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Le suicide peut-il être rationnel ?

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Extrait :

"Il arrive qu’une personne âgée en bonne santé, en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, déclare qu’il est temps pour elle de disparaître plutôt que de se retrouver enfermée en maison de retraite, grabataire ou clouée sur un fauteuil roulant."

Source :

Bref résumé d’une interview du Dr Meera Balasubramaniam, psychiatre spécialisée en gériatrie, professeur de médecine à l’Université de New-York

Il arrive qu’une personne âgée en bonne santé, en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, déclare qu’il est temps pour elle de disparaître plutôt que de se retrouver enfermée en maison de retraite, grabataire ou clouée sur un fauteuil roulant. Elle peut utiliser l’expression de suicide rationnel.

Ne serions-nous pas plutôt devant une anxiété, une peur devant une réalité encore hypothétique ? Un examen approfondi qui peut s’accompagner d’un traitement médical s’impose. Le poids de la solitude est écrasant. Il est important de rechercher la présence – ou l’absence – de personnes autour de cette personne âgée. Combien d’amis ont disparu ? De qui se sent-elle proche ? Elle peut être entourée d’une nombreuse famille et se sentir très seule.

Accepter l’idée qu’un suicide peut être rationnel va conduire sur un terrain glissant : le suicide assisté et l’euthanasie ne sont plus très loin. Le désir de mourir peut devenir une exigence pour ceux qui ne peuvent plus conserver leur indépendance.

D’autre part, affirmer que le suicide rationnel ne peut pas exister est illogique. Ce désir exprimé de mort peut traduire une déprime passagère ou la volonté de mettre fin à sa vie. La personne peut présenter un trouble mental. Il faut alors aller plus loin, faire preuve de curiosité. Le médecin doit donc ouvrir un dialogue. Pourquoi envisagez-vous de mourir ? Qu’est-ce que vous ne pouvez pas, ne voulez pas supporter ? Vous avez décidé d’en finir et au dernier moment vous avez hésité. Pourquoi ? « J’ai pensé à mon épouse, à mes petits-enfants ». Si par contre on vous répond « je n’ai pas en ce moment assez d’argent pour acheter une arme », la prudence s’impose.

Comment lutter contre ces tendances suicidaires en progression chez les personnes âgées ? La société se retrouve sur le banc des accusés avec la glorification systématique de la jeunesse, la représentation de la vieillesse comme une déchéance et un fardeau financier, l’absence de lutte contre la solitude. La peur d’avoir à finir sa vie dans une maison de retraite n’est pas sans fondement. Améliorer leur image suppose une très forte augmentation des crédits qui leur sont alloués …

Commentaires de Bernard Pradines :

Nous voici devant un sujet qui rejoint le débat ancien autour du syndrome de glissement qui peut être, dans certains cas, un équivalent suicidaire.

Sommes-nous devant des troubles organiques, psychopathologiques ou « adaptatifs » ? Cette dernière catégorie relève de l’adaptation à la situation sociale, économique et relationnelle. Elle pourrait se résumer à l’interrogation suivante : « A quoi suis-je utile car je suis une charge indue ? » Ce à quoi l’entourage au sens large a déjà répondu en avançant en permanence ses impératifs d’économie et de rentabilité. Ne resterait plus alors que le suicide « rationnel ».

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Faire de la moto après 75 ans ?

Publié le par Bernard Pradines

Si j’en crois mon concessionnaire BMW, les achats de motos de forte cylindrée se tarissent à l’âge de 75 ans. Parfois, les motards ayant atteint cet âge sont acquéreurs de modèles plus légers. Il est vrai que les motos de tourisme qualifiées de « gros cubes » avoisinent aisément les 300 kg. Quand ce ne sont pas 450 kg pour les plus lourdes d’entre elles. De surcroit, la conduite motocycliste demande une attention soutenue, une vision parfaite et des réflexes immédiats. Il convient de parler de pilotage davantage que de conduite.

Le poids de la machine n’est probablement pas le seul facteur d’abandon de cette pratique. Sans surprise, les résultats d’une étude taiwanaise parue récemment (Hsieh et al, 2017) indiquent que les traumatismes sont plus graves dans la population âgée avec des conséquences plus sévères, qu’une plus grande proportion de cette tranche d’âge est accueillie en unité de soins intensifs, que la durée de séjour hospitalier et la mortalité sont accrues.

Une étude iranienne (Etehad et al, 2015) retrouve aussi une augmentation de la mortalité des motocyclistes avec l’âge.

Faut-il déconseiller la moto de tourisme après 75 ans ? S’il n’existe aucune preuve tangible en ce sens, une approche empirique permet de répondre positivement à cette question, en tout cas si l'âge physiologique n'est pas nettement plus avantageux que l'âge chronologique. Jusqu’à plus ample information. Pourtant, certains ne s’y résignent pas : par exemple Walter Loeser, 98 ans et Kurt Neuhaus, 90 ans (ci-dessous).

Faire de la moto après 75 ans ?

Sources :

Hsieh CH, Liu HT, Hsu SY, Hsieh HY, Chen YC. Motorcycle-related hospitalizations of the elderly. Biomed J. 2017 Apr;40(2):121-128.

Etehad H, Yousefzadeh-Chabok Sh, Davoudi-Kiakalaye A, Moghadam Dehnadi A, Hemati H, Mohtasham-Amiri Z. Impact of road traffic accidents on the elderly. Arch Gerontol Geriatr. 2015 Nov-Dec;61(3):489-93.

Rassemblement français de motards dans le cadre des "Motards du Viaduc"

Rassemblement français de motards dans le cadre des "Motards du Viaduc"

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