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ethique

Dons d’organes : les personnes âgées aussi

Publié le par Bernard Pradines

Il existe en France une pénurie importante d’organes à greffer. Cette situation aboutit à des décès indus.

Contrairement aux idées reçues, il est toujours possible, même en étant âgé, de faire don de ses tissus et organes. Bien sûr, la qualité et la compatibilité de ceux-ci est appréciée avant tout prélèvement.

Il convient donc de dire à son entourage que l’on est d’accord avec une telle contribution à la guérison de son prochain. Mieux, il conviendrait de l’écrire dans ses directives anticipées ou séparément. En effet, même si des dispositions prévoient la possibilité de prélever des organes en l’absence d’opposition inscrite dans un fichier national [1], il est impossible en pratique de contraindre une famille endeuillée.

On peut regretter que le « modèle B » proposé aux personnes en bonne santé par l’arrêté du 3 août 2016 relatif au modèle de directives anticipées prévu à l’article L. 1111-11 du code de la santé publique soit muet sur ce point [2]. Il en est ainsi des propositions de l’HAS (Haute Autorité en Santé-France) [3]. Les directives émises par le ministère allemand de la Justice prévoient de recevoir éventuellement des tissus ou des organes, mais non de les donner [4]. Mea culpa, je dois mettre à jour le formulaire proposé par mes soins [5].

A compléter sur ce point pour tous ceux qui pensent à autrui.

 [1]

 

 [2]

 

 [3]

 

 [4]

Pour en savoir davantage : 

Publié dans éthique, fin de vie

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Ce grand imposteur d’Alzheimer

Publié le par Véronique

Ce grand imposteur d’Alzheimer

En cette fin de matinée, rien ne réussit à l’apaiser. Un peu plus tôt, elle a pris son petit-déjeuner, réclamant un café crème et un croissant au beurre puis elle a refusé, offusquée, l’aide à la toilette, arguant avec dédain qu’elle n’était plus une gamine.

Dans ce lieu collectif avec des horaires et des règlements, se mélangent des flashs de l’hôtel Beau Soleil et du pensionnat St Joseph de son adolescence.

Mais elle est désormais une jeune femme libre, jeune et moderne comme en témoignent sa tenue de denim, ses grosses bagues aux doigts et ses longs cheveux clairs balayant ses épaules.

Elle déclare qu’elle s’est arrêtée ici pour la nuit et qu’il est impératif qu’elle rentre chez elle.

Elle arpente les couloirs, en quête de renseignements et cherche un responsable.

Elle réclame ses clés et ne sait plus où est garée sa voiture, elle panique, c’est sûr on la lui a volée.

"Comment, ici ce n’est pas un hôtel mais arrêtez de raconter n’importe quoi, dîtes que je suis folle pendant que vous y êtes !"

Chaque jour, elle répète inlassablement son histoire. Une semaine, un mois, un an, quatre ans qu’elle est arrivée hier dans ce gite de passage cherchant son chemin pour rentrer au bercail.

Ce jour-là, quelqu’un lui dit une énième fois qu’elle est à la maison de retraite. Et pour la première fois, elle ne se rebiffe pas et lance cette phrase avec effroi :

"C’est la mascarade dans ma tête".

Ces mots d’une grande lucidité me touchent au cœur et me laissent bouche bée.

Je visualise ce jeu de dupe de son pauvre cerveau criblé de plaques séniles qui travestit la vérité, l’empêche de raisonner, d’élaborer comment rentrer.

Je vois défiler avec ses yeux, tous ces gens qui l’entourent, ces grimaces et ces cris, ces femmes en blanc et ces vieux recroquevillés dans leurs fauteuils coquilles.

Je vois la grande scène de sa vie qui joue une tragédie hypocrite en effaçant les actes et supprimant les vers.

Tous ces acteurs tartuffes qui manipulent ses journées, veulent lui faire croire que sa mère est morte, que sa maison est vendue, qu’elle habite ici depuis plusieurs années.

Pieds et poings liés par ce grand imposteur d’Alzheimer, elle n’a d’autres choix que de partir en tournée dans son passé, de s’éloigner toujours plus loin de ce présent au décor effrayant.

A chaque étape, elle laisse un peu plus d’elle-même, désapprenant comment jouer au jeu de sa vraie vie.

Repose-toi, Alexia, le rideau est tiré, Alzheimer n’aura pas, le plus beau, le plus pur:

L’essence de toi-même.

 Véronique / AMP en EHPAD

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