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L’immobilité et le mouvement

Publié le par Bernard Pradines

Ceux qui ne connaissent pas l’évolution de la maladie d’Alzheimer sont souvent surpris par le désir de stabilité environnementale de ces patients. Une attitude qui  inquiète les proches car synonyme d’immobilité, d’éloignement et d’enfermement. Le moindre changement d’endroit  ou de programmation de la journée peut devenir anxiogène. Comme si la maîtrise de son lieu ou de ses horaires de vie ne souffrait plus la moindre nouveauté, la moindre adaptation.

Je n’appréhende plus ce monde et ce dernier ne me comprend plus. A peine puis-je reconnaître  un peu mon environnement proche. N’y changez rien !

Pour nous au contraire, bien portants dits « actifs », la vie est dans le mouvement. Sont connotés positivement des mots tels que « dynamisme », « adaptabilité » ou « exercice physique ». Quand la publicité s’en saisit, cela devient « mangez et bougez » devant le plat présenté de la manière la plus alléchante possible. Quand la politique s’en empare, cela peut même devenir « réforme », nonobstant le caractère souvent conservateur, voire rétrograde, des mesures envisagées.

Ces attitudes contradictoires entre proches et patients  sont génératrices d’une tension entre les malades et leur entourage. Une fois de plus, connaitre la maladie n’empêchera pas la souffrance qui lui est afférente. Mais elle pourra au moins la limiter en évitant la culpabilité injuste qui nous rendrait comptables de symptômes qui ne relèvent aucunement de notre responsabilité. 

Publié dans Alzheimer

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Quand ils ne sont plus dans notre monde, c’est à nous d’aller dans le leur !

Publié le par Papi

Image issue du site suivant : http://loacmateo.com/2012/11/21/philotherapie-article-n35-quest-ce-que-le-monde-pour-moi/

Image issue du site suivant : http://loacmateo.com/2012/11/21/philotherapie-article-n35-quest-ce-que-le-monde-pour-moi/

Où est passée ma montre ? C’est vous qui l’avez volée ! Ce genre de remarque peut déstabiliser un aidant plein de bonne volonté. De nombreux chercheurs en gériatrie ont proposé des explications à ce comportement et suggéré comment réagir.

Ils expliquent cette  distorsion de la vérité par le besoin d’une personne atteinte de démence légère de rationaliser son comportement, de ne pas paraître stupide et suggèrent des comportements à adopter.

La technique de la validation permet de maintenir le contact. Si la personne a vu une girafe dans le jardin, on l’écoute, on lui demande si elle n’a pas eu peur. On évite de la contredire, de l’obliger à se justifier pour ne pas blesser son amour-propre.

Si elle pose constamment la même question on peut questionner à son tour. 

-  Quand va-t-on partir ?

- Tu as peur que nous soyons en retard ? Ou bien : je sais que tu as peur que nous soyons en retard. Moi aussi je ne veux pas que nous soyons en retard, nous partirons assez tôt.

Une autre approche est possible :

Que se passerait-il si nous étions en retard ? Ceci permet de remonter à la source de l’anxiété et d’essayer de la soulager.

Les auteurs de ces suggestions ont parfaitement conscience que les nerfs des soignants sont souvent mis à rude épreuve et font des suggestions :

- Respirez par le nez, attendez 8 secondes, expirez. Le tout 6 fois.

- Montez et descendez un escalier pendant une minute.

- Si la personne a une crise de colère, observez ses yeux, son visage, n’importe quoi pour résister à l’envie de réagir. Ensuite reprendre les griefs énumérés, une forme de communication pouvant s’établir.

Lorsque la démence a rendu la communication verbale impossible, il reste le recours à la musique et au contact physique. La personne sera réceptive au langage du corps et capable de reconnaître l’irritation, l’anxiété. Un contact physique peut transmettre un message négatif aussi bien que positif. Ils ne sont plus dans notre monde, c’est à nous d’aller dans le leur.

Sources

Rappel : les textes relevés sur caring.com s’adressent à des aidants en situation difficile et peuvent intéresser les visiteurs bénévoles. Ils ne prétendent en aucun cas les dispenser d’avoir recours à des professionnels de la santé. Tout bénévole doit avoir conscience de ses limites !

http://www.caring.com/articles/why-people-with-dementia-lie?utm_content=20131212&utm_campaign=website&utm_source=suggests&utm_medium=email

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/dementia-makes-communication-difficult-but-some-steps-can-make-it-easier/2013/04/08/abd17de8-fd04-11e1-a31e-804fccb658f9_story.html

Publié dans Alzheimer

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