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prevention

Masques et presbyacousie ne font pas bon ménage

Publié le par Louis Lacaze

Masques et presbyacousie ne font pas bon ménage

La moitié de la population de plus de 75 ans connait des problèmes d’audition qui sont fortement accentués par deux mesures recommandées pour la lutte contre la covid-19 : le port du masque et la distanciation qui ne sont pas près de disparaitre de notre quotidien.

La communication orale fait intervenir l’audition, le langage corporel, l’expression du visage, la lecture du mouvement des lèvres dont on saisit l’importance par le malaise ressenti dans la projection des films doublés où un gros plan du visage des acteurs ne « correspond » pas aux paroles entendues.

Le port du masque va dissimuler le sourire, toutefois partiellement exprimé par le regard, diminuer l’intensité du son, filtrer certaines fréquences. La distanciation d’un mètre, désormais de deux, accentue la baisse de l’intensité sonore, rend plus difficile l’interprétation des signes visuels.

Certaines parades peuvent être suggérées, après avoir résisté au réflexe qui pousse à abaisser le masque sur le menton. Debara L. Tucci propose quelques recommandations : faire preuve de patience, garder constamment en mémoire l’existence d’un handicap auditif de son interlocuteur. Parler plus fort sans toutefois crier, soigner l’articulation, éviter le plus possible les bruits de fond. Ne pas hésiter à demander à votre interlocuteur s’il a bien compris votre message, lui demander éventuellement de le répéter. Si l’importance du message le justifie, prendre un stylo et du papier. Si votre interlocuteur a conscience de la gravité de ses problèmes d’audition, on peut espérer qu’il aura demandé à un proche de l’accompagner lors de la consultation...

Source :

Publié dans Covid-19, prévention, politique

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Quelle stratégie de vaccination ?

Publié le par Louis Lacaze

Quelle stratégie de vaccination ?

D’après un article paru aux USA (NDLR)

On s’est d’abord intéressé aux personnes fragiles présentant un haut risque de morbidité aussi bien qu’à celles indispensables à un fonctionnement correct de la société. Devant la masse de travail exigée pour effectuer ce tri et sa complexité, une approche plus pragmatique a donné la priorité à celles de 65 ans et plus.

Le manque de vaccins et les problèmes de logistique ont brutalement replacé la question de l’ordre des bénéficiaires au premier plan. Si le cas des personnes très fragiles, en fin de vie, fait l’objet d’une évaluation médicale déconseillant généralement le vaccin, la masse des candidats potentiels reste énorme.

On peut s’intéresser au problème du tri qui s’est posé avec l’encombrement des hôpitaux au cours de la première vague de la pandémie. Certains chercheurs se sont interrogés sur la priorité donnée aux personnes les plus âgées. Ayant bénéficié de l’essentiel de leur espérance de vie, ne vaudrait-il pas mieux donner la priorité à des générations plus jeunes ?

L’élimination éventuelle des personnes âgées fragiles et en fin de vie n’écartant pas suffisamment de personnes, il a été suggéré de distribuer le vaccin selon la règle du premier arrivé premier servi.

 Une sélection par loterie, pouvant être « lestée » pour donner davantage de chances à une catégorie de la population plutôt qu’à une autre a eu ses partisans. Elle a été évoquée au Minnesota dans la distribution du remdesivir qui n’était pas disponible en quantité suffisante. On dispose d’une référence historique avec la diffusion de la streptomycine dans la lutte contre la tuberculose en Grande-Bretagne en 1946, avant la déclaration des droits de l’Homme des Nations Unies en 1948. Celle-ci compliquera sérieusement le recours à une loterie.

Revenons en France. Ne nous voilons pas la face ! Des choix seront inévitables dans la mise en place du calendrier des vaccinations. La clarté de sa mise en œuvre et de son équité restent les points essentiels. Point à améliorer d’urgence : la prise de rendez-vous.

Les seniors de 90 ans qui ne sont pas classés comme personnes à risque important et ne sont pas en mesure de tenter et de retenter de s’inscrire ne courent-ils pas le risque de se voir doublés par de fringants sexagénaires plus chanceux -ou plus malins- qu’eux ?

Depuis des semaines, au numéro à composer pour l’Occitanie, un enregistrement annonce que plus de 100 000 demandes arrivent tous les jours et la voix suggère de rappeler plus tard. S’il était annoncé d’emblée que la programmation est réservée aux cas prioritaires et aux personnes de plus de 90, 85, 80 ans, à échelonner selon les disponibilités, l’encombrement de la ligne serait allégé et le mode de distribution du vaccin plus transparent.

 

Commentaires de Bernard Pradines

La situation aux USA n’est pas exactement superposable à celle de la France. La politique vaccinale de notre pays s’est d’abord concentrée sur les personnes âgées hébergées en établissements et leurs soignants de plus de 50 ans ; puis les personnes de plus de 75 ans et des personnes gravement malades ; enfin des personnes de moins de 65 ans dont les soignants. Cette politique est donc mouvante et s’ajuste en fonction des disponibilités vaccinales et de l’efficacité supposée de cette prévention. Par exemple, le vaccin Astra-Zeneca ne semble pas actif au-delà de 65 ans. Mais d’autres vaccins arrivent progressivement sur le marché.

 

Sources

Muriel Jean-Jacques, MD, MAPP Howard Bauchner, MD Vaccine Distribution—Equity Left Behind?

Douglas B. White, MD, MAS Derek C. Angus, MD, MPH  JAMA  A Proposed Lottery System to Allocate Scarce COVID-19 MedicationsPromoting Fairness and Generating Knowledge

Esther Peiying Ho Han-Yee Neo  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7543287/pdf/afaa205.pdf

 

 

 

 

 

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