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covid-19

L’immunité de groupe, un objectif encore lointain

Publié le par Louis Lacaze

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Légende : 

  • Herd immunity threshold : seuil d'immunité de groupe
  • Measles : rougeole
  • Smallpox : variole
L’immunité de groupe, un objectif encore lointain

On parle d’immunité de groupe lorsqu’un individu infecté n’est plus en mesure de transmettre son infection à une part suffisamment importante de la population qui se trouve immunisée soit à la suite d’une infection précédente, soit par un vaccin. La disparition de la variole à l’échelle mondiale est le parfait exemple d’une immunité acquise par la vaccination.

Le seuil d’immunité se calcule à partir du nombre de personnes susceptibles d’être contaminées par une seule dans une population non immunisée ; ce risque est désigné par R0. Par exemple, la rougeole, maladie très contagieuse, possède un risque R0 élevé (12 – 19). Le R0 du SARS-CoV-2 se trouve dans la tranche de 2 à 3, ce qui implique que de 50 à 67% de la population doit être immunisée pour que la propagation du virus s’arrête.

Le problème de la durée de l’immunité est crucial. Si elle est longue pour la varicelle, la rubéole, la rougeole, elle est courte pour les coronavirus saisonniers, ce qui laisse la porte ouverte à une nouvelle flambée de contaminations si l’ensemble de la population ne bénéficie pas d’une protection continue.

Certains pays – dont la Suède – ont recherché l’immunité de groupe en ne protégeant que les personnes à risque. La contamination ayant touché l’ensemble de la population, le pays a adopté un confinement strict, l’immunité n’a été acquise que pour 8% de la population en avril 2020. 

La solution se trouve dans la recherche de vaccins efficaces et dans l’établissement de programmes de leur distribution touchant l’ensemble des populations. Dans l’attente, l’utilisation des moyens de protection classique, masques, confinement, lavage et désinfection des mains reste impératif.

Commentaires de Bernard Pradines. Nous vivons dans l’idée persistante de la recherche de médicaments efficaces ; or, cet objectif n’est pas adapté à des pathologies qui peuvent être partiellement ou totalement inaccessible aux thérapies médicamenteuses. C’est l’exemple, dans un autre domaine de la maladie d’Alzheimer qui ne connait pas encore de thérapeutique médicamenteuse étiologique.

Ce sont donc des mesures non médicamenteuses qui seront le principal recours de la lutte contre certaines maladies. Certes des modalités d’oxygénothérapie et la dexaméthasone ont permis une amélioration notable du pronostic vital et fonctionnel de la Covid-19 entre février et novembre 2020. Toutefois, ce sont encore des précautions non médicamenteuses qui sont les éléments premiers de la prévention. La distanciation physique et l’aération des locaux peuvent compléter les recommandations contenues dans la publication évoquée ci-dessus.

Si nous nous trouvons dans un schéma épidémiologique comparable à celui de la grippe, il conviendra d’adapter la vaccination à l’émergence temporelle et qualitative du coronavirus. Ceci signifie l’établissement du délai entre chaque revaccination et l’adaptation du vaccin au type de virus à neutraliser. Ici interviendra la nouvelle technologie apte à analyser les composantes virales changeantes et les types évolutifs d’immunité à lui opposer. Le combat est rude mais nous ne sommes pas désarmés.

Source

Herd immunity, also known as indirect protection, community immunity, or community protection, refers to the protection of susceptible individuals against an infection when a sufficiently large proportion of immune individuals exist in a population. In other words, herd immunity is the inability of infected individuals to propagate an epidemic outbreak due to lack of contact with sufficient numbers of susceptible individuals. It stems from the individual immunity that may be gained

Publié dans Covid-19, prévention

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Qu’entend-t-on par présence thérapeutique ?

Publié le par Louis Lacaze

Qu’entend-t-on par présence thérapeutique ?

Deux professeurs de gériatrie et de soins palliatifs rattachent à leur domaine un concept familier aux psychiatres, celui de la présence thérapeutique. Ce concept prend toute son importance en période de covid-19 où les gériatres tout comme les spécialistes en soins palliatifs peuvent avoir «l’impression d’être comme des chefs cuisiniers officiant dans une cuisine inconnue ».

Les professionnels maîtrisent les techniques de communication et d’observation mais un troisième élément est de première importance : la présence thérapeutique qui montrera que le soignant s’implique totalement dans les problèmes du patient.

Cette présence se décompose en trois éléments.

 

Le premier consiste à accorder une totale attention au patient, à être attentif, réceptif, à ne porter aucun jugement. A rester à l’écoute, en respectant les moments de silence. Le patient remarque très vite si cette attention est authentique ou manque de sincérité.

 

Traduire en mots le ressenti du patient représente le deuxième élément. Il s’agit de digérer l’information reçue du patient et de lui restituer ce qui pour lui a le plus d’importance. On ne lui dit pas « vous avez peur » mais « je comprends que se demander si les médecins pourront vous soulager peut vous terroriser ». Le patient peut répondre « ce n’est pas ça ». Il s’agit alors de reprendre la phase d’écoute attentive puis de faire une nouvelle tentative d’appropriation. Lors de ses visites, le Dr Brenner prend toujours une petite chaise pliante qui lui permet d’entrer dans l’espace du patient et de lui montrer qu’il a toute son attention.

 

Créer un espace commun prégnant sera le troisième élément, illustré par un exemple. Votre jeune enfant se fait une joie d’aller au cinéma, un contre-temps vous contraint d’annuler la sortie, il exprime bruyamment sa déception.

Vous pouvez réagir de différentes façons : A : ce n’est pas grave, fais autre chose. B : papa et maman sont déçus eux aussi, cesse de pleurnicher. C : je comprends très bien que tu sois déçu. La réponse C est la seule qui pourra créer un espace commun prégnant.

Toute personne qui traverse un moment de stress, de grande inquiétude ou se sent vulnérable éprouve le besoin de créer un lien, cette relation émotionnelle de l’enfant se retrouve chez l’adulte. Les soins palliatifs prennent en compte cette exigence pour amener les patients à conserver une certaine qualité de vie tout en leur faisant accepter la possibilité de voir leur état s’aggraver et de mourir. L’objectif est difficile à atteindre et exige la maitrise d’un arsenal de capacités dans le domaine de la psychologie.

 

Commentaires de Bernard Pradines 

Même si la sémantique de cet article n’est pas exactement celle qui est utilisée en France, nous retrouvons :

  • l’écoute bienveillante

  • la reformulation et

  • la validation des propos et des sentiments

Cette attitude peut aussi inspirer la relation des bénévoles et de tout intervenant auprès des personnes vulnérables. 

Source :

Keri Brenner, Dani Chammas professeurs de soins palliatifs et de gériatrie, podcast animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD Therapeutic Presence in the Time of COVID: Podcast with Keri Brenner and Dani Chammas

 

 

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