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geriatrie

La gériatrie : une médecine difficile et passionnante

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.passeportsante.net/fr/specialites-medicales/Fiche.aspx?doc=geriatrie

Image issue de : https://www.passeportsante.net/fr/specialites-medicales/Fiche.aspx?doc=geriatrie

Le mot « gériatrie » tire son étymologie du grec ancien : la médecine des personnes âgées.

Ayant exercé cette discipline pendant 18 ans et demi en soins de longue durée[1]en France, je souhaite en souligner ici les spécificités dans un temps où les vocations ne sont pas au rendez-vous des besoins.

Il s’agit d’une médecine concernant des personnes souffrant de plusieurs maladies. Ainsi, si la médecine des jeunes personnes n’est pas forcément facile, elle s’intéressera souvent au diagnostic et au traitement d’une seule maladie ou d’un traumatisme. Ici, il faudra compter avec les intrications entre plusieurs pathologies. Par exemple, les poumons et le cœur présentent une proximité et une fonctionnalité étroitement interdépendantes. De plus, bien des maladies se traduiront de manière peu spécifique : confusion, chute, fatigue, insomnie, dénutrition…

La limite des explorations utiles constitue aussi un obstacle de poids. Au-delà du consentement obligatoire, chaque examen doit être pesé quant à sa faisabilité car il peut être mal supporté, même s’il est utile au diagnostic ou à la conduite du traitement. Par exemple, un simple scanner crânien doit être évité si le patient n’est pas coopérant.

La présence de plusieurs pathologies implique en général la proposition de plusieurs traitements médicamenteux. Leur maniement est rendu délicat par plusieurs facteurs dont une élimination variable par le foie et surtout par les reins. Ajoutons-y des effets secondaires plus fréquents et souvent plus difficiles à détecter. Ici aussi, les interactions entre médicaments sont d’autant plus prévisibles que la liste des prescriptions est longue.

De plus, il est parfois difficile de justifier une démarche diagnostique ou thérapeutique auprès des proches qui suspectent une obstination déraisonnable bien davantage qu’une perte de chance par abandon médical. Enfin, notre société ne cesse pas de s’interroger, à bas bruit ou explicitement, sur le bien-fondé des coûts générés par cette nouvelle médecine à l’heure des restrictions en tous genres.

Voici un bref aperçu, évidement incomplet, du défi qui attend celles et ceux qui veulent se dévouer auprès des personnes âgées malades. Un défi qui oblige mais dont la récompense est au bout du chemin : celui du dévouement reconnu quasi unanimement par les patients et leurs familles.

Commentaires de Marie-Christine Montandon. En effet, c'est la médecine du juste équilibre.
Respecter l'autonomie tout en tenant compte de possibles troubles cognitifs.
Prescrire ni trop, ni trop peu de médicaments.
Ne tomber ni dans l'obstination déraisonnable, ni dans le défaut de soins.
Toujours réfléchir aux conséquences d'un changement de lieu, d'habitudes, d'environnement.

Mais c'est aussi une spécialité qui remet en question les présupposés, qui crée de l'étonnement et réserve des surprises !

 

[1] USLD : unité de soins de longue durée. Ces termes sont employés en France pour désigner des unités d’hospitalisation au long cours, presque toujours dans des établissements publics. Comme en EHPAD, trois forfaits sont utilisés : seul le « forfait hébergement » est à la charge du résident, le « forfait dépendance » étant honoré par les départements et le « forfait soins » par l’Assurance Maladie.

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Le préalable à une formation réussie

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : http://www.laboratoire-scientis.fr/formations.html

Image issue de : http://www.laboratoire-scientis.fr/formations.html

La formation des personnels à domicile et en établissements pour personnes âgées, ou lors de l’hospitalisation de celles-ci, demeure à la fois une nécessité ressentie et une obligation réglementaire. J’ai déjà eu l’occasion de dire ici que le terme « formation » devait être remplacé par celui de « soutien » et le mot « stagiaire » par celui de « participant ».

Un bilan préalable est inévitable si l’on veut connaitre les difficultés rencontrées par les personnels dans le domaine à traiter. Il  s’agit de comprendre quels sont les problèmes posés afin d’y remédier au mieux. Autrement dit, pas de thérapeutique efficace sans un diagnostic correct.

Pour cela, il convient que les thèmes de formation soient décidés par les acteurs eux-mêmes et non par une personne éloignée du terrain, hors contact direct des personnes âgées concernées. Dans cette optique, un questionnaire anonyme préalable comportant des questions ouvertes pour chaque "stagiaire" permet aussi de mieux apprécier les attentes. Après la formation, un suivi de son efficacité est grandement souhaitable.

Pourquoi ces mesures sont-elles rarement  effectives ? Une première raison en est la frilosité des institutions à communiquer leurs difficultés dont elles craignent qu’elles altèrent leur image. S’y adjoint le fait que les organismes de formation sont des clients commerciaux soumis à appels d’offre. La tentation sera grande de « coller » aux demandes du décideur sans vérifier ce qui ne fonctionne pas bien. Il sera plus facile de délivrer une formation sur un thème précis, sans étude préalable du terrain, sans lendemain de vérification. En somme un message souvent décalé, livré devant des « stagiaires » plus ou moins indifférents. Mon pire souvenir : un hôpital de Dordogne où la quasi-totalité des participants arrivant ne connaissaient pas ma profession. Surtout, ils ne savaient pas quel était le thème de la journée !

 

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