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301 résultats pour “patient idéal

Etablissements pour personnes âgées : crise sanitaire, éthique, sociétale ?

Publié le par Bernard Pradines

image issue du site : fr.news.yahoo.com

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La pandémie en cours a mis en lumière une fragilité collective connue, bien moins explorée que la fragilité  individuelle. Cette dernière fait l’objet de programmes de recherches et de nombreux congrès et publications[1]. Ce n’est pas le cas de la première, celle qui a trait à la proximité, voire à la promiscuité de personnes polypathologiques et dépendantes dans un même lieu commun. Une aubaine pour tout microorganisme mal intentionné. S’y trouvent aussi des personnes qui souffrent de troubles dits du comportement qui ignorent toute distanciation et autres « gestes barrières ».

La crise sanitaire est venue mettre à mal la doxa répétée à souhait : le résident d’établissements pour personnes âgées est chez lui car l’établissement est son domicile. De nombreux témoignages de résidents, de familles et de soignants sont venus contredire cet idéal affiché. Confinement, isolement, rupture de lien significatif avec leur famille, dépression et régression conséquentes se sont invités cruellement au rendez-vous. Un phénomène qui sera étudié pendant de nombreuses années tant il est antinomique de l’esprit des déclarations d’intention. Je ne citerai que deux articles de la fameuse charte des droits des personnes âgées[2]

  • Une vie sociale malgré les handicaps : toute personne âgée dépendante doit conserver la liberté de communiquer, de se déplacer et de participer à la vie de la société.
  • Présence et rôle des proches : le maintien des relations familiales et des réseaux amicaux est indispensable aux personnes âgées dépendantes.

De plus, en dehors de toute crise, la réputation des établissements pour personnes âgées demeure problématique, malgré les efforts méritoires des intervenants professionnels et bénévoles.

Ainsi, pour deux personnes sur trois en France, il est inenvisageable d'être placées en EHPAD.[3]

Un sujet sensible par les temps qui courent. La nécessité impérieuse d’améliorer les EHPAD après les deux rapports de mars 2018[4] et mars 2019[5].

Ainsi avons-nous affaire à une double crise éthique et sociétale. D’une part un conflit entre les valeurs affichées telles que le label Humanitude et la réalité. De l’autre une difficulté majeure pour améliorer les établissements pour personnes âgées au temps des pénuries de personnels, de difficultés de recrutement, de fatigue post-covid-19 et de menaces de procès consécutifs à la crise sanitaire.

D’aucuns souhaitent, voire prophétisent la disparition des établissements pour personnes âgées. Ils sont parfois moins diserts sur les solutions d’amélioration et de substitution. Je m’y essaierai prochainement.

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Le moment est-il venu de me séparer de Poupette ?

Publié le par Louis Lacaze

Le moment est-il venu de me séparer de Poupette ?

Vivre aux côtés d’un animal favori chez soi peut apporter de grandes joies à un senior, généralement suivies de chagrin lorsque l’espérance de vie de l’animal, bien plus courte que celle des humains, arrive à son terme. Son propriétaire rêve pour lui d’une mort naturelle, qui pour un animal non domestiqué était l’isolement dans la nature ou la rencontre avec un prédateur. Mais sa fin de vie à nos côtés ne sera pas toujours aussi paisible et naturelle. Les chiens et les chats sont bien plus stoïques que les humains face à la douleur qui ne se manifeste pas toujours extérieurement.

 

 Constatant que beaucoup de propriétaires tardaient à décider d’euthanasier leurs animaux et que très peu envisageaient une décision qui serait prématurée, le docteur Villalobos, vétérinaire, a créé une échelle permettant de faciliter une prise de décision. Les points suivants doivent être notés de 0 à 10, la note idéale étant 10.

Souffrance : l’animal souffre-t-il ? Sa respiration est-elle difficile ?

Appétit : mange-t-il normalement ?

Hydratation : boit- il normalement ?

Hygiène : est-il toujours propre ?

Bien-être : exprime-t-il de la joie, de l’intérêt ?

Mobilité : peut-il se lever sans être aidé ? Marcher normalement ?

Etat général : les jours sans problèmes sont-ils les plus nombreux ? Si la relation avec l’animal n’est plus possible, la fin est proche et l’euthanasie peut s’envisager lorsqu’une fin paisible au domicile et sans souffrance est improbable.

 

Devant un score à peu près moyen, un vétérinaire peut suggérer un traitement, un total inférieur à 35 suggère d’envisager une euthanasie. Celle-ci peut être pratiquée après administration d’un sédatif en présence des propriétaires qui voudront accompagner leur animal jusqu’au bout de la route.

 

Commentaires de Bernard Pradines : la problématique des animaux chez les personnes âgées tient aussi  au risque d’abandon ou d’euthanasie lorsque leur maîtresse ou leur maître entre en établissement. L’anticipation dans ce domaine revêt donc une grande importance. Les scrupules ne seront pas toujours au rendez-vous si l’animal est considéré seulement comme le compagnon assurant la sécurité et la compagnie de la personne âgée en remplacement de sa famille. Il est des héritages dont personne ne veut alors que d’autres sont toujours convoités. La personne âgée partie en établissement ou décédée, l’animal ne trouvera plus son utilité et pourra être sacrifié. Je ne suis pas convaincu par un score qui ne reflète pas que la seule dimension de souffrance : hygiène, se lever sans être aidé, relation avec l’animal … Par ailleurs, l’euthanasie dite « de confort » peut avantager certains vétérinaires qui n’oublient pas que ce geste est rémunérateur. Encore un effort pour une société plus humaine envers les humains et les animaux dont nous sommes comptables et nous-mêmes compagnons.

 

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