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Rédiger sa propre observation, c’est pouvoir mieux vous soigner

Publié le par Bernard Pradines

Rédiger sa propre observation, c’est pouvoir mieux vous soigner

Combien de patients inconscients, ininterrogeables ou tout simplement incapables de se souvenir de leurs problèmes de santé ! Combien de proches parents incapables de citer les antécédents et les traitements en cours chez un malade ou un blessé souffrant de troubles de la mémoire ou du langage ! Combien de temps perdu par les médecins et les infirmières pour retrouver les antécédents du patient ! Combien de situations immédiatement comprises par les soignants à la lumière des antécédents, pourvu qu’ils soient connus !

Pourquoi ne pas rédiger son observation personnelle, de préférence sur ordinateur et tenue à jour avec une version imprimée disponible ?

Cette observation  pourra comporter :

Renseignements administratifs

  • coordonnées du rédacteur de l’observation.
  • date de naissance de la personne observée, son prénom et son nom, sa profession actuelle ou passée, son état marital, l’existence d’aidants.
  • date de mise à jour de l’observation.
  • coordonnées du médecin traitant et de l’infirmière de la personne observée.
  • coordonnées de la personne de confiance si elle existe, sinon celles de ses proches.
  • lieu où sont rangées les directives anticipées si elles existent.

Antécédents médicaux familiaux

Maladies notables dans la famille (ascendants et collatéraux), en particulier celles qui sont susceptibles d’avoir un impact sur l’hérédité.

Antécédents médicaux personnels

  • maladies infantiles.
  • menstruations, accouchements, maladies de la femme.
  • autres maladies de la plus ancienne à la plus récente. Citer aussi les effets secondaires éventuels des médicaments, des traumatismes non opérés, les hospitalisations, etc.

Antécédents chirurgicaux personnels

Opérations de la plus ancienne à la plus récente.

Maladie(s) actuelle(s)

  • histoire de la maladie.
  • état actuel.

Examens complémentaires

  • imagerie (scanner, IRM …) avec dates de réalisation.
  • biologie (prises de sang, examens d’urines) avec dates de réalisation.
  • autres examens comme un Holter (enregistrement de la pression artérielle ou de l’électrocardiogramme) avec dates de réalisation.

Traitements médicamenteux en cours 

 

Traitements non médicamenteux en cours 

 

Vaccinations effectuées avec dates de réalisation

 

Un dossier séparé contiendra les résultats des examens complémentaires (imagerie, biologie …)

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Réalité et signalement

Publié le par Bernard Pradines

Réalité et signalement

Le manque cruel de personnel soignant dans nos établissements a des conséquences parfois insoupçonnées. C’est pourquoi j’ai répertorié quelques situations anormales chez les résidents qui m’étaient rapportées de manière variable -comme médecin- par des personnels en difficulté face à des pathologies ou à des modifications de comportement. A la charge du lecteur d’en produire d’autres.

Une attitude rééducative ou stimulante, un « laisser faire la personne » au lieu de « faire à sa place» sont bien plus consommateurs de temps. Pire, la cotation tarifaire de la dépendance est en faveur du patient âgé grabataire, non de celui que l’on veut et peut dynamiser. Le risque est donc grand de « rater » une aggravation de la dépendance.

Une agitation sera plus aisément rapportée qu’un comportement trop calme. Comment ne pas comprendre que des cris nocturnes soient à la fois plus faciles à repérer et plus perturbants pour l’entourage qu’une altération anormale de la conscience ? Diminuer un traitement sédatif est toujours plus mal accepté que l’instituer.

Un poids excessif ou une prise de poids poseront davantage de problèmes de manutention que la fréquente perte de poids qui, elle, est perçue confusément comme un allègement de la charge quotidienne, surtout devant une personne obèse. Un appétit augmenté de manière pathologique sera donc potentiellement plus remarqué qu’une discrète anorexie.

Une diarrhée pourra être plus facilement signalée qu’une constipation. En effet, la première donnera davantage de travail que la seconde en termes de maintien de la propreté de la personne : changements du linge de corps et toilettes cutanées.

En conclusion, je ne prétends pas que les tendances décrites ci-dessus sont forcément conscientes et volontaires, ou même systématiques, ce qui serait une grave et injuste accusation.

Non, aussi longtemps que nous souffrirons d’une pénurie de personnels, il faudra simplement en tenir compte.

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