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Alzheimer : médicaments inefficaces ?

Publié le par Bernard Pradines

Depuis le début, bien des médecins dont je suis sont sceptiques quant à l’efficacité des médicaments dits spécifiques et circonspects quant à leurs effets adverses qui m’ont obligé maintes fois à les interrompre.

Toutefois, des arguments tels que la quête désespérée d’un médicament ou encore la possibilité d’un meilleur suivi sous traitement peuvent l’emporter sur des constats pourtant probants. L’amélioration initiale constatée peut rendre  compte de l’effet placebo sur le patient et sur son entourage ; un effet psychostimulant a aussi été évoqué.

Pour Olivier Saint-Jean, l’inefficacité et la dangerosité devraient amener à l’interruption de toute thérapeutique spécifique existante. Le déremboursement complet en serait le corollaire. L’association France Alzheimer s’oppose à une telle mesure.

Source ci-dessous : 

Publié dans Alzheimer

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Travailler jusqu’à 93 ans et quatre mois pour éviter la maladie d’Alzheimer ?

Publié le par Bernard Pradines

Dr Aloïs Alzheimer 1864 - 1915

Dr Aloïs Alzheimer 1864 - 1915

Ne riez pas. Si l’on relit avec délices une étude prétendument sérieuse (1),  encore récente, chaque année de travail supplémentaire après 60 ans diminuerait la probabilité d’Alzheimer de 3 %. Une extrapolation hasardeuse me pousse donc à proposer l’âge de 93 ans et quatre mois pour éradiquer la maladie d’Alzheimer. L’honnêteté me pousse toutefois à vous dire que l’étude n’a porté que sur des personnes prenant leur retraite entre 60 et 65 ans avec un moindre risque de présenter cette affection de 15 % si elles travaillaient jusqu’à 65 ans. J’ai, en son temps, critiqué ces résultats du fait des possibles biais de sélection (seulement des travailleurs indépendants français), d’un biais de classement (maladie déclarée ALD15 et patients sous thérapeutiques médicamenteuses dites spécifiques) et d’un biais d’interprétation (causalité fortement suggérée à partir du principe « use it or loose it »), en bref d’une méthodologie discutable : rien ne dit de surcroît qu’il n’existe pas une « causalité inverse » et des facteurs de confusion inconnus. Sans parler du délai de 5 ans pour l’apparition de la maladie. Chacun sait aujourd’hui qu’il peut être beaucoup plus long. Enfin, la diffusion des résultats a été pour le moins imprudente, même si le conditionnel put encore être employé en titre dans Le Figaro du 16 juillet 2013 (2).

La morale de cette histoire, comme de bien d’autres, nous est fournie par le bon sens populaire : on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. J’y  ajouterai volontiers : surtout si l’on y a un intérêt quelconque, financier et/ou idéologique.

  1. Voir lien ci-dessous :

2. Portail web du Figaro le 16 juillet 2013 à l’adresse ci-dessous : 

Publié dans Alzheimer, éthique

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