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ethique

Jamais la violence

Publié le par Bernard Pradines

Jamais la violence

Dans un ouvrage auquel j’ai participé, paru en 2004, sous le titre de « Silence on frappe », nous dénoncions toutes les formes de violences et de maltraitances envers les personnes âgées vulnérables. A cette date, le sujet était encore largement tabou. Le déni était si fort que la direction de mon établissement ne voulait même pas en « entendre parler ». Les soignants, eux, redoutaient que leur dévouement ne soit sali par des faits qu’ils réprouvaient.

Aujourd’hui, vingt ans plus tard, nous analysons toujours mieux ces phénomènes inadmissibles. De nombreux travaux et témoignages, émissions de télévision et ouvrages tels que « Les fossoyeurs » sont venus conforter la connaissance d’une réalité que nous ne voulions pas envisager.

Nous savons mieux, désormais, que les maltraitances possèdent des facteurs favorisants individuels et collectifs. Ainsi, la condition actuelle faite aux EHPAD et aux établissements de soins doit-elle nous mobiliser, quelle que soit notre position dans la société !

La violence physique envers les personnes âgées vulnérables est souvent liée aux troubles cognitifs dont souffrent ces personnes. Leur éventuelle réaction brutale de refus de soins, par exemple au moment de la toilette, peut leur valoir en retour une hostilité sous la forme d’une contrainte physique ou même de coups. Il en est ainsi de la désinhibition sexuelle ou encore de certaines idées délirantes ou hallucinations. La santé mentale des proches aidants et des aidants professionnels étant mise à rude épreuve, tout devient possible.

C’est pourquoi nous devons impérativement soutenir l’entourage des accompagnants, à domicile et en établissement, afin de limiter au maximum leurs possibles réactions violentes. A ce prix seulement nous pourrons affirmer haut et fort : jamais la violence.

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Une adaptation contrainte : le glissement de tâche

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.wingz.fr/glissement-de-taches-bd/

Image issue de : https://www.wingz.fr/glissement-de-taches-bd/

La continuité de l’analgésie est capitale chez les personnes accueillies en EHPAD, MAS et EAM, et plus particulièrement chez les personnes en fin de vie. Ainsi, l’absence d’infirmière et de médecin pendant la nuit amène-t-elle à des aménagements nouveaux avec glissements de tâche que je laisse à votre appréciation à la lecture du document en lien ci-dessous. Il émane de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Franche-Comté (France) en février 2023.

Légende :

EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

EAM : un Etablissement d’Accueil Médicalisé (EAM) accueille des adultes en situation de polyhandicap, inaptes à toute activité à caractère professionnel [1].

MAS : une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) accueille des adultes en situation de handicap qui n’ont pu acquérir un minimum d’autonomie et dont l’état de santé nécessite une surveillance médicale et des soins constants. Ils sont tous atteints de polyhandicap [2].

AS : aide-soignant(e).

AES : L’accompagnant éducatif et social (AES) réalise des interventions sociales au quotidien visant à accompagner la personne en situation de handicap ou touchée par un manque d’autonomie quelles qu’en soient l’origine ou la nature [3].

Téléchargeable à :

https://www.bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr/ehpad-mas-eam-protocole-de-prise-en-charge-de-la-douleur-des-personnes-en-fin-de-vie

ou bien à :

https://www.geriatrie-albi.com/Protocole_Administration_morphiniques_nuit_EHPAD_fevrier2023.pdf

 

Commentaire de Marie-Christine Montandon. Ce doit être une pratique basée sur la confiance. L'infirmière prépare le traitement à l'avance, l'AS administre. Certains traitements sont déjà administrés sous délégation à l'AS, puisque cela fait partie de son domaine de compétences. En revanche, des gouttes préparées à l'avance perdent de leur stabilité. Le traitement reste-t-il efficace et combien de temps ?

Par ailleurs, en fin de vie, la forme orale est souvent suspendue au profit d'une voie injectable. Alors, comment font ces établissements ? Certains font appel à l'HAD, à des infirmières libérales mais on peut s'interroger quant à la surveillance régulière.

Les glissements de tâches en Ehpad ont toujours existé mais cela s'était amélioré. Au vu des conditions actuelles, il est fort probable que cela s'aggrave. Dans le cadre du respect des résidents et pour assurer leur confort, nous soignants (mais également leurs familles) souhaitons  accompagner leur fin de vie dans leur cadre de vie, entourés de leurs proches et de soignants qui les connaissent bien, avec qui se sont contruites des relations de proximité. C'est pour nous, du non-abandon.

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