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soins palliatifs

Les médecins doivent apprendre à interrompre un traitement

Publié le par Papi

Les médecins doivent apprendre à interrompre un traitement

Régulièrement entendu aux Etats-Unis :

- Pourquoi les Pompes Funèbres posent-elles deux fois plus de vis lorsqu’elles referment le cercueil d’une personne décédée dans le service d’oncologie ?

- Pour empêcher les cancérologues de continuer la chimio.

Communiquer est important, vous avez devant vous des personnes et non pas des meubles.

Un patient de 80 ans du Dr Meier :

Elégante, dynamique, la cinquantaine, la patiente que recevait le docteur Diane Meier, gériatre, se distinguait des patientes classiques. Atteinte d’un cancer du poumon depuis 4 ans elle appréciait son oncologue mais lui reprochait de toujours répondre « on ne va pas s’occuper de ça » aux questions : comment la situation va-t-elle évoluer ? Vais-je souffrir ? Vais-je mourir étouffée ?

Le docteur Meier a décrit à la visiteuse les différentes étapes pouvant conduire un cancéreux à la mort en expliquant que les soins palliatifs et éventuellement la sédation permettaient de contrôler la douleur. Elle a exposé les possibilités de séjour en institution ou de maintien au domicile. Elle a enfin proposé d’entrer en contact avec l’oncologue pour s’associer à lui dans la prise en charge de sa patiente. Ce dernier a accepté et la patiente a été suivie par les deux médecins.

Par la suite, l’état de santé de la patiente s’étant aggravé, l’oncologue a suggéré l’implantation dans le cerveau d’un dispositif permettant l’application d’une chimiothérapie localisée des métastases.

La gériatre : qu’attendez-vous de ce traitement ?

L’oncologue : il n’apportera rien.

La gériatre : voulez-vous que je l’encourage tout de même à accepter ce traitement ?

L’oncologue : je ne veux pas qu’elle ait l’impression que je la laisse tomber.

A la suite de cet entretien, l’oncologue a choisi de ne pas appliquer le traitement.

Le Dr Meier a compris que, contrairement aux idées reçues, si certains médecins persistent à donner des soins qui n’apporteront rien aux malades, ce n’est pas pour des questions d’argent, mais c’est la seule façon qu’ils connaissent de montrer au malade qu’ils sont préoccupés par leur cas et qu’ils refusent de les abandonner. Les médecins ont été formés pour établir des diagnostics et traiter les maladies. On ne leur a pas enseigné à communiquer sur la douleur, l’évolution de la maladie, mais à demander d’autres examens, à appliquer d’autres traitements, même lorsqu’ils sont parfaitement conscients qu’ils ne serviront à rien.

Quand la fin fut proche, la patiente pria le Dr Meier de demander à l’oncologue de passer la voir, car elle voulait le remercier des soins qu’il lui avait prodigués.

La gériatre: notre patiente demande à vous rencontrer pour vous remercier.

L’oncologue : elle est soignée à domicile, je ne peux plus rien pour elle maintenant.

La gériatre : elle tient vraiment à vous remercier.

Devant l’insistance du Dr Meier l’oncologue accepta de se déplacer. La patiente mourut les jours suivants.

Sources

“Teaching doctors when to stop treatment”

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/teaching-doctors-when-to-stop-treatment/2014/05/19/e643d190-caf5-11e3-93eb-6c0037dde2ad_story.html

et une version plus complète publiée par le Dr Diane E Meier dans Health Affairs :

‘I Don’t Want Jenny To Think I’m Abandoning Her’. Views On Overtreatment

http://content.healthaffairs.org/content/33/5/895.full

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Des vidéos pour nos directives anticipées ?

Publié le par Papi

Des vidéos pour nos directives anticipées ?

Un court commentaire de ce texte peut être lu en bas de page après avoir cliqué sur "1 commentaire" en haut et à droite.

Pour un médecin, demander à un patient en fin de vie ou à sa famille de faire un choix parmi les différentes options possibles présente un certain nombre de difficultés. Les intéressés ignorent tout de ces options, hésitent à poser des questions, ne connaissent pas les soins palliatifs. Il arrive que la famille veuille que tout soit fait pour prolonger la vie du patient, en toute sincérité ou parfois pour se déculpabiliser de l’avoir négligé pendant des années.

Une association anglo-saxonne à but non lucratif a réalisé en plusieurs langues une douzaine de vidéos explicites filmées soit sur des mannequins soit sur des patients montrant par exemple une intubation, une réanimation cardio-pulmonaire. Elles doivent être visionnées en présence d’un médecin qui, éventuellement, ajoute des commentaires.

L’analyse des réactions a montré que les patients dans leur grande majorité choisissaient les soins les moins agressifs beaucoup plus souvent que s’ils avaient reçu une information seulement verbale et recherchaient avant tout une fin de vie paisible. Les familles se sentaient sécurisées dans leur choix grâce à l’information apportée.

Les vidéos ne sont pas accessibles au grand public. Leur diffusion à grande échelle permettrait-elle à tout un chacun de rédiger de directives anticipées en meilleure connaissance de cause ? Est-elle souhaitable ?

Sources

Videos aim to inform patients about their medical options at the end of life

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/videos-aim-to-inform-patients-about-their-medical-options-at-the-end-of-life/2014/06/02/b0eae002-c63f-11e3-8b9a-8e0977a24aeb_story.html

Pour aller plus loin

http://www.commonwealthfund.org/publications/newsletters/quality-matters/2012/june-july/qa

http://www.scie.org.uk/socialcaretv/video-player.asp?v=dementiaendoflifecare

Pour charger les vidéos vous devez vous inscrire. Le chargement est gratuit.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19949010

Use of video to facilitate end-of-life discussions with patients with cancer: a randomized controlled trial.

Nombreux liens vers d’autres publications

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