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covid-19

Voyager dans le temps permet d’augmenter sa résilience

Publié le par Louis Lacaze

Voyager dans le temps permet d’augmenter sa résilience

Le mot « résilience » a largement débordé le domaine de la résistance des matériaux. En psychologie, il désigne la capacité de surmonter un traumatisme, de retrouver un état d’équilibre après un évènement exceptionnel, évènements qui n’ont pas manqué en 2020 et 2021.

 En période de restrictions de mouvement et de vie sociale, il est parfois suggéré de ne penser qu’au temps présent, de se laisser vivre au jour le jour avec pour conséquence de se retrouver plongé dans un monde d’ennui. Les psychologues suggèrent tantôt d’explorer le passé pour retrouver des moments de bonheur, tantôt de se projeter en imagination dans l’avenir. La routine quotidienne passe au second plan, ponctuée par des moments de plaisir. Pourquoi ne pas s’imaginer voyager dans le temps, se retrouver dans un futur où la covid-19 ne représente plus qu’un évènement historique, où le cancer a été vaincu par un vaccin ARN universel ?

Se projeter dans le passé replonge dans une nostalgie, définie par les Grecs comme une souffrance liée à l’impossibilité de revivre le passé. Toutefois, alors qu’il devrait être une source de dépression, ce retour en arrière apporte joie et paix, rassure en permettant de constater que l’humanité a connu des moments bien pires. Il donne une leçon d’optimisme et nous rassure sur nos capacités de récupération et d’adaptation.

Commentaires de Bernard Pradines :
Afin de ne pas totalement adhérer à l'opinion positive et volontariste de l'auteur, je dirais plutôt :  "alors qu’il devrait être une source de dépression, ce retour en arrière peut apporter joie et paix, rassurer en permettant de constater que l’humanité a connu des moments bien pires."
 
Source :
 

Publié dans Covid-19

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Séquelles de la covid-19 : l’arbre ne doit pas cacher la forêt

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Il est certes rassurant de voir que les traitements de l’infection par le SARS-CoV-2 ont gagné en efficacité, ainsi que la prévention primaire par la vaccination et les gestes barrières, depuis les débuts de la première vague, que le taux de mortalité est en baisse. Pourtant la lutte contre le risque d’infection reste toujours aussi impérative comme le montre la longue liste de séquelles qui affectent les patients déclarés guéris.[1],[2],[3],[4],[5],[6]

Un certain nombre de publications ont mesuré l’état de santé des rescapés de la covid, douze semaines après un test négatif. On constate que 47% des personnes de 50 ans et plus n’ont pas retrouvé leur état de santé antérieur alors qu’une personne atteinte par la grippe retrouve tous ses moyens 15 jours après la fin de l’infection.

Les symptômes et signes pulmonaires sont particulièrement handicapants[7] : toux, essoufflement accompagnant le moindre effort[8], anomalies visibles par radiographie, épaississement interstitiel et fibrose.

Des anomalies cardiovasculaires[9], [10]peuvent se manifester par une arythmie, une myocardite. Une augmentation de la maladie thrombo-embolique a été notée.[11]

Des atteintes neurologiques privent le patient de la perception du goût, des odeurs : agueusie et anosmie[12].

La fonction hépatique peut être concernée[13].  La fonction gastrointestinale peut se retrouver perturbée[14] avec une altération du microbiote fécal[15],[16], l’arrivée d’agents pathogènes opportunistes, la présence de diarrhées contaminées par le virus même après le retour à un test négatif. Rappel : tirer la chasse des toilettes sans rabattre le couvercle de la cuvette diffuse un aérosol contaminant qui vient s’ajouter aux nombreux risques de contamination au domicile.

Une dégradation de la qualité du sperme est suspectée.[17]

De nombreuses séquelles peuvent dérouter le médecin traitant : vertiges, maux de tête, fatigue constante interdisant le moindre effort[18], troubles cognitifs[19], tristesse, dépression[20], pensées suicidaires[21].

Cette énumération ne vise pas à déclencher une panique générale mais simplement à justifier les mesures de protection impératives imposées ou fortement recommandées à la population. Conserver un certain état de santé physique et mentale est à ce prix.


[1] Huang L, Cao B. Post-acute conditions of patients with COVID-19 not requiring hospital admission. Lancet Inf Dis May 10, 2021

[2] Al-Aly Z, Xie Y, Bowe BHigh-dimensional characterization of post-acute sequalae of COVID-19. Nature April 22, 2021.

