Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

prevention

Ami, entends-tu le bruit sourd du monde soignant qui se démène ?

Publié le par Bernard Pradines

Ami, entends-tu le bruit sourd du monde soignant qui se démène ?

Il est beaucoup question d’éthique en ce moment. Ce mot, à connotation philosophique forte (Aristote, Spinoza…), est compris comme une démarche théorique et pratique. Celle qui consiste, en équipe, à réfléchir afin de prendre des décisions face à des cas difficiles pour lesquels l’attitude collégiale est désormais de rigueur.

La crise actuelle introduit à grande échelle des débats qui, à l’ordinaire, ne dépassent pas le cadre feutré de réunions interdisciplinaires dans les structures de soins. Et ce, habituellement, pour des cas particuliers. Dorénavant sont au premier plan des questions tournant autour de l’adaptation de la décision médicale aux ressources disponibles. La notion de « perte de chances » devient de plus en plus prégnante.

Désormais, des décisions sont prises conformément à celle du « galand » renard de la plus courte fable de la Fontaine [1].

Il est vrai que la réalité est crue et cruelle. Ici, un certain nombre de patients ayant des comorbidités n’ont pas été transférés en réanimation. Ils l’auraient été un mois auparavant bien que non « ventilés »[1]. Là, il y a aussi des surprises : certains passent le cap sans la réanimation alors qu’on pensait qu’ils ne survivraient pas.

Chacun fait au mieux en fonction de la situation locale. Les rumeurs circulent, y compris chez les soignants : dans certains lieux, on ne prendrait plus en réanimation après 70 ans, après 70 ans avec une comorbidité, après 75 ans. Les demandes de directives générales commencent à se faire jour auprès des autorités sanitaires. Ceci afin d’éviter une éthique à géographie variable.

Sans  critères précis, une crainte se fait jour pour  le futur : celle de porter la  responsabilité de décisions quand des familles sauront que des limitations ont été réalisées pour des raisons de pénurie. Alors que le message concomitant, qui leur avait été délivré, les avait rassurées : il  y a des places pour tous.
Le patient étiqueté dans ce contexte ne risquera-t-il pas de perdre des chances ultérieurement, une fois la crise passée, s'il reste dans son dossier la trace de la non-réanimation qui ne s'appuierait pas sur une réalité somatique et médicale ?

L’accompagnement palliatif des malades prend aussi un relief particulier du fait de la rapidité d'évolution d’un symptôme grave et pénible : la dyspnée[2].

Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions définitives de la catastrophe[3] actuelle.

L'urgence ne doit pas interdire la pensée, elle-même indispensable à la mémoire.

 

[1] Il s’agit de la plus courte fable de l’illustre auteur : le Renard et les Raisins :

"Certain Renard Gascon, d'autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d'une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n'y pouvait atteindre :
"Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. "
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?"


[1] Ventilés : terme habituel pour désigner les patients qui sont placés sous ventilation artificielle, ce qui suppose l’utilisation d’une machine appelée respirateur ou, moins souvent, ventilateur.

[2] Dyspnée : communément dénommée essoufflement ou difficulté à respirer. A ne pas confondre avec des signes physiques tels que la polypnée ou la désaturation du sang en oxygène (SpO2) dont elle peut être contemporaine.

[3] Il s’agit bien ici d’une catastrophe ("disaster"), davantage que d'une simple crise. C’est-à-dire une situation qui submerge les moyens disponibles mis en regard. Au contraire, un crash d’avion sans survivant ne devrait pas entrer dans ce cadre.

Partager cet article
Repost0

…

Covid-19 : les hommes meurent davantage que les femmes

Publié le par Bernard Pradines

Covid-19 : les hommes meurent davantage que les femmes

L’âge et les comorbidités jouent un rôle majeur dans la létalité de la pandémie courante. Toutefois, le sexe joue aussi un rôle, directement ou indirectement.

Dans une interview donnée au Spiegel, l’immunologiste allemand de Hambourg Marcus Altfeld tente d’expliquer la forte prévalence masculine parmi les morts en Allemagne et en Espagne : ce sont deux patients décédés sur trois qui appartiennent au sexe soi-disant fort.

L’alcoolisme, plus fréquent chez les hommes, est une piste probable. D’autres raisons pourraient intervenir.

Les hormones principalement féminines, les œstrogènes favorisent les défenses immunitaires. C’est l’inverse pour la testostérone !

Mieux, si l’on ose dire : le chromosome X, présent en deux exemplaires chez la femme, est pourvoyeur d’éléments de défenses immunitaires. Or nous, pauvres mâles, n’en possédons qu’un seul.

Ces avantages féminins seraient liés à la situation préhistorique dans laquelle les femmes auraient acquis de meilleures défenses immunologiques afin de protéger leurs fragiles nouveaux nés présents auprès d’elles. Revers de la médaille : elles sont plus souvent victimes de maladies auto-immunes : 80 % des cas frappent des femmes. Dans le cas du Covid-19, il reste à comprendre la relation entre les défenses immunitaires et l’emballement inflammatoire. L’hypothèse de Marcus Altfeld est que les femmes seraient moins enclines à passer de la multiplication virale avec fièvre et toux (phase 1) à l’orage inflammatoire avec dysrégulation immunitaire potentiellement mortel (phase 2). Les personnes âgées seraient moins capables que les enfants et les adultes de réguler les défenses immunitaires face à l’inflammation dans cette deuxième phase.

Si tout le monde doit bien sûr être avisé, les hommes doivent redoubler de prudence. Autre hypothèse qui n’est pas évoquée par Marcus Altfeld : les hommes sont-ils moins prudents que les femmes ?

Source 

Partager cet article
Repost0

…