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fin de vie

Mourir avec ou mourir de ?

Publié le par Bernard Pradines

Voilà bien la question. Il est difficile d'affirmer désormais qu'une personne âgée est décédée d'une maladie précise. Si l’on considère les personnes relativement jeunes et souffrant d'une pathologie cancéreuse ou cardiovasculaire létale isolée, il est encore possible d'être péremptoire. Sinon, le certificat de décès est devenu un confetti bleu dans lequel j'ai toujours eu un mal fou à caser les facteurs contributifs du décès. Autant dire que le modèle de Bouchon, ceux de la cascade ou plus trivialement du « château de cartes » ont de beaux jours devant eux. Autrefois naturelle, la cause de la mort est devenue un multiple casse-tête polypathologique, voire thérapeutique. Le modèle de Bouchon est malgré tout le plus opérant et surtout le plus pédagogique envers des familles et des proches qui ne se satisfont plus d’une explication sommaire : il faudra alors détailler le vieillissement, les pathologies chroniques et les facteurs précipitants (dits aussi « de décompensation ») qui doivent désormais être décrits point par point.

Publié dans fin de vie

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Acharnement thérapeutique : des boucs émissaires ?

Publié le par Bernard Pradines

Je lis avec intérêt des témoignages d'acharnement thérapeutique sur Internet. Comme ancien médecin d'un service de soins de longue durée (18 ans et demi), je prends le risque de choquer en écrivant que les familles sont souvent davantage attachées à la prolongation de soins discutables que les soignants eux-mêmes. La souffrance des proches est incommensurable, souvent sans proportion avec celle des personnes âgées concernées. L'acharnement thérapeutique se définit le plus souvent par l'échec des thérapeutiques, situation incertaine dans bien des cas. Il me semble que nous devons tous être prudents et ne pas céder à la panique en trouvant des boucs émissaires, en l'occurrence les "médecins-qui-font-de-l’acharnement-thérapeutique". Il convient surtout que les praticiens soient ouverts et explicatifs, tâche souvent difficile par manque de temps, de formation ou du fait d'une solitude indue face à ces situations. En temps de crise, il faudra de se méfier des conséquences d'une nouvelle loi dans un contexte de "retraites que l'on ne peut plus payer » et de « dernière année de la vie qui coûte trop cher". L'argument d'acharnement thérapeutique ne devra pas justifier une éventuel abandon thérapeutique.

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