Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

prevention

La dentition

Publié le par René Manteau

La dentition

Témoignage d’un infirmier qui a consacré sa vie aux personnes âgées en établissement : 1968-2009.

 

Désormais à la retraite, je souhaite témoigner de ce que j’ai vécu au cours de ma carrière dans l’éventualité où je pourrais être utile pour dessiner un avenir meilleur pour les personnes âgées malades.

L’entretien de la dentition est primordial pour préserver le plaisir et la possibilité de manger. Pas seulement car l’esthétique du visage s’en ressent ainsi que la phonation souvent déjà défectueuse pour d’autres raisons.

La dentition est souvent catastrophique : caries, édentements, parodontites, gingivites, etc. Les soins de bouche, en l’absence de dent, ne sont pratiquement jamais effectués. Les raisons invoquées : ce n’est pas important car il n’y a plus de dent et cela prend trop de temps. Devant l’état lamentable de la bouche de leur parent, quand elles sont présentes, les familles se voient contraintes de se substituer aux soignants en effectuant elles-mêmes les soins.

L’abandon des prothèses dentaires est fréquent. Pourquoi ?

Le patient peut les refuser car mal ajustées, devenues inadaptées, gênantes et même douloureuses.

Le personnel soignant peut s’abstenir de les utiliser, de les entretenir et de les proposer au patient ; le passage des repas au mixeur encourage cette tendance. Il est supposé que les résidents n'en ont plus besoin. Il est décrété qu’ils ne peuvent plus ou ne veulent plus mâcher les aliments.

La perte régulière des prothèses contribue à ce tableau; elles peuvent être jetées aux ordures avec les restes du repas. Ou bien être échangées avec celles d’autres convives, surtout dans les chambres comportant plusieurs lits ou dans un réfectoire comportant des tables communes. Les résidents peuvent les déposer ou les jeter dans un lieu improbable, involontairement ou non, surtout s’ils n’en veulent plus à cause de la gêne ou des douleurs qu’elles provoquent. Pire, le personnel peut les faire disparaître, car il répugne à les entretenir en accusant le patient de les avoir égarées. Après chaque repas, elles doivent être brossées avec du dentifrice car les comprimés de nettoyage sont inefficaces. Puis, elles sont rincées et séchées, enfin placées dans la bouche du résident ou remisées dans une boîte spéciale étiquetée. Le tout oblige à une stricte propreté du contenant menant à une perte de temps trop importante pour les soignants ; ainsi est relégué au deuxième plan l'intérêt et le confort du patient. Ces prothèses sont alors définitivement égarées car aucune n’est gravée au nom du propriétaire.

Pour ceux qui ont l’habitude de les porter, lorsqu’elles sont cassées, leur remplacement s’avère parfois un long parcours de combattant. Le renouvellement peut en être empêché par le non-signalement du problème au médecin et les difficultés pour acheminer les patients chez le dentiste et le prothésiste dentaire. Comme l’appareillage est souvent très ancien, il est difficile de retrouver les intervenants ou de transporter les patients à leur cabinet qui se retrouve trop éloigné. Les professionnels n’interviennent pas ou peu sur place et n'ont pas d’outils, de matériau et de salle à leur disposition dans l’établissement.

Ajoutons-y le refus des patients d’accepter des soins longs, fastidieux, parfois douloureux, pourtant nécessaires pour adapter le nouvel appareillage. Dans le cas d’une éventuelle prise en charge par un nouveau praticien, celui-ci refuse très souvent de s'intéresser à une prothèse qu’il n’aura pas prescrite. Le patient doit se rendre chez un vacataire désigné par l’administration de l’établissement. Ce praticien exerce dans le cadre d’une adjudication, il est rémunéré par le forfait soin attribué par les caisses de remboursement. De ce fait, son intervention se résume très souvent à une ablation de la dent incriminée, même s’il y avait une possibilité de la préserver. Hormis la dégradation liée à l’âge de l’état dentaire des malades, cette situation contribue à l'édentement des résidents. Quant au prothésiste, il sera peu enthousiaste pour reprendre un dentier qu’il n’aura pas lui-même fabriqué. Il propose alors le remplacement par un nouveau matériel. La réticence de la famille ou du personnel est aussi à l’œuvre.

Comme la personne consomme des aliments mixés, elle n’en aurait plus besoin. Peu importe si le visage est déformé. L’esthétique n’est en aucun cas la priorité. L’élocution devient plus difficile. De plus, les prothèses fournies sont principalement en résine. Il est exceptionnel de trouver des patients équipés de bridges ou d’implants car inabordables financièrement. Parfois, c’est l’impossibilité du patient ou de sa famille de faire face aux frais engendrés par une nouvelle acquisition. Lorsque ces obstacles sont infranchissables, la seule solution consiste à effectuer un bricolage de fortune en assemblant les morceaux avec une colle extra forte de type glu. Ceci peut convenir si la cassure est franche et que l’appareil est encore adapté. Cependant, entre la détérioration et la réparation, une longue période peut s’écouler. Cette éventualité est d’autant plus fréquente que le malade et sa famille n'existent pas ou ne font pas pression sur le personnel pour régler le problème.

Merci de m’avoir lu. Vous pouvez dialoguer avec moi en utilisant les commentaires de cet article.

Partager cet article
Repost0

Une première : certains exercices peuvent diminuer le risque de démence

Publié le par Louis Lacaze

Le Dr Frederick W. Unverzagt, PhD Professeur de Psychologie Clinique (université de l’Indiana) a publié les résultats d’une étude financée par le NHS, équivalent de notre ministère de la Santé. D’autres travaux sur le même thème sont en cours.

Après une sélection de 2802 seniors, les chercheurs ont suivi 1200 participants pendant dix ans, répartis en plusieurs groupes. Certains ne suivaient aucun entrainement particulier, d’autres pratiquaient des exercices classiques visant à développer la mémoire, un troisième groupe s’exerçait sur ordinateur à développer la rapidité d’exécution en résolvant le plus rapidement possible des exercices de plus en plus complexes et de plus en plus nombreux. La vitesse et la difficulté du test variaient en fonction de la performance de l’exécutant qui doit toutefois impérativement prendre plaisir à cet exercice. Au cours d’un premier temps, les participants ont suivi 10 séances d’une heure étalées sur cinq ou six semaines. Puis les 80% meilleurs ont suivi 8 séances de consolidation de 60 à 75 minutes réparties sur 11 et 35 mois.

Au cours de l’étude, 260 participants ont été atteints de démence mais le risque était de 29% plus faible chez ceux qui avaient suivi les exercices de vitesse par rapport au groupe témoin, avec une diminution plus marquée chez ceux qui avaient suivi les séances de consolidation. Pour ceux qui avaient suivi les exercices classiques de mémoire et de raisonnement, les capacités cognitives étaient conservées cinq et dix ans plus tard mais le risque de démence ne présentait aucune différence significative au bout de cinq ans.

Commentaires de Bernard Pradines

Encore une étude dont les résultats laissent penser à une amélioration temporaire mais non à une réelle prévention des démences. De plus, on peut s'interroger sur le biais suivant : ceux qui n'ont pas effectué les exercices de vitesse et les séances de consolidation n’étaient-ils pas déjà plus atteints que les personnes du groupe témoin ?

 

Sources 

Partager cet article
Repost0