[3] Havervall S, Rosell A, Phillipson M, et alSymptoms and Functional Impairment Assessed 8 Months After Mild COVID-19 Among Health Care Workers. JAMA April 7, 2021,

[4] Nalbandian A, Sehgal K, Gupta A, et al. Post-acute COVID-19 syndrome. Nat Med 2021, published 22 March

[5] The Writing Committee for the COMEBAC Study GroupFour-Month Clinical Status of a Cohort of Patients After Hospitalization for COVID-19. JAMA. March 17, 2021.

[6] Sudre CH, Murray B, Varsavsky T, et al. Attributes and predictors of long COVID. Nat Med March 10, 2021

[7] Wu X, Liu X, Zhou Y, et al. 3-month, 6-month, 9-month, and 12-month respiratory outcomes in patients following COVID-19-related hospitalisation: a prospective study. Lancet Resp Med May 05, 2021

[8] Lund LC, Hallas J, Nielsen H, et al. Post-acute effects of SARS-CoV-2 infection in individuals not requiring hospital admission: a Danish population-based cohort study. Lancet Inf Dis May 10, 2021

[9] Moulson N, Petek BJ, Drezner JA, et al. SARS-CoV-2 Cardiac Involvement in Young Competitive Athletes. Circulation 17 Apr 2021.

[10] Ayoubkhani D, Khunti K, Nafilyan V, et al. Post-covid syndrome in individuals admitted to hospital with covid-19: retrospective cohort study. BMJ 2021;372: n693. 31 March 2021.

[11] Lund LC, Hallas J, Nielsen H, et al. Post-acute effects of SARS-CoV-2 infection in individuals not requiring hospital admission: a Danish population-based cohort study. Lancet Inf Dis May 10, 2021

[12] Klein H, Asseo K, Karni N, et al. Onset, duration and unresolved symptoms, including smell and taste changes, in mild COVID-19 infections. A cohort study in Israeli patients. Clin Microbiol Infect. 2021 Feb 16:S1198-743X(21)00083-5. 

[13] Nayagam JS, Jeyaraj R, Mitchell T, et al. Persistent cholestasis in survivors of SARS-CoV-2. J Infection April 03, 2021.

[14] Weng J, Li Y, Li J, et al. Gastrointestinal sequelae 90 days after discharge for COVID-19. Lancet Gastroenterology Hepatology March 9, 2021.

[15] Zuo, Tao, et al. "Alterations in Gut Microbiota of Patients With COVID-19 During Time of Hospitalization." Gastroenterology, vol. 159, no. 3, 2020, pp. 944-955.e8.

[16] Cheung, Ka Shing, et al. "Gastrointestinal Manifestations of SARS-CoV-2 Infection and Virus Load in Fecal Samples From a Hong Kong Cohort: Systematic Review and Meta-analysis." Gastroenterology, vol. 159, no. 1, 2020, pp. 81-95.

[17] Weng J, Li Y, Li J, et al. Gastrointestinal sequelae 90 days after discharge for COVID-19. Lancet Gastroenterology Hepatology March 9, 2021.

[18] Arnold DT, Milne A, Samms E, et al. Are vaccines safe in patients with Long COVID? A prospective observational study. bioRxiv 2021, posted 14 March.

[19] Hosp JA, Dressing A, Blazhenets G, et al. Cognitive impairment and altered cerebral glucose metabolism in the subacute stage of COVID-19. Brain April 3, 2021, awab009,

[20] Perlis RH, Ognyanova K, Santillana M, et al. Association of Acute Symptoms of COVID-19 and Symptoms of Depression in Adults. JAMA Netw Open. 2021; 4(3):e213223.

[21] Taquet M, Geddes JR, Husain M, et al. 6-month neurological and psychiatric outcomes in 236379 survivors of COVID-19: a retrospective cohort study using electronic health records. Lancet Psychiatry April 06, 2021.

Autres sources :

del Rio C, Collins LF, Malani P. Long-term Health Consequences of COVID-19. JAMA. 2020;324(17):1723–1724. doi:10.1001/jama.2020.19719

Rubin R. As Their Numbers Grow, COVID-19 “Long Haulers” Stump Experts. JAMA. 2020;324(14):1381–1383. doi:10.1001/jama.2020.17709

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