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295 résultats pour “patient idéal

Les soins neuropalliatifs ont toute leur place en gériatrie

Publié le par Louis Lacaze

 Les soins neuropalliatifs ont toute leur place en gériatrie

USA : longtemps cantonnés dans le domaine des cancers, les soins palliatifs ont progressivement occupé ceux de la cardiologie, des bronchopathies chroniques, puis rejoint la neurologie pour répondre aux besoins et créer une branche nouvelle : les soins neuropalliatifs.

Les patients atteints de maladies neurologiques demandent un suivi particulier. Un malade atteint de la malade de Parkinson présente un profil très différent de celui souffrant d’un cancer.

Une grande différence porte sur le recours immédiat aux soins neuropalliatifs dès l’établissement du diagnostic d’une dégénérescence neurologique, avant que l’autonomie du patient ne soit trop fortement diminuée. Des soins neuropalliatifs permettront de découvrir si le patient souffre de problèmes de culpabilité, de chagrin, de solitude, de dépression.

L’intervention du neurologue permet au gériatre d’adapter son intervention auprès des patients. Celui qui se doute fortement qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer ne va pas réagir comme celui qui n’en avait pas la moindre idée. Le médecin va constamment s’interroger : je montre bien que mon patient reçoit toute mon attention ? Aucun signe révélateur ne m’échappe ? Comment être sûr que je ne parle pas trop, alors que dans une enquête un malade en phase terminale a pu déclarer qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un prêt à l’écouter ? Il reste une dernière épreuve à aborder : comment révéler le diagnostic quand le mot démence terrorise plus que le mot cancer ?

Commentaires de Bernard Pradines : à l’écoute d’autres types d’organisations des soins que celles qui sont instituées en France, je suis toujours étonné par l’utilisation de néologismes, de termes inconnus, de concepts ignorés ou de répartition différente des rôles. Le fait que les soins palliatifs ont été et sont encore largement dominés par l’oncologie[1] est un phénomène observé aussi en Europe. Ainsi, ce sont environ 80 % des patients bénéficiant de ce type de soins, au moins de manière formelle, qui souffrent de cancers, souvent en phase terminale dans notre pays. La seule pathologie neurologique vraiment mise en avant dans ce contexte est la sclérose latérale amyotrophique (SLA) encore appelée maladie de Charcot. Intéressant de noter que des troubles de l’humeur peuvent relever des soins « neuropalliatifs » alors qu’ils seront davantage la préoccupation des médecins traitants, des gériatres et des psychiatres et des psychologues en France. Quant au diagnostic de maladie d’Alzheimer, il peut relever ici aussi du neurologue. Mais il ne s’agit pas d’un passage obligé, les médecins et neuropsychologues cités ci-dessus pouvant aussi, éventuellement avec l’aide d’une consultation mémoire ou à l'intérieur de celle-ci, poser le diagnostic. Ce diagnostic pose un problème particulier qui n’est généralement pas rencontré chez les patients souffrant d’autres affections : celui de l’oubli par celui qui le reçoit. Un oubli qui trouve bien sûr son origine dans les troubles mnésiques (trouble de la mémoire) mais aussi dans l’anosognosie (non-reconnaissance de la maladie par le patient lui-m^me) voire dans le déni commun aux autres pathologies. Devra-t-on répéter le diagnostic au prorata du délai de perte de mémoire ? Assurément non vous répondra celui qui s’est confronté à cette problématique.


[1] Wikipedia : L'oncologie ou carcinologie ou cancérologie est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Un médecin qui pratique cette discipline est appelé oncologue ou cancérologue. Le terme vient du grec onkos, signifiant vrac, masse ou tumeur, et le suffixe -logie, signifiant « étude de ».

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EHPAD : quels signes et symptômes du COVID-19 à Montpellier (France)

Publié le par Bernard Pradines

Nous recevons le texte suivant écrit sous la plume du Pr Blain* de Montpellier (extrait) :

 

"A mon sens, il faut informer nos EHPAD mais aussi nos services recevant des sujets âgés que le COVID peut commencer chez le sujet âgé fragile par :

- une diarrhée ou des vomissements,
- une lymphopénie,
- un changement brutal de l'état de santé par rapport à l'état habituel (avec confusion ou chutes par exemple),
- un fébricule avec variations de température d'un moment à l'autre avec oscillations entre hyper et hypothermie, nécessitant de prendre plusieurs fois la température dans la journée pour évoquer le diagnostic,
- une instabilité hémodynamique indépendamment des signes plus typiques chez des patients (signes respiratoires, haut niveau de fièvre) qu'il ne faut pas attendre pour évoquer le diagnostic.
Ces symptômes étant très fréquents chez nos patients, peut-être faut-il informer les médecins gériatres et plus généralement les médecins voyant des patients âgés fragiles qu'en présence de ces symptômes, il faut suspecter une forme débutante de COVID19 et prendre les précautions contact et gouttelettes avec ces patients pendant quelques jours (1 semaine ?) et évoquer le diagnostic dès que les symptômes respiratoires commencent, permettant de gagner du temps sur la propagation de l'épidémie en EHPAD et de confirmer le plus tôt le diagnostic des premiers cas.

Il semble que ces spécificités de présentation clinique chez les sujets âgés fragiles soient observées dans d'autres endroits."

 

* Source :  Pr Hubert BLAIN
Chef du Pôle de Gérontologie du CHU de Montpellier
Coordonnateur du DES de Gériatrie pour la Région Occitanie
Centre Antonin Balmes

 

Commentaires de Bernard Pradines : cette symptomatologie est en cohérence avec la publication en fichier ci-dessous qui fait état de la présence possible de virus dans les selles. Par ailleurs, nous savons la fréquence des symptômes et signes atypiques dans la plupart des pathologies des personnes âgées, au premier rang desquels les chutes et les états confusionnels. Le retentissement cardiovasculaire d'une pathologie respiratoire ne serait pas une immense surprise.

Publié dans EHPAD, covid-19

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