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Un scandale sinon rien !

Publié le par Bernard Pradines

L’évocation des maltraitances reste délicate, voire impossible, dans la plupart des situations réellement vécues. Pourtant, chacun d’entre nous peut devenir maltraitant.

Dénoncer, c’est cafter, ce qui est mal vu, voire dangereux, depuis l'école maternelle. Les peines prévues par le code pénal sont d’une telle sévérité que tout témoin hésitera à franchir le Rubicon. Dénoncer, c’est trahir, c’est prendre le risque de la fermeture d’un établissement avec les problèmes d’emploi pour les personnels et de relogement pour les résidents et leurs familles. Il conviendra donc de « laver le linge sale en famille » et de ne pas « scier la branche sur laquelle on est assis ». Surtout par ces temps de chômage massif. Si la non-assistance à personne en danger et le non-signalement des faits sont punis par la loi, la crainte de la « dénonciation calomnieuse » peut être dissuasive si des preuves a posteriori ne peuvent pas être facilement établies.

Ainsi peuvent s’expliquer les scandales dont la presse se fait régulièrement l’écho : il n’y a pas de juste milieu avec la reconnaissance sereine du risque permanent et généralisé de maltraitance. Non, ce sera le scandale sinon rien.

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Un équilibre sociétal insatisfaisant : la honte

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

Image issue du blog : http://www.psy-luxeuil.fr/article-la-honte-selon-la-psychanalyse-115156522.html

La situation des personnes âgées dépendantes et malades est le résultat de plusieurs impératifs qui agitent notre société. En mathématiques, on parle de « vecteur résultant ».

Les familles sont désormais souvent dispersées. La mission ancestrale qui consistait à vivre et à accompagner ses parents dans un domicile commun s’est éloignée.

Chacun est contraint par son travail dont on pensait qu’il serait libérateur.

Qu’on le reconnaisse ou non, en établissement, les nécessités alléguées d’économies de personnel entrent en conflit avec les recommandations de bonne pratique. Quelques exemples : l’histoire de vie est trop vite esquissée, la toilette et les repas sont effectués trop rapidement, le repas du soir est servi trop tôt, le lit est trop souvent imposé chez des personnes qui souhaiteraient et pourraient rester assises ou même debout. Il est encore souvent refusé pour la sieste car nécessitant un nouveau lever après celle-ci. Des tranquillisants et des somnifères sont utilisés, censés calmer et même faire dormir des personnes qui se trouvent alitées pendant plus de douze heures alors que leurs besoins de sommeil ne dépassent guère cinq heures pour la plupart d’entre elles.

Il me fallut du temps pour comprendre et admettre cette évidence : les responsables administratifs de mon établissement ne parvenaient pas à nous écouter car ils n’avaient pas les moyens de modifier une situation qui leur faisait honte.

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