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ethique

J’ai menti à ma mère

Publié le par Louis Lacaze

Chris Feudtner, MD, PhD, MPH, is the Division Chief of General Pediatrics and Director of Research for the Justin Michael Ingerman Center for Palliative Care at Children's Hospital of Philadelphia. Dr. Feudtner holds the David Cornfeld Endowed Chair in Pediatrics.

Chris Feudtner, MD, PhD, MPH, is the Division Chief of General Pediatrics and Director of Research for the Justin Michael Ingerman Center for Palliative Care at Children's Hospital of Philadelphia. Dr. Feudtner holds the David Cornfeld Endowed Chair in Pediatrics.

Chris Feudtner, pédiatre, a rejoint sa mère hospitalisée aux urgences après une troisième chute dans son appartement.

Chris Feudtner se présente au médecin en charge de sa mère, signale qu’il est pédiatre mais prie sa consœur de considérer qu’il est totalement incompétent en gériatrie et lui demande de l’informer de l’état de sa mère : deux côtes fracturées, pneumothorax du côté droit. Puis l’annonce tombe : « il y a autre chose », une "chose" révélée par le scanner. Une vision de cauchemar envahit Chris Feudner : quelques années auparavant, les mêmes mots lui avaient été annoncés pour son père devant la présence d’un cancer rénal qui l’avait emporté au but de 9 mois, non sans souffrances. De plus il savait que sa mère avait une peur panique du cancer qui avait tué sa sœur ainée, ma sœur et son mari. Elle les avait accompagnés jusqu’à la fin, témoin de leurs souffrances. Elle répétait qu’elle refuserait le cas échéant toute forme de traitement anticancéreux.

Au cancérologue du service, Chris Feudtner justifia le refus des soins anticancéreux en rappelant la volonté de la patiente. Un problème subsistait : devait-on lui dire la vérité sur son état de santé ou faire un mensonge par omission ? Avait-on le droit de mentir à sa mère ? Comme elle se trouvait en état de démence avancée, cette révélation aurait-elle des effets positifs ?

De retour à son domicile, la mère du médecin vécut quatre mois avec très peu de symptômes avant de s’éteindre paisiblement après deux jours de somnolence. Le Dr Feudtner considère que son récit est la confession d’une faute qui pèse sur sa conscience mais qui ne s'accompagne pas de regrets. L’école de la vie lui a appris que l’amour, le respect, la bienveillance peuvent conduire à des compromis contraires à la brutalité des principes établis. Obéir à sa conscience permet d’en assumer les conséquences.

Commentaires de Bernard Pradines. Ce texte recèle des notions qui ne sont pas forcément explicites. En France, l’opinion de la famille, à défaut d’une rédaction antérieure de directives anticipées ou de désignation préalable d’une personne de confiance, est recherchée mais ne s’impose pas aux équipes soignantes. Y compris en cas de démence avancée. On retrouve la culpabilité liée au deuil dont on situe le rôle dans le mot « faute » évoqué ci-dessus. Sur le fond, la situation décrite doit obligatoirement faire au moins envisager des soins palliatifs.

Source :

Chris Feudtner MD Jama Lying to My Mom

I started lying to my mom in an emergency department on a cold January morning. Hours earlier, she had been found on the floor of her assisted living apartment. Most likely, she tripped and fell while wandering at night.

Publié dans aidants, éthique

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Une pause pour exposer le sens de notre action

Publié le par Bernard Pradines

Une pause pour exposer le sens de notre actionUne pause pour exposer le sens de notre action

GérontoLiberté s’achemine vers son douzième anniversaire. Merci à nos fidèles lecteurs.

Nous avons perçu une difficulté à la lecture de nos textes qui semblent pessimistes car s’appesantissant davantage sur la vieillesse dépendante et malade, voire en fin de vie, que sur celle, espérée, faite de joie de vivre en famille, de rencontres et de voyages. Ainsi, il demeure difficile de prendre soin des personnes en EHPAD, en partie car la perspective d’entrée dans ces structures est redoutée par une écrasante majorité de nos concitoyens.

De fait, nous sommes tous tiraillés entre deux pôles de la même réalité. D'une part la vieillesse sage au risque de la dominance (sénat romain…), d'autre part celle des vieilles sorcières du Moyen-Âge. Actuellement c’est d’une part celle qui est adulée pour les services rendus à la famille, voire courtisée pour ses possibilités de consommation, d’autre part la vieillesse souffrante, ou pire maltraitée. Ces ambivalences ne s'arrêtent pas là et peuvent tourner autour des pulsions de vie et de mort individuelles et collectives.

 Toute la difficulté, en effet, est de savoir rendre compte de ces contradictions sans verser exclusivement dans l’un ou l’autre des constats. Notre interrogation première pourrait se résumer ainsi : quelle image, quelle représentation de la vieillesse est dominante dans notre société actuelle ? En quoi un des versants est-il volontiers oublié, en tout cas sous-estimé ? Au fond, que voulons-nous voir et quand détournons-nous notre regard ? Si le courage, comme le disait Jean Jaurès, c'est de chercher la vérité et de la dire, une conduite nous est dictée qui repose sur l’écoute, la connaissance, et non sur la seule croyance qui peut nous satisfaire.
Tout un programme sans fin.

Alors, nous ne nous tairons pas en 2025, poursuivant modestement l’œuvre des prédécesseurs dont le docteur Lucien Mias, mort le 13 mai 2024 à l'âge de 93 ans, et le docteur Christophe Trivalle  le 20 décembre 2024 à l’âge de 63 ans. Des exemples à suivre jusqu’à la fin de nos capacités.

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