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politique

Commencez par agir, vous réfléchirez plus tard

Publié le par Louis Lacaze

Image issue du site : https://images.lindependant.fr/api/v1/images/view/5a969a048fe56f24e37c25ec/large/image.jpg

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Gouverner c’est prévoir, exercice particulièrement difficile dans le contexte d’une pandémie hautement létale d’une ampleur inconnue depuis la grippe dite espagnole. Les pays ont réagi suivant leur expérience dans des domaines comparables, selon leurs usages et leurs valeurs. En France par exemple a été créé un comité composé de médecins, de philosophes, de scientifiques, chargé d’examiner les problèmes d’éthique soulevés par l’application des moyens de lutte contre la covid-19.

En France comme ailleurs, l’examen des mesures prises montre qu’en priorité les gouvernants ont cherché à établir un équilibre entre une lutte efficace contre le virus, les moyens financiers disponibles et le maintien d’une certaine activité économique, alors que les considérations, soit épidémiologiques, soit purement éthiques passaient au second plan. En Allemagne, on a envisagé que les occupants des centres d’accueil d’immigrants soient isolés dans des chambres individuelles pour diminuer les risques de contagion. Or ils y ont été maintenus en arguant qu’ils constituaient de fait des unités familiales. En France, les divergences entre les politiques, les psychologues, les économistes et les professionnels de santé accompagnées d’atermoiements sont restées dans toutes les mémoires.

Le Dr Kayvan Bozorgmeh, cité ci-dessous en lien, marque la différence entre la morale qui recommande le respect d’un ensemble de valeurs et l’éthique qui interroge sur le bien-fondé du choix de mesures à prendre et sur la possibilité de les concrétiser. Pour lui l’éthique n’a sa place qu’en dehors des situations d’urgence. Une fois l’évènement terminé, il sera alors possible de découvrir les tenants et aboutissants des mesures prises, à partir d’une réflexion rationnelle, pragmatique prenant en compte la diversité des critères éthiques, culturels, moraux rencontrés à l’échelle à l’échelle mondiale.

Actuellement le pouvoir de décision appartient aux politiques qui, pour être crédibles, doivent inspirer une confiance absolue soit par la contrainte dans les pays totalitaires, soit par une force de conviction dans les démocraties en s’appuyant sur des experts unanimes et incontestés, ce qui bien souvent semble relever du domaine de la quadrature du cercle.

Commentaires de Bernard Pradines. Oui, il s'agit bien en France d'abord d'un problème de défiance. Ce sentiment est puissant, ancien, et ne sera pas changé du jour au lendemain. En témoignent par exemple des aspects aussi différents que l'abstention massive lors de certaines élections ou bien le développement de médecines parallèles non validées.

Sources :

Kayvan Bozorgmeh The Lancet Power of and power over COVID-19 response guidelines

The COVID-19 pandemic has shown that ignorance or political influence of scientifically grounded health policies does not pay off.

Henri-Corto Stoeklé et al The Lancet The COVID-19 pandemic: a time for ethical reflection?

Kayvan Bozorgmehr highlighted the need to bring ethical reflections into the debate about guidelines on managing the COVID-19 pandemic.

 Indeed, Bozorgmehr poses questions about the medical and moral pertinence of the public health policy implemented in Germany since the start of the COVID-19 pandemic, particularly concerning the management of migrants.

Henri-Corto Stoeklé  et al COVID-19: Act First, Think Later

In France, the Ministry of Health has requested the intervention of the national ethics committee (CCNE) in the face of the COVID-19 epidemic. However, now really isn’t the time for ethical reflections.

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"On meurt mal en France", le cri d'un médecin belge

Publié le par Louis Lacaze

"On meurt mal en France", le cri d'un médecin belge

​​​​​​Les implications de la loi Claeys-Leonetti ne répondent pas totalement aux demandes des partisans de l’euthanasie ou du suicide assisté. Les argumentations des deux bords étant largement diffusées, elles ne seront pas reprises dans ces quelques lignes. Le sujet sera abordé sous un autre angle, avec une comparaison de la législation actuelle de la fin de vie avec celle de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En somme, les deux extrêmes d’une existence sont en jeu.

Devant l’horreur des faiseuses d’ange et les convois connus de tous de femmes désirant avorter vers les pays voisins, Madame Simone Veil a réussi à faire adopter une loi autorisant l’avortement en 1975. Actuellement, les patients français désireux de mettre un terme à leur existence et pouvant eux-aussi se le permettre sur le plan financier se tournent vers les mêmes pays : la Belgique ou la Suisse.

L’article 3 de la loi Claeys-Leonetti précise qu’une sédation profonde et continue est autorisée lorsque le pronostic vital du patient est engagé à court terme. Ce flou dans la définition du moment de la vie où son application est légale rappelle celui des dates limites où l’interruption de grossesse est autorisée, variant de six semaines de grossesse au Texas actuellement, à 24 semaines au Royaume-Uni, étant de 12 semaines en France.

Les restrictions de la loi Claeys-Leonetti excluent des personnes en état de grande souffrance physique ou mentale dont le pronostic vital n’est pas engagé à court terme. La pression publique, de plus en plus forte, conduira le législateur à travailler sur le sujet. Tout comme pour l’IVG tout médecin qui refuserait de s’éloigner de la loi Claeys-Leonetti devrait en avoir la possibilité à condition de réorienter le patient vers un confrère.

 Une nouvelle législation soulagerait grandement un médecin en particulier, le Dr Yves de Locht, médecin généraliste à Bruxelles, qui procède à l’euthanasie depuis 2008 : « Les patients qui me marquent le plus sont ceux atteints de graves maladies, comme celle de Charcot, ou les cancers et qui arrivent à Bruxelles dans des états épouvantables. On se demande parfois comment les médecins de France peuvent les laisser dans un état pareil ».

Commentaires de Bernard Pradines : je ne partage pas les points de vue exposés dans cet article dans leur argumentation et dans leurs déductions. Mais nous sommes ici sur GérontoLiberté, n’est-ce-pas ?

A lire

Nombreux textes publiés sur GérontoLiberté :

https://free-geriatrics.overblog.com/2019/11/aide-a-la-fin-de-vie-1.html

  • Pour connaitre le Dr Locht

Euthanasie : "Il faut trouver une solution en France

https://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/euthanasie-il-faut-trouver-une-solution-en-france-affirme-un-medecin-belge-qui-voit-arriver-des-francais-au-bout-du-bout_4363997.html

On meurt mal en France", le cri d'un médecin belge

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-meurt-mal-en-france-le-cri-d-un-medecin-belge_2034475.html

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