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301 résultats pour “patient idéal

Maladie d’Alzheimer

Publié le par Bernard Pradines

 Maladie d’Alzheimer

Article paru sur AgeVillagePro le 22 septembre 2021.

Alzheimer : pourquoi ce médecin nous importe-t-il ? Bien sûr par la prévalence et l’incidence des troubles qu’il a décrits. Encore ?

Les progrès concernent le diagnostic dont l’évaluation neurocognitive, celle des activités de la vie quotidienne, l’imagerie cérébrale, enfin dans certains cas des « marqueurs » dans le liquide céphalorachidien[1]. Un diagnostic qui est encore loin d’être toujours effectué.

Nos espoirs ont été déçus dans la quête de traitements médicamenteux efficaces avec la prise de conscience progressive qu’il en sera ainsi pour une longue et imprévisible période. Contemporaines, des avancées notables voire déterminantes ont vu le jour face à d’autres affections courantes au grand âge tels les cancers et les maladies cardiovasculaires. Sans parler de l’efficacité vaccinale actuelle.

Au début, voici souvent une apparence trompeuse de normalité. Mais elle peut prendre une allure attribuée au domaine de la psychiatrie. La menace est insidieuse par sa survenue progressive sans qu’il soit possible d’en prévoir précisément la rapidité d’évolution. Plus tard, l’oubli de soi et des autres amènera la non-reconnaissance des proches. Comme si ceci ne suffisait pas, la réciproque se vérifie aussi : les proches ne reconnaissent plus le leur. Ses manifestations sont variables par leurs formes cliniques et du fait qu’elle affecte l’organe qui héberge les multiples facettes de notre identité. C’est une rupture plus ou moins complète du lien social.

En dehors des rares familles impactées par leur profil génétique, les facteurs de risque ne sont pas spécifiques et ne valent qu’au niveau collectif. Il se trouve même des voix renommées pour contester le statut de maladie : par exemple Olivier Saint-Jean[2], précédé par Peter Whitehouse[3].

Dans nos familles, le moment charnière est celui de la dépendance à autrui pour les actes de la vie quotidienne se doublant souvent d’une surveillance plus ou moins rapprochée.

Les moyens à déployer et leur coût financier pour demeurer à domicile peuvent être rédhibitoires et ne suffiront pas forcément à éviter une entrée en établissement. Alors on n’enfermera pas maman, elle rejoindra éventuellement un secteur « protégé », au pire une unité « renforcée ». Ainsi, le schéma traditionnel d’accompagnement est durement mis à mal : honore ton père et ta mère en veillant sur eux jusqu’à leur fin, les époux se devant « mutuellement respect, fidélité, secours et assistance » Un film tel que « The father » en 2020 nous donne à voir les souffrances des malades et de leurs proches.

Voici de nouveaux espoirs, pas seulement dans le domaine de la recherche médicale. En l’absence de thérapeutique médicamenteuse curative se sont heureusement développées des approches non médicamenteuses.

Rejoindre une association au titre d’aidant ou de bénévole, c’est refuser d’abandonner les patients et leurs familles à leur détresse. Se mobiliser, c’est ne pas se replier sur ses seules peines mais apprendre à écouter autrui, à partager les attitudes à adopter. Proposer des pistes d’amélioration, c’est par exemple élargir au-delà de la toute fin de la vie les prérogatives des mesures d’anticipation telles que la personne de confiance ou les directives anticipées[4].

Impossible de clore ce court exposé sans saluer le dévouement des entourages familiaux et professionnels qui, au-delà de leurs indispensables compétences, doivent faire montre d’une patience à toute épreuve.

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Insolite. Pour prévenir la covid-19 faut-il avoir du nez ?

Publié le par Louis Lacaze

Insolite. Pour prévenir la covid-19 faut-il avoir du nez ?

Les opposants irréductibles à la vaccination qui refusent l’injection d’un produit artificiel peuvent s’intéresser à une défense naturelle de l’organisme présentée par les vibrisses, autrement dit les poils du nez. Si, dans un milieu très poussiéreux, elles peuvent se charger de particules, jusqu’où peut s’étendre ce rôle protecteur ?

En 1896 deux médecins anglais ont noté que si les vibrisses pouvaient héberger des germes variés, les cavités nasales étaient aseptiques au-delà, ce qui à leurs yeux démontrait leur capacité de filtrage. Il leur avait échappé que corrélation ne vaut pas causalité. 

En 2011 une équipe de chercheurs turcs1 s’est intéressée à la relation possible entre la densité de la pilosité nasale et les crises d’asthme, pour découvrir qu’elles étaient moins sévères en présence de forte pilosité. En se contentant d’une simple observation sans expérimentation, ils ne pouvaient pas établir un rapport de cause à effet ; par ailleurs l’asthme n’est pas une maladie infectieuse.

Ce n’est qu’en 2015 que des chercheurs de la clinique Mayo2 ont mesuré les effets d’un éclaircissement de la pilosité nasale. L’alléger facilite le passage de l’air respiré mais à leur avis elle ne peut opérer un filtrage quelconque de virus infiniment petits.  

S les réfractaires au vaccin savent que 59% des cas de transmission de covid proviennent de personnes asymptomatiques, que les personnes vaccinées peuvent héberger d’énormes quantités de virus et les diffuser3 4, il ne leur reste plus qu’à se rabattre sur le port systématique du masque, à l’extérieur comme à l’intérieur où le risque de contamination en particulier dans le milieu familial reste très préoccupant.

Commentaires de Bernard Pradines.

Ce texte a le mérite de nous rappeler qu’il n’y a pas de lien systématique entre corrélation et causalité. Autrement dit, la coexistence de deux phénomènes observés ne signifie pas que l’un est la cause de l’autre. En filigrane, un autre rappel : nombre d’études ne sont pas menées de manière rigoureuse et se voient démenties puis oubliées. Les mécanismes de cet immense cimetière de propositions sont trop longs à détailler dans ce simple commentaire. Par contre, la motivation à les produire peut-être ainsi résumée : nécessité de publier pour obtenir des subventions, une promotion, une réputation, une publicité d’une personne ou d’un service, d’une entreprise ou d’un produit. Il ne suffit pas d’obtenir des données, encore faut-il savoir les interpréter. C’est pourquoi la recherche des sources fiables est-elle une obsession qui traverse la carrière de la quasi-totalité des médecins.  La covid-19 et ses polémiques ne sont que des avatars de cette situation. Même les publications sérieuses contemporaines ne représentent jamais que « l’état actuel de la science » dont on sait qu’il est évolutif. Si le temps présent permet de s’imprégner de cette réalité, il n’aura pas été inutile. Qui est en quête de croyance absolue est prié de se tourner vers les vendeurs de certitudes.

 

  1. A B Ozturk  1 E DamadogluG KarakayaA F Kalyoncu  Does nasal hair (vibrissae) density affect the risk of developing asthma in patients with seasonal rhinitis?

2 David G Stoddard John F PallanchGrant S Hamilton The effect of vibrissae on subjective and objective measures of nasal obstruction

3 Michael A. Johansson, PhD Talia M. Quandelacy, PhD, MPH et al JAMA SARS-CoV-2 Transmission From People Without COVID-19 Symptoms

Publié dans Covid-19, prévention

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