comprends que la consultation tire à sa fin je lui demande son avis ; elle me répond qu’elle ne peut rien dire tant qu’elle ne connait pas les résultats, qu’il faut attendre. Son regard se pose enfin sur moi quand elle me dit au revoir. Je ne note aucune émotion, aucune connexion, aucune empathie. Une fois sorti de la salle de consultation la réceptionniste me demande quand le docteur doit me revoir. Je trouve la question bizarre. Quand m’a-t-elle vu une première fois ?  

Les commentaires des médecins qui suivent l’article du Dr Parker ne manquent pas d’intérêt, en voici quelques-uns :

- Un oncologue déclare au cours d’une réunion du personnel soignant qu’il a l’impression de soigner un ordinateur et non pas un patient.

-  Un médecin place son ordinateur de telle façon qu’il peut à la fois regarder le patient et remplir les formulaires. Il explique au patient pourquoi il adopte cette position pour qu’il sache que c’est bien lui qui est l’objet de son attention.

- Un commentateur propose une théorie : les jeunes médecins ont grandi entourés d’ordinateurs, d'iPhones, de tablettes etc. Ils sont plongés dans un univers qui n’a pas obligatoirement que des bons côtés.

- Le médecin doit garder en mémoire que s’il voit le trentième patient de la journée, le patient voit son premier médecin.

- Un chef de service fait deux recommandations à ses yeux essentielles aux internes : veillez à établir un contact physique avec le patient au moins une fois (cou, visage, abdomen) et posez votre stéthoscope au moins une fois sur le cœur et les poumons. Il ne pourra pas dire à la consultation suivante « le dernier médecin que j’ai vu ne m’a pas examiné », remarque que j’entends régulièrement. Si mes patients arrivent légèrement contrariés d’avoir dû patienter dans la salle d’attente, ils repartent avec un sourire et un grand merci en déclarant « vous êtes le premier médecin qui a pris la peine de m’écouter ».

Source :

Publié dans éthique, médecin, respect

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