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Travailler plus pour vieillir moins ?

Publié le par Bernard Pradines

Travailler plus pour vieillir moins ?

Voici le titre choc d’un article paru le 19 septembre 2013 dans « Le Figaro » (1). Un titre qui tendrait à démentir les résultats de la cohorte GAZEL (2), publiés en 2009, qui montraient l’amélioration de la santé subjective dans les années qui suivent le départ en retraite.

En fait, l’auteur de l’article du Figaro fait état d’un aspect précis du vieillissement en évoquant les résultats d’une étude récente réalisée par l’INSERM et le Centre International sur la Longévité (ILC) : le fait de travailler après 60 ans serait un facteur protecteur de la maladie d’Alzheimer (3).

De fait, une corrélation a ainsi été établie entre chaque année de travail après 60 ans et la probabilité de présenter une maladie d’Alzheimer qui diminuerait de 3 % par an, soit de 15 % si la retraite est prise à 65 ans au lieu de 60. D’où des conclusions optimistes quant à ceux qui travailleront tard dans la vie.

Pourtant, il convient d’être très circonspect envers les déductions de l’auteur de l’article. Pourquoi ?

D’abord car il est difficile de relier les éventuels effets bénéfiques du travail avec la « stimulation cognitive » ou encore la bonne santé des chinois âgés laborieux de Hong-Kong. Ensuite car l’étude INSERM-ILC ne porte que sur des travailleurs indépendants français, pas sur les autres.

Par ailleurs, il est impossible de dire si la maladie n’était pas déjà présente à bas bruit à l’âge de 60 ans (nous savons qu’elle débute longtemps et insidieusement avant de devenir problématique). Cette situation pourrait précipiter un départ précoce à la retraite.

Enfin et surtout car les professions, les niveaux socio-éducatifs et socio-économiques suspects de favoriser l'apparition d'une démence sont davantage liés à un départ précoce à la retraite.

En conclusion, gardons un esprit critique, méfions-nous de déductions hâtives parasitées par les idéologies du moment, par exemple celle qui veut associer bonne santé et retraite retardée.

Sources :

(1) http://www.ilcfrance.org/actualites/docs/2013/Article_Figaro_%20jeudi_19_septembre_2013.pdf

(2) Jokela M, Leineweber C, Goldberg M, Zins M, Vahtera J. Self-rated health before and after retirement in France (GAZEL): a cohort study. Lancet. 2009 Dec 5;374(9705):1889-96. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19897238

(3) "Older age at retirement is associated with reduced risk of dementia : http://www.ilcfrance.org/actualites/docs/2013/Etude_Orlando_Abstract.pdf

Publié dans retraite, Alzheimer

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Écouter ou chanter ?

Publié le par Bernard Pradines

Écouter ou chanter ?

Dans une étude dont les résultats ont été communiqués le 9 novembre 2013, des auteurs américains font état de résultats discordants suivant le type de musicothérapie utilisée chez des patients souffrant de maladie d’Alzheimer.

Les personnes étudiées participaient à des séances de 50 minutes, trois fois par semaine pendant quatre mois. Un groupe de 18 patients écoutait passivement la musique tandis que l’autre groupe, équivalent en nombre, chantait.

Les résultats positifs sur des indicateurs cognitifs et de satisfaction sont clairement en faveur du groupe « chantant ». Le bénéfice le plus net est observé au cours de démences modérées à sévères.

Il convient toutefois de demeurer prudent devant ces conclusions, même si elles sont encourageantes et ne rapportent pas évidemment les effets secondaires des thérapies médicamenteuses. Le faible nombre de participants, les difficultés méthodologiques liées surtout à l’impossibilité du « double aveugle » et à l’absence de « cross-over » nous font attendre d’autres études et pour le moins une publication complète encore inexistante sur Medline.

Source : http://tinyurl.com/Singing-abstract

Publié dans musicothérapie, Alzheimer

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