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Quelles leçons retenir après la première vague de covid ?

Publié le par Louis Lacaze

Quelles leçons retenir après la première vague de covid ?
Quelles leçons retenir après la première vague de covid ?

Darrell Owens, médecin spécialiste en soins palliatifs s’est retrouvé mobilisé 24 heures sur 24 pendant 64 jours à consacrer une grande partie de son temps à des entretiens avec les patients de plus de 65 ans et particulièrement avec les familles quand la communication présentait des difficultés.

Comment se préparer à un tel afflux de patients ? Accepter l’idée que toute l’organisation sera bouleversée et se demander d’abord si l’on a les capacités de faire face ?  Profiter de l’occasion pour réorganiser les services, améliorer les soins aux patients en visant le long terme ?

Pour résister à cette charge de travail exceptionnelle, Darrell Owens a veillé à conserver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, famille et occupations de loisir en pensant qu’il suffisait de tenir encore une semaine et que tout serait terminé. Que tout allait changer avec une mobilisation générale des professionnels de la santé, des familles, des établissements d’accueil. Une réforme s’impose à ses yeux : établir une limite stricte du nombre de patients et résidents en fonction du nombre de soignants. Un projet dans ce sens s’est perdu dans les méandres des instances gouvernementales, illustrant le peu de poids des seniors face aux exploitants de l’or gris. La nation a confié à des groupes financiers l’accueil des seniors, activité pour eux des plus rentables. De leur côté les soignants qui consacrent toute leur énergie aux seniors ont pu finir par être démoralisés et se demander s’ils ne sont pas naïfs quand ils sont les seuls à s’intéresser à leur sort.

Une nouvelle forme d’accueil est en phase de réflexion avec de petites structures ayant un bon rapport résidents-soignants, un maximum de liberté et le sentiment, en particulier chez les déments, que la vie continue, qu’il y a toujours de l’espoir.

Pour le Dr Jim Wright, directeur d’établissement d’accueil, le pire cauchemar de la première vague de covid a été le confinement, les résidents enfermés dans leurs chambres, l’interdiction des visites, la suppression des repas en commun, la fin des activités. Un horrible cauchemar à ne jamais revoir. Or la pandémie n’a rien changé sur le plan administratif, un rapport de 600 pages approuvé par l’Académie des Sciences est tombé aux oubliettes. Les établissements d’accueil conservent toutefois leur optimisme. Ils aimeraient avoir la possibilité de promouvoir directement le personnel en fonction de ses capacités et de son mérite.

Commentaires de Bernard Pradines. Il est frappant de constater les analogies entre la situation aux USA et celle de la France. La Covid-19 continue à affecter gravement les personnes les plus vulnérables dans le monde. Si toutes les leçons de la pandémie n’ont pas été tirées, Daniel Owens a le mérite de nous en communiquer l’essentiel.

Source :

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Un pari fou

Publié le par Bernard Pradines

Images issues des sites : https://hg2.com/venue/running-in-paris/  et  https://frequence-running.com/blog/ou-courir-a-paris/
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Imaginez une grande ville où les personnes âgées auraient leur place. J’ai essayé d’y parvenir ce dernier week-end.

Non, ne pensez pas à cette voiture qui vrombit à 20 cm derrière vous quand vous ne dégagez pas suffisamment vite du passage pour piétons où le bonhomme vert vous donne pourtant la priorité. Allez, vous avez quand même fini par survivre.

Non, ne vous offusquez pas parce que la trottinette qui vous a frôlé aurait pu vous faire tomber au moindre écart. Mais ceci n’a pas eu lieu grâce à l’habilité du trottinetteur ! Béni soit son âge.

Non, ne criez pas au scandale si le vélo qui passe au feu rouge a failli vous renverser. Merci au cycliste de vous avoir épargné.

Non, ne soyez pas grognon si la loi du plus rapide distribue les places assises dans les transports en commun. Vous aurez peu de chances de vous asseoir, mais ne vous plaignez pas : rester debout et se cramponner est excellent pour vous maintenir en forme car vous êtes trop souvent assise ou assis.

Non, n’allez pas un dimanche matin dans ce jardin public où l’espace appartient seulement à ceux qui courent ; c’est à celle ou celui qui sera le plus rouge ou la plus suante. Attention, ils foncent tout droit tant leur regard est perdu dans leur effort intérieur et leur trajectoire déjà déterminée. Ils travaillent durement pour leur santé, pas la vôtre. Evitez-les soigneusement sans leur adresser une parole qu’ils ne comprendraient pas et qui accroitrait leur essoufflement s’ils y répondaient.

Non, ne redoutez pas ce jeune homme qui, sur patins à roulettes, vous a évité une hospitalisation grâce à son agilité. Ne le remerciez pas, il ne comprendrait pas votre sollicitude. Après tout, vous avez peut-être échappé grâce à lui aux frais de funérailles à la charge de votre famille.

Non, ne vous étonnez pas si vous êtes une des seules personnes âgées rencontrées dans la partie touristique de la ville. Peut-être ont-elles quelques raisons de ne pas s’y aventurer. Après tout, vous auriez pu vous informer.

Non, ne soyez pas surpris si des incidents éclatent ici ou là entre ces damnés de la ville déshumanisante. Un lieu où l’on ne se connaît pas, où l’on est trop nombreux pour se saluer, où autrui est une gêne, un importun et non une aide. Oui, il existe toutefois ici des tribus héritées d’un temps antérieur à Lutèce, qui se connaissent et se reconnaissent.

Est-ce un pari fou que de rêver d’un autre Paris ?

